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Fabio Vighi sur une pente glissante

Une recension critique de Unworkable. Delusions of an imploding civilization, New York, 2022.

Frank Grohmann

*

« C´est le délire même de la belle âme misanthrope, rejetant sur le monde le désordre qui fait son être. » Jacques Lacan, 1948


I.

Pour toute théorie qui prétend être critique, le premier impératif est de renoncer à vouloir se fonder sur une « hypothèse qui commande le tout » (Freud) avec laquelle tous les problèmes sont résolus « de façon homogène », et avec laquelle tout ce qui nous intéresse « trouve sa place déterminée » de telle sorte qu’« aucune question ne reste ouverte ».

Pour ce qui est de la théorie psychanalytique, Sigmund Freud l’aborde comme une critique en soulignant ses « caractères négatifs » relativement à la question du savoir. Il propose de se limiter « à ce qui peut être connu actuellement », au « refus tranché de certains éléments qui lui sont étrangers », à l’affirmation « qu’il n’y a pas d’autre source de connaissance du monde que l’élaboration intellectuelle d’observations soigneusement vérifiées, ce qu’on appelle donc la recherche, sans par ailleurs aucune autre connaissance par révélation, intuition ou divination » [1].

Jacques Lacan reprend ce point de vue en dépassant Freud. Il ne s’arrête justement pas au mouvement de balancier du fondateur de la psychanalyse, mais (au contraire de Freud) soumet également à l’analyse l’attachement à la « Weltanschauung scientifique » défendu par Freud [2]. Lacan déplace aussi (avec Freud cette fois) le centre de gravité vers la question du rapport au savoir en ce qui concerne le soi-disant sujet de la connaissance : « Avec Freud fait irruption une nouvelle perspective qui » ne part pas seulement de l’hypothèse de l’inconscient, mais qui, inséparable de celle-ci, « révolutionne l’étude de la subjectivité et qui montre précisément que le sujet ne se confond pas avec l’individu ». En d’autres termes, « le sujet est décentré par rapport à l’individu » [3], c’est-à-dire aussi par rapport à l’individu en recherche.

Partant de Freud, la psychanalyse, dans sa prétention à être une théorie critique, ne peut donc pas faire autrement que de compter toujours avec les deux facteurs en même temps : aussi bien avec le sujet de l’inconscient qu’avec cette « organisation passionnelle » [4] appelé moi, et dont Lacan déduit, à la suite de Freud, une « structure paranoïaque » [5], et à partir de là un « principe paranoïaque de la connaissance humaine » [6] en général.

Non seulement Lacan ajoute ainsi une dimension supplémentaire à la psychopathologie de la vie quotidienne freudienne, mais plus encore, il met précisément en évidence le continuum des formations de l’inconscient, une voie sur laquelle règne la loi des séries complémentaires [7], et qui nous suggère ainsi l’idée inconfortable d’une racine commune à la formation de théorie et la formation du délire.

II.

Nous aimerions maintenant évaluer les propos de Fabio Vighi à la lumière de cette même question du savoir. Fabio Vighi est professeur de théorie critique à l’université de Cardiff, auteur de nombreux livres qui se réfèrent principalement à Hegel, Marx, Lacan et Žižek, et plus récemment à la théorie de la crise de la critique de la valeur. Au cours de la pandémie de coronavirus, les thèses de Vighi ont reçu un bon accueil auprès d’une partie de la gauche germanophone qui s’est positionnée contre les mesures sanitaires [8].

Dans son dernier livre, Fabio Vighi considère « l’overdose financière et l’addiction au crédit du capitalisme débridé » comme « l’expression de l’essence de la dialectique capitaliste », soulignant « que la financiarisation de notre économie est certes issue de la même ontologie de la valorisation de la valeur qui la caractérise depuis le début, mais qu’elle est aussi le symptôme de son épuisement et de son impuissance fondamentale » [9]. Il se réfère explicitement dans ce contexte à un travail de Robert Kurz datant de 1999, que Vighi cite ici comme suit : « Le crédit (c’est-à-dire la masse d’épargne de la société collectée dans le système bancaire et prêtée contre intérêts à des fins de production ou de consommation) est certes un phénomène capitaliste tout à fait normal, mais qui a gagné en importance à mesure que le mouvement d’expansion du capitalisme s’accélérait : il s’agit d’une mainmise sur les revenus monétaires futurs (donc aussi sur les dépenses futures de force de travail et sur la formation future de substance de valeur) afin de maintenir la machine actuelle en activité. C’est en cela que s’esquisse dès le début du 20e siècle la limite interne du processus de valorisation que nous approchons aujourd’hui, tout comme la ˝désubstantialisation˝ de l’argent par le découplage de la substance réelle de la valeur de l’or depuis la Première Guerre mondiale » [10].

Vighi se range encore à la suite de Kurz lorsqu’il écrit : « Kurz affirmait qu’une diminution du taux de profit, telle qu’elle a été prédite par Marx dans le troisième volume du Capital, ne pouvait coexister avec une augmentation de la masse des profits que si ˝les revenus monétaires correspondants suivaient réellement dans l’avenir sur la base de la substance réelle de la valeur (y compris le service des intérêts)˝. Or, cela a été rendu de plus en plus ˝impossible par la troisième révolution industrielle˝, et, aujourd’hui, par la quatrième. La conséquence est que l’écart entre la création de capital fictif et sa base sous forme de force de travail s’élargit lorsque la voie du capitalisme de crédit et du ˝casino˝ annexé devient inévitable — avec des conséquences catastrophiques ». « La crise de 2008 », conclut Vighi, « a confirmé la prédiction de Kurz (et d’autres avant lui) selon laquelle ˝la poursuite simulée de l’expansion capitaliste commence à atteindre son extrême limite.˝ [11] »

Partant de là, conclut Vighi, « ce qui est en jeu aujourd’hui n’est donc pas seulement une tendance qui permet encore au capital de recourir à diverses contre-stratégies. Au contraire, le degré actuel d’automatisation du travail et la réduction drastique des investissements dans le travail vivant qui l’accompagne dans tous les secteurs de l’économie entraînent une diminution fatale de la masse absolue des profits, comme Marx l’avait laissé entendre dans le ˝Fragment sur les machines˝, souvent cité, des Grundrisse. Marx y donne une définition précise du capital comme ˝contradiction en procès˝ : ˝Le capital est lui-même la contradiction en procès, en ce qu’il s’efforce de réduire le temps de travail à un minimum, tandis que d’un autre coté il pose le temps de travail comme seule mesure et source de richesse.˝ Cette contradiction concerne maintenant la rentabilité du capital en tant que totalité sociale. Robert Kurz », reconnaît encore une fois Vighi, « l’avait déjà clairement exprimé en 1999 » [12].

Pour preuve, Vighi cite une dernière fois le texte de Kurz de 1999 : « Ce qui se passe dans les crises, ce n’est justement pas une chute en quelque sorte amplifiée du taux de profit relatif, mais la chute de la masse absolue de profit, c’est-à-dire que le mouvement d’expansion compensatoire s’arrête et avec lui la production en général à une vaste échelle sociale. […] La masse absolue de profit [tombe] dans le vide […] et la majorité de la population [est] ˝exclue˝ […] parce que la production sous-jacente de ˝substance de valeur˝ n’est plus possible à une échelle socialement significative en raison du degré de scientifisation atteint (et donc de la substitution de la force de travail par des agrégats techniques). Le déclin de la substance de la valeur passe alors définitivement et irréversiblement d’un statut relatif (chute du taux de profit) à un statut absolu (chute de la masse de profit) ; visible à l’arrêt massif de la production et à un chômage de masse durable » [13].

III.

En ce qui concerne la dérivation historique de la théorie de la crise à laquelle Fabio Vighi se rallie ici, ce qui frappe tout d’abord est son apparente concordance avec la position de Robert Kurz. Reconstituons les étapes de la conférence que Vighi a donnée il y a quelques semaines à Zurich :

(1) « Le scénario de fin de partie dans lequel nous nous trouvons est le résultat de l’augmentation extraordinaire de la dépendance au crédit au cours du 20e siècle, d’où il s’ensuit que la monnaie n’a pas pu conserver sa forme antérieure, c’est-à-dire sa convertibilité en un actif stable. La Première Guerre mondiale avait déjà montré qu’il n’était plus possible de financer une guerre avec une monnaie couverte par l’or. L’endettement qui a accompagné la Seconde Guerre mondiale et le boom fordiste qui a suivi ont finalement conduit à la décision d’abandonner l’étalon-or en 1971. C’est à ce moment-là que la monnaie a perdu sa substance, avec des conséquences radicales que la théorie économique bourgeoise (ou l’économie néoclassique) n’a jamais pu comprendre entièrement ».

(2) « Après 1971, la monnaie en tant que ˝réserve de valeur˝ est devenue une simple convention sans fondement objectif dans le lien social. La conséquence logique et inévitable de cette perte de substance de la valeur — qui a conduit, dans le néolibéralisme, à l’idéologie de la ˝croissance sans chômage˝ — est la dévalorisation structurelle : soit l’inflation, soit une violente vague de déflation, déclenchée par un krach du marché ».

(3) « A partir de la troisième révolution industrielle dans les années 1970, l’utilisation productive des technologies de réduction des coûts a rendu le travail salarié productif de plus en plus superflu, empêchant ainsi la création d’une nouvelle plus-value et déclenchant une spirale implosive. Depuis lors, l’économie financière, qui n’était à l’origine qu’un appendice de la société du travail, est devenue son fondement et sa raison d’être. La financiarisation de l’économie a été la réponse historique à la chute du fordisme ».

(4) « Le véritable changement de paradigme du capitalisme s’est produit […] avec l’apparition d’un nouveau type de capital financier, qualitativement différent de ses prédécesseurs. Depuis les années 80, l’abstraction financière (c’est-à-dire la spéculation sur les prix des actifs) n’est plus un appendice d’une ˝abstraction économique réelle˝ florissante et en expansion – du discours socio-historique fondé sur la correspondance entre un certain montant de temps de travail et un certain montant de compensation monétaire (salaire) ».

(5) « Lorsque le cycle d’accumulation fordiste s’est enrayé, il n’a pas été possible de mobiliser une nouvelle absorption massive de travail, raison pour laquelle le capital fictif a aujourd’hui acquis un statut ontologique : il compense la perte constante de la création de plus-value. Le rêve d’une croissance permanente par la consommation de masse se transforme en cauchemar, car la plupart des consommateurs actuels ne sont plus capables de suivre. La phase capitaliste dystopique dans laquelle nous sommes entrés se caractérise par une productivité sans travail productif, ce qui signifie que la société du travail dans son ensemble est en train de mourir ».

(6) « Depuis 2001, nous avons assisté à un énorme transfert de liquidités vers les marchés obligataires et immobiliers, qui a créé des bulles sans précédent non seulement aux États-Unis et au Royaume-Uni, mais aussi en Chine et en Europe. Cela a créé un mélange qualitativement nouveau de croissance spéculative et d’économie qui se base sur la production et la consommation réelles de biens ».

(7) « Aujourd’hui, notre vie reste l’otage de la grande illusion selon laquelle le capital financier, tout en rendant obsolète sa formule initiale, est capable de se transformer en un mouvement perpétuel. Mais comme le travail improductif à l’échelle mondiale a dépassé un seuil critique, une dévaluation monétaire est inévitable – un choc économique qui se transformera inévitablement en un choc violent pour la conscience sociale générale ».

(8) « Il ne s’agit pas d’une altération pathologique du modèle capitaliste originel, mais de la conséquence logique de sa crise structurelle : la baisse globale de la masse de la plus-value est supérieure à l’augmentation de la plus-value relative des différents capitaux qui sont mis en concurrence les uns avec les autres par la baisse du coût de la force de travail » [14].

IV.

Même si les prétendues concordances peuvent ici sauter aux yeux, il devient rapidement évident qu’il ne suffit pas de les citer pour faire un théoricien de la critique de la valeur, et que la théorie de la crise ne fait pas à elle seule la critique de la valeur.

En effet, si Vighi, s’inspirant des travaux de Robert Kurz, vient de parler de la « conséquence logique » interne « de la crise structurelle du modèle capitaliste », le passage suivant commence par ces mots : « Pour obtenir une perspective critique sur l’implosion du capitalisme sénile, une condition fondamentale est de résister à l’assaut de tromperie et de diversion qui émane sans cesse de la sphère de l’information. Les médias dominants ne nous informeront jamais sur les causes d’une économie structurellement insolvable, pour la simple raison qu’ils sont une branche de ce système en faillite. Au contraire, ils tenteront de nous convaincre de regarder ailleurs : pandémies, guerres, préjugés culturels, scandales politiques, catastrophes naturelles et ainsi de suite. Alors que les médias réactifs ne peuvent plus cacher le déclin, ils ont appris à le mettre sur le compte d’événements exogènes. En réalité, notre détresse économique est la deuxième conséquence de la crise de 2008, elle fait partie d’un effondrement systémique si aigu que sa cause est désormais systématiquement imputée à des urgences mondiales manipulées idéologiquement ou opportunément fabriquées » [15].

C’est ici que la référence de Vighi à la théorie de la crise de la critique de la valeur se révèle creuse de l’intérieur, parce qu’il pense le « déclin » et les « causes de l’effondrement » en les séparant des « événements exogènes » de manière tout à fait opposée à la critique de la valeur ; sa propre position critique tronquée du capitalisme se donne pour ce qu’elle est : pour lui, les « urgences globales » sont « manipulées idéologiquement » et « opportunément fabriquées ».

Il y a un an et demi, Vighi parlait déjà à propos des mesures sanitaires de « tromperie et de diversion » « systématiques », en quoi sa critique du capitalisme ne pouvait se passer de le la référence aux « élites », à savoir la « clique » de « grands prédateurs » « assise dans la salle de contrôle » et « régnant sans scrupules », ces « organisateurs d’un coup global » qui, en raison de leur « motif économique », « brandissant la ˝baguette magique˝ Covid-19 », ont imposé leur « agenda pandémique » dans le cadre d’un  « scénario néo-féodal » et en vue de la mise en place d’une « société confinée » ; de sorte que le SRAS-CoV-2 est devenu pour Vighi « le nom d’une arme particulière de guerre psychologique, utilisée au moment de la plus grande détresse. [16]»

À la question de savoir si le marché boursier s’est effondré en mars 2020 parce que des confinements ont dû être imposés ou si des confinements ont dû être imposés parce que les marchés financiers se sont effondrés, Vighi pense pouvoir aisément répondre, uniquement parce que, d’une part, sa question est déjà portée par l´ « hypothèse qui commande le tout » (au sens freudien ci-dessus) d’un agenda des élites et que, d’autre part il n’a aucun concept de l’exigence que la critique catégorielle pose à sa théorie pour tenter une réponse : à savoir que la théorie de la crise implique une série d’articulations avec les catégories de la marchandise, de l’argent, de l´État et des rapports-fétiches qui sont tout sauf transparents à leurs propres acteurs. Le fait de renoncer à une « hypothèse qui commande le tout » et, en contrepartie, d’élaborer cette terminologie catégorielle, l’obligerait à poser les questions différemment.

La proximité avec la critique de la valeur est donc trompeuse. La conception de Fabio Vighi du « pouvoir capitaliste » des élites ne peut pas être plus éloignée de la thèse d’une « domination sans sujet » (R. Kurz) de l’objectivité négative des rapports-fétiches.

À titre de comparaison, on peut dire que Vighi se trouve sur le versant opposé à Hans-Jürgen Krahl, Hans-Georg Backhaus et Helmut Reichelt, qui ont certes atteint dans leurs travaux le niveau catégoriel de la logique de l’essence du rapport fétichiste capitaliste [17], mais chez qui la médiation par la théorie de la crise fait complètement défaut [18]. Plus Vighi (contrairement aux représentants de la Neue-Marx-Lektüre des années 1960) se fixe exclusivement sur la théorie de la crise, moins sa théorie atteint, ne serait-ce qu’en partie, le niveau catégoriel de la logique de l’essence des rapport-fétiches capitalistes, et plus la théorie de la crise ainsi amputée est complètement dans le vent de l’époque. À la fin, Vighi ne fait plus que porter la critique de la valeur comme un étendard.

V.

Reprenons le fil tracé au début et essayons de déterminer à partir de là pourquoi l’analyse de Fabio Vighi sur la « folie d’une civilisation qui implose » [19] glisse justement autour de la question du savoir. Comme nous allons le voir, ce n’est pas par hasard.

Rappelons qu’il est question d’un « assaut d’illusions et de distractions » et que « jamais on ne nous informera sur les causes », mais qu’au contraire « on essaiera de nous persuader de regarder ailleurs ». Ici, chez Vighi, à la question du savoir qui hante le sujet, répond clairement un savoir attribué à l’Autre, — une réponse tout à fait dans le sens de la « construction intellectuelle » soutenue par une hypothèse qui commande le tout, que Sigmund Freud appelle « Weltanschauung » [20].  C’est à peine si Freud peut distinguer une telle construction intellectuelle tout à fait acritique de la « Weltanschauung scientifique » que la psychanalyse doit adopter : « Elle aussi, certes, postule l’homogénéité de l’explication du monde, mais seulement en tant que programme dont l’accomplissement est déplacé dans l’avenir » [21].

Sur ce point précis où l’on peut toucher du doigt que « les catégories de la psychanalyse ne sont pas plus positives et ontologiques que celles de l’économie politique » [22], la théorie de Fabio Vighi ne repousse justement pas vers l’avenir « l’homogénéité de l’explication du monde » contre laquelle Freud n’a pu que mettre en garde, mais force au contraire l´ « hypothèse qui commande le tout » en direction d’un savoir de l’Autre, — raison pour laquelle sa théorie, en passant par la Weltanschauung, glisse carrément vers la théorie du complot.

Alors que Freud souligne explicitement pour la psychanalyse, comme pour toute théorie critique, le conditionnement mutuel de l’« homogénéité de l’explication du monde » différé et des « caractères négatifs » en ce qui concerne la question du savoir, Vighi s’égare exactement à cet endroit et, immédiatement après, ouvre grand la porte au « principe paranoïaque de la connaissance humaine » (Lacan). Une fois que ce seuil est franchi, plus rien ne retient sa thèse de l’agenda des élites et la théorie n’a plus qu’un pas à faire pour glisser vers les délires (dans) la paranoïa. On peut ainsi mesurer à quel point Fabio Vighi s’est éloigné des exigences de la théorie critique. Sans parler de celles de la critique de l’économie politique.

Frank Grohmann, 14 mars 2023

origine : Grundrisse. Psychanalyse et capitalisme

Version allemand (PDF)


[1] S. Freud, « Sur une Weltanschauung », Nouvelles conférences d’introduction à la psychanalyse, Gallimard, Paris, 1984 (1932/33), p. 212.

[2] J. Lacan, » La science et la vérité «, Écrits, Éditions du Seuil, Paris, 1966 (1965). Voir à ce sujet : F. Grohmann, « Le junktim comme symptôme » ; en ligne :

https://grundrissedotblog.wordpress.com/2022/06/08/le-junktim-comme-symptome/

[3] J. Lacan, Le séminaire, livre II, Le moi dans la théorie de Freud et dans la technique de la psychanalyse, 1954-1955, Seuil, Paris, 1978, p. 17. Plus loin, on peut lire dans cette séance du 17 novembre 1954 : »Freud nous dit — le sujet, ce n’est pas son intelligence, ce n’est pas sur le même axe, c’est excentrique. […] C’est ce que veut dire Je est un autre. » Ibid.

[4] J. Lacan, » L’agressivité en psychanalyse «, 1948, Écrits, op. cit.,p. 113.

[5] Ibid., p. 114.

[6] J. Lacan, « La chose freudienne ou Sens du retour à Freud en psychanalyse », 1955, Écrits, op. cit., p. 428.

[7] « Freud utilise principalement la notion de série complémentaire pour rendre compte de l’étiologie de la névrose ; on peut s’y référer dans d’autres domaines où intervient également une multiplicité de facteurs variant en raison inverse l’un de l’autre. » J. Laplanche, J.-B. Pontalis, Vocabulaire de la psychanalyse ; en ligne :

http://psycha.ru/fr/dictionnaires/laplanche_et_pontalis/voc287.html#toc395.

[8] Les groupes Feministischer Lookdown et Linksbündig, entre autres, s’appuient largement sur les travaux de Vighi (voir http://www.feministischerlookdown.orghttp://www.linksbuendig.ch), et même le groupe wertkritik.org flirte avec son approche. Les textes de Vighi concernant l’actualité sont à lire en ligne :

https://thephilosophicalsalon.com/author/fabiovighi/

[9] F. Vighi, Unworkable. Delusions of an imploding civilization, New York, 2022, p. 44. Trad. F.G.

[10] R. Kurz, « Marx 2000 », Weg und Ziel, 2/99.

[11] F. Vighi, Unworkable, op. cit., p. 45. Vighi continue de se référer à R. Kurz, « Marx 2000 », op. cit.

[12] F. Vighi, Unworkable, op. cit., p. 118. Vighi se réfère à K. Marx, Manuscrits de 1857-1858 dits « Grundrisse », Les éditions sociales, Parisp. 662. Auparavant, on y lit déjà : « Le capital est lui-même la contradiction qui tient à ce qu’il cherche constamment à supprimer le temps de travail nécessaire (ce qui signifie en même temps la réduction du travailleur à un minimum, c’est-à-dire à son existence en tant que simple puissance de travail vivante), mais que le temps de surtravail n’existe que d’une façon oppositive, uniquement en opposition au temps de travail nécessaire ; donc que le capital pose le temps de travail nécessaire comme nécessaire pour les conditions de sa reproduction et de sa valorisation. Un développement des forces productives matérielles — qui est en même temps développement de forces de la classe ouvrière — abolit à un certain stade le capital lui-même. » Ibid., p. 503.

[13] R. Kurz, « Marx 2000 », op. cit. Cité par F. Vighi, Unworkable, op. cit., p. 119.

[14] F. Vighi, « Am Leben erhalten. Implodierender Kapitalismus und die Barbarei der Notlage », conférence dans le cadre des débats ouverts organisés par Linksbündig contre les tendances totalitaires de l’Etat-mesure, Zurich, 4 février 2023. https://vimeo.com/804613479

[15] F. Vighi, « Am Leben erhalten », op. cit.

[16] F. Vighi, « A self-fulfilling prophecy: systemic collapse and pandemic simulation », The Philosophical Salon, 16 août 2021. Trad. F.G. En ligne :

https://thephilosophicalsalon.com/a-self-fulfilling-prophecy-systemic-collapse-and-pandemic-simulation/

[17] Voir R. Kurz, Gris est l’arbre de la vie et verte la théorie, Crise & Critique, Albi, p. 141.

[18] Voir R. Kurz, »Krise und Kritik«, Exit!, 10/2012, p. 43.

[19] Tel est le sous-titre de Unworkableop. cit.

[20] S. Freud, « Sur une Weltanschauung », op. cit., p. 211. Ce n’est pas un hasard si, au moment de la prise de pouvoir par les nationaux-socialistes, Freud qualifie la « Weltanschauung » de « notion spécifiquement allemande, dont la traduction dans les langues étrangères soulève sans doute des difficultés ». Ibid.

[21] Ibid., p. 212.

[22] « Exkurs II » dans : Kurz, R. (1992), « Geschlechtsfetischismus. Anmerkungen zur Logik von Weiblichkeit und Männlichkeit », Krisis, 12, 1992.

 

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