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Théorie de l'effondrement du capitalisme

Jeudi 20 septembre 2012 4 20 /09 /Sep /2012 10:47


La Grande dévaluation *** A l’heure où se multiplient les ouvrages sur la crise qui frappe l’ensemble du monde, un livre fait exception par l’ampleur de sa vision, la clarté de ses démonstrations et la pertinence de ses réponses. C’est malheureusement un ouvrage publié en Allemagne, et qui n’est accessible qu’aux germanophones. Espérons qu’un éditeur avisé prendra l’initiative d’en procurer prochainement une traduction française. Intitulé « La grande dévaluation », il est rédigé par Ernst Lohoff et Norbert Trenkle, deux des auteurs du « Manifeste contre le travail » qui, publié en France par Michel Surya en 2002, a fait connaître les thèses du courant dit de la « critique de la valeur ». Michel Surya vient par ailleurs de publier un recueil d’articles de Robert Kurz, l’inspirateur de ce courant, sous le titre « Vies et mort du capitalisme » (éditions Lignes, 2011). La crise n’est […]
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Vendredi 31 août 2012 5 31 /08 /Août /2012 07:46


Sur l’immense décharge du capital fictif Les limites de l’ajournement de la crise par le capital financier et le délire des programmes d’austérité. Par Ernst Lohoff et Norbert Trenkle Voir le Fichier : Sur_limmense_decharge_du_capital_fictif_Lohoff_et_Trenkle.pdf 1. Au cours des trente dernières années, le capitalisme a changé dramatiquement de visage : jamais dans son histoire le secteur financier n’a pris autant d’importance par rapport à l’ensemble de l’économie qu’à l’époque actuelle. Dans les années soixante-dix, les produits financiers dérivés étaient encore quasiment inconnus. Aujourd’hui, d’après les estimations fournies par la Banque des Règlements Internationaux, la somme totale de ce seul outil financier arriverait à six cent mille milliards de dollars, c’est-à-dire environ 15 fois la somme de tous les produits intérieurs bruts. En 2011, le volume quotidien des […]
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Jeudi 3 mai 2012 4 03 /05 /Mai /2012 19:21


Ci-dessous nous reprenons l'information et la mise en ligne par le site britannique Principia Dialectica de ces extraits d'un récent article de Moishe Postone, « Thinking the Global Crisis », paru dans « The South Atlantic Quarterley », 111 (2), 2012. Bonne lecture Palim Psao Here is an extract from a recent collection of essays published by The South Atlantic Quarterly Journal, available here. Moishe Postone also critiques Michael Hardt’s concept of biopolitics in this issue : “ […]Although, in the immediate wake of the crisis and near collapse of 2008, it seemed that neoliberalism had been fundamentally discredited, the period since then has been characterized, surprisingly, by a further entrenchment of the neoliberal conceptual framework and its associated policies. If anything, the neoliberal measures of recent decades have been intensified; the costs of restructuring since 2008 […]
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Mercredi 2 novembre 2011 3 02 /11 /Nov /2011 19:10


Cet article d'Anselm Jappe est paru dans le journal « Le Monde » le 31 octobre 2011, de manière extrêmement tronquée à l'insu de son auteur. Des personnes qui ne connaîtraient pas les réflexions d'Anselm Jappe mais plus certainement certains commentateurs de la critique de la valeur qui n'y ont jamais rien compris [1], pourraient ainsi prendre ce texte pour une critique d'abord de l'argent et de la chrématistique, ce qui démontre encore une fois leur confusion (de très longue date) au sujet de la critique de la valeur qui concerne bien entendu une critique du travail et de la valeur. La version complète de ce texte paraîtra en décembre dans le magazine « Offensive Libertaire et Sociale ». Avec Robert Kurz et autour des groupes allemands Krisis et Exit !, ou de l'américain Moishe Postone, Anselm Jappe est l'un des principaux théoriciens de la mouvance de la critique de la valeur qui […]
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Jeudi 8 septembre 2011 4 08 /09 /Sep /2011 11:49


Le capital face à sa dynamique historique par Robert Kurz Paru dans Neues Deutschland du 24 avril 2009 Le capitalisme semble décidément susciter une foi inébranlable, y compris dans les rangs de la gauche. Aussi violentes que soient les crises qui se succèdent, chacun est convaincu que le phénix renaîtra toujours de ses cendres avant de s’envoler pour une nouvelle phase de croissance. En attendant, nul ne peut nier qu’un effondrement unique dans l’histoire soit actuellement en train de se produire. Une nouvelle dépression économique mondiale aux conséquences imprévisibles a beau nous attendre au tournant, tous se bornent à demander : quand la crise finira-t-elle ? et quel visage le capitalisme prendra-t-il ensuite ? De minuscules espérances qui s’appuient sur une conception du capitalisme comme « éternel retour du même ». Les mécanismes fondamentaux régissant la production de valeur […]
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Lundi 29 août 2011 1 29 /08 /Août /2011 13:59


Ce texte a été rédigé par Norbert Trenkle en mai 2008 avant le crash de l'automne 2008. Membre du groupe allemand Krisis et co-auteur avec Robert Kurz et Ernst Lohoff du « Manifeste contre le travail », Norbert Trenkle participe depuis de nombreuses années au renouvellement d'une théorie critique radicale du capitalisme. Merci à Sinziana pour sa traduction et à l'auteur de nous autoriser à mettre en ligne la version française de ce texte sur ce site. Nous signalons à cette occasion que le prochain séminaire de Krisis aura lieu du 23 au 25 septembre prochain. Voir le Fichier : Seisme_sur_le_marche_mondial_Des_causes_sous_jacentes_de_la_crise_financiere_version_definitive.pdf On pourra lire d'autres textes de Norbert Trenkle sur ce site: - Qu'est-ce que la valeur ? Qu'en est-il de sa crise ? Une introduction à la critique de la valeur (conférence donnée à l'université de Vienne en […]
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Mardi 22 juin 2010 2 22 /06 /Juin /2010 20:37


Norbert Trenkle fait partie du groupe allemand Krisis, il a été un des co-auteurs avec Robert Kurz (groupe Exit depuis 2004) et Ernst Lohoff, du " Manifeste contre le travail " un des textes phares de la mouvance de refondation d'une théorie critique radicale du capitalisme, que l'on appelle en Allemagne la " wertkritik " (critique de la valeur). Ce texte ci-dessous date de juin 2010, c'est la base de son exposé qu'il a fait dans une coopérative suisse liée à Longo Maï. Il n'est pas un texte de fond, davantage un rapide résumé de certains résultats, on se reportera sinon à la bibliographie en bas de page et aux textes suivants. D'autres textes de ce courant sur la crise : - Crédit à mort (Anselm Jappe) - Crash course (Krisis) - La véritable barrière à la production capitaliste est le capital lui-même (Robert Kurz) - Le capital porteur d'intérêts, la bulle de la spéculation et la […]
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Samedi 12 juin 2010 6 12 /06 /Juin /2010 18:21


Ci-dessous un texte sous forme d'un dialogue, de Denis Baba, chroniqueur dans le journal La Décroissance. Ce texte n'est guère précis au niveau théorique et analytique (mais ce n'était pas son but), il possède toutefois certains points communs avec les thèses de Robert Kurz, Anselm Jappe, Krisis et Exit. Les décroissants se sont souvent intéressés aux auteurs de la wertkritik, sans parler d'André Gorz qui a eu un réel intérêt pour ces auteurs à la fin de sa vie (voir), Denis Baba dans un texte antérieur parlait de l'importance du livre " Les Aventures de la marchandise ", tandis que Fabrice Flipo a fait une recension positive du livre de Postone dans la revue " Mouvements ", et Paul Ariès résume un aspect de la critique du marxisme traditionnel par Postone dans son livre La simplicité volontaire contre le mythe de l’abondance (La découverte, 2010, extraits), bien qu'il n'en tire […]
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Samedi 12 juin 2010 6 12 /06 /Juin /2010 18:07


Proche de la théorie de la « crise de la valeur » développée depuis plus de vingt ans par les revues allemandes KRISIS puis EXIT ! [1], tout en la simplifiant pour la rendre plus intelligible, l’article de Denis Baba ci-dessous paru dans le journal La Décroissance propose à la discussion une analyse possible de la crise actuelle. On peut noter toutefois, qu'au sein de la mouvance internationale de discussion que l'on appelle en Allemagne la " wertkritik " (La critique de la valeur), si pour Robert Kurz ou Anselm Jappe il existe bien une limite interne absolue au capitalisme tel que le reprend ici Denis Baba, pour le théoricien canadien Moishe Postone cette limite n'est pas atteinte selon lui. Robert Kurz répond récemment à Postone dans une interview (en allemand) intitulée " Marxshe Theorie, Krise und überwindung des Kapitalismus " (dans la rubrique autorlnnen du site du groupe […]
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Dimanche 21 février 2010 7 21 /02 /Fév /2010 21:05


Le discours officiel à propos de la crise se présente de deux manières complémentaires et apparemment contradictoires. D’une part, de plus en plus on parle de « sortie de crise », de « reprise de la croissance », avec pour preuve que les indices à la Bourse repartent de plus belle, et d’autre part on reconnaît l’absence de création d’emplois, voire une stagnation du chômage. Avec pour conséquences un optimisme mesuré, et l’appel à la patience des salariés (« la création d’emplois aura bien lieu – avec un décalage »). Tout cela est faux, et bien malin qui fera la part de la propagande et celle de la simple ignorance du mécanisme de la crise. D’ailleurs, les dirigeants politiques et les économistes sont à la même enseigne, et les prétendus « experts » tiennent le même discours mensonger ou ignorant. Au point qu’on peut très clairement tenir pour nulle la quasi-totalité de ce qui se […]
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Vendredi 19 février 2010 5 19 /02 /Fév /2010 06:54


Cet extrait est l’introduction (pp. 321-328) que fait Robert Kurz à une série de passages relatifs au Marx ésotérique du chapitre VII du livre « Lire Marx. Les textes les plus importants de Karl Marx pour le XXIe siècle. Choisis et commentés par Robert Kurz », La balustrade, 2002, aujourd’hui épuisé. De nombreuses réflexions, sur la société du travail, la crise inhérente au fondement du capitalisme, la théorie du capitalisme comme barbarie, sur la mondialisation, etc., renvoient à des chapitres précédents que l’on peut également consulter sur le site « Critique radicale de la valeur ». Le capital financier, la bulle de la spéculation et la crise de la monnaie Robert Kurz 2002 On oublie souvent dans la discussion sur la théorie de Marx que la notion de mode de production capitaliste qu’il développe principalement dans le premier livre du « Capital » n’expose d’abord que la logique […]
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Vendredi 19 février 2010 5 19 /02 /Fév /2010 06:19


Le texte suivant est extrait du livre de Robert Kurz, Lire Marx. Les textes les plus importants de Karl Marx pour le XXIe siècle. Choisis et commentés par Robert Kurz, La balustrade, 2002 (p. 253-259), aujourd’hui épuisé. Au-delà des théories marxistes de l'effondrement du capitalisme chez Henryk Grossmann ou Paul Mattick, Robert Kurz (1943-2012) inspirateur de la mouvance de la critique de la valeur, a développé une théorie sur l'effondrement de la modernisation fondée sur l'oeuvre de la maturité de Karl Marx. Le mécanisme et la tendance historique des crises Robert Kurz 2002 Quasiment rien n’est aussi actuel et aussi neuf dans l’oeuvre de Marx que sa théorie de la crise. Rien non plus n’est plus loin de la pensée des universitaires appartenant aux sciences économiques et sociales ou de la pensée des derniers marxistes que de reprendre ou même de préciser la théorie de la crise de […]
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Lundi 8 février 2010 1 08 /02 /Fév /2010 11:44


Ci-dessous, en format PDF, le texte d'Anselm Jappe paru dans le numéro de la revue française Lignes dans son numéro 30, octobre-novembre 2009. Merci à JF pour le texte. « Le site du Guardian pointait vendredi que l‟immeuble de Time Square, au coeur de Manhattan, affichant sur son fronton le montant de la dette publique américaine, n‟a plus assez de place pour loger la quantité astronomique de milliards de dollars, précisément 10 299 020 383, une énormité due notamment au financement du plan Paulson et à la mise sous perfusion des agences Freddie Mac et Fannie Mae. Il a même fallu éliminer le symbole „$‟, qui occupait la dernière case de l‟affichage, pour que le passant puisse boire ce chiffre jusqu‟à la lie 1. » Qui veut s’en souvenir maintenant ? La grande peur d’octobre dernier semble déjà plus loin que la « grande peur » du début de la Révolution française. Il y a un an pourtant, […]
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Mardi 24 novembre 2009 2 24 /11 /Nov /2009 07:49


Le « retour de l’Etat » comme administrateur de la crise. Par Norbert Trenkle. 1. Les partis de gauches attribuent la crise économique mondiale actuelle à des causes politiques. Le néolibéralisme avec sa dérégulation totale du marché et en particulier le déchaînement des marchés des capitaux auraient échoué. Maintenant, ils prétendent que nous nous approchons d'une ère de règlementation et de contrôle par l'Etat et notre tâche serait d'influencer les formes qu'elle prendra. La demande principale est de revenir avant l'influence du capital financier et d’obtenir un renforcement de l'économie réelle, qui devrait à son tour être réformée tant écologiquement que socialement. La réussite de cela, on la traite avant tout comme une simple question de rapports de force et de mobilisation politique. 2. Cependant cette analyse oublie le caractère fondamental de la crise mondiale. Même si elle […]
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Lundi 11 mai 2009 1 11 /05 /Mai /2009 11:04


Pourquoi l’effondrement de la bulle financière n’est pas la faute de « banquiers cupides » et pourquoi il ne peut y avoir de retour à un capitalisme social d'assistance Voir le Fichier : Pourquoi_l_effondrement__2008_Krisis_.pdf Une nouvelle version de la légende du « coup de poignard dans le dos »2 circule : « notre » économie aurait été la victime de l’avidité sans borne d’une poignée de banquiers et de spéculateurs. Gavés d’argent bon marché par la Banque Centrale Américaine et soutenus par des hommes politiques irresponsables, ils auraient mené le monde au bord du gouffre tandis que les «honnêtes gens» seraient les dindons de la farce, comme toujours. Rien n’est objectivement aussi faux et idéologiquement dangereux que ce tableau reproduit à l’envi dans l’opinion publique. C’est tout le contraire. Ce n’est pas l’essor énorme des marchés financiers qui cause la détresse actuelle. […]
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Qu'est-ce que la wertkritik (Critique de la valeur) ?

Avec d'une part le travail magistral de Moishe Postone, et d'autre part les groupes allemands et autrichiens comme Krisis, Exit !, Streifzüge avec des théoriciens comme Robert Kurz, Roswitha Scholz, Norbert Trenkle, Anselm Jappe, Gérard Briche, Ernst Lohoff, et plusieurs autres auteurs, de nouvelles lectures de l'œuvre de la maturité de Marx sont apparues durant les deux dernières décennies. La relecture opérée par Robert Kurz (1943-2012), principal théoricien de la « Critique de valeur » (wertkritik) ou encore appelée théorie critique de la « dissociation-valeur », a cherché avec Marx mais aussi au-delà de Marx, à renouveler les fondements d'une théorie critique radicale de l'économie politique au XXIe siècle.  


A la différence des lectures traditionnelles de Marx avec lesquelles elle rompt, cette nouvelle critique s'est en grande partie faite remarquée pour avoir articulé une approche théorique qui porte une attention particulière au caractère fétichiste de la production de marchandises, à la dimension abstraite de tout travail (le travail abstrait), à la distinction entre valeur et richesse matérielle et à la nature du capital comme « sujet automate » (la formule est de Marx lui-même). Le capitalisme est ici interprété comme une forme historique de fétichisme. Ainsi, à la différence des marxismes traditionnels, les sujets principaux du capitalisme ne sont ni le prolétariat, ni la bourgeoisie, mais plutôt le fétiche-capital lui-même (la valeur qui s'autovalorise) que paradoxalement nous ne cessons de constituer au quotidien au travers de nos rapports sociaux. Un des points centraux de ce nouveau travail théorique a été de développer une critique du capitalisme qui ne s'arrête pas au niveau des antagonismes de classes sociologiques, à la question des rapports de distribution et de propriété privée des moyens de production. La classe capitaliste gère un processus de production de marchandises à son propre profit, mais n'en est pas l'auteur ni le maître. Travailleurs et capitalistes ne sont que les fonctionnaires d'un processus fétichiste qui à la fois les dépasse et ne cesse d'être constitué par eux. La lutte des classes si elle existe bel et bien, en affirmant positivement le travail et le point de vue de la classe prolétaire, n'est en réalité qu'une lutte d'intérêts toujours constitués à l'intérieur des formes de vie et de socialisation capitalistes.


Ainsi à l'inverse de l'anticapitalisme tronqué, la critique de la valeur ose enfin critiquer le système dans sa totalité, et d'abord critiquer pour la première fois son principe de synthèse sociale, le travail en tant que tel, dans ses deux dimensions concrète et abstraite, comme activité socialement médiatisante et historiquement spécifique au seul capitalisme, et non comme simple activité instrumentale, naturelle et transhistorique, comme si le travail était l'essence générique de l'homme qui serait captée extérieurement par le capital. Comme si encore le travail n'était que l'activité transhistorique du métabolisme entre l'homme et la nature. L'économie est une réalité sociale qui émerge et existe comme telle que dans les sociétés capitalistes à partir des XIVe et XVe siècles. C'est le double caractère du travail et non le marché, le rapport social de domination d'une classe sur une autre et la propriété privée des moyens de production, qui constitue le noyau du capitalisme. Dans la société capitaliste seulement, le travail abstrait se représente dans la valeur, la valeur est l'objectivation d'un lien social aliéné, elle est donc historiquement spécifique qu'à la seule formation sociale capitaliste. Dans cette compréhension encore, la valeur n'est pas limitée à la seule « sphère économique », mais impose sa structure à toute la société, elle est une forme sociale de vie et de socialisation, un « fait social total ». La valeur d'échange d'une marchandise n'est que l'expression, la forme visible, de la valeur « invisible ».


Un mouvement d'émancipation du fétichisme de la valeur, ne peut plus critiquer ce monde à partir du point de vue du travail. Il ne s'agit donc plus de libérer le travail du capital, mais de se libérer du travail en tant que tel, non pas en faisant travailler les machines à la place car le mode industriel de production est intrinsèquement capitaliste (la technologie n'est pas neutre), mais en abolissant une activité posée au centre de la vie comme socialement médiatisante. Cependant la critique radicale n'a pas à fournir en pièce jointe, un mode d'emploi pour une organisation alternative de l’emploi de la vie. Elle développe une explication possible du monde présent, des souffrances réelles de nos propres vies et des exigences sociales qui leurs sont imposées, mais elle ne constitue pas un mode d'emploi expliquant comment construire correctement une « société idéale ». La critique de la dissociation-valeur dénaturalise toute forme d'économie, et c'est là déjà une forme de pratique radicale. Le seul critère proposé par la wertkritik, c'est qu'aucun medium fétichiste (comme aujourd'hui le travail) ne s'interpose désormais entre les individus sociaux et entre les individus sociaux et le monde. Et comme cela n'a jamais existé, un monde au-delà des divers fétichismes sociaux reste à inventer. Mais il n’y a pas de compromis possible avec l’économie, c’est-à-dire avec le travail comme forme capitaliste du métabolisme avec la nature, et comme médiation sociale entre les humains. Redistribuer les richesses capitalistes comme le préconisent les économistes de gauche à la sauce néo-keynésienne, ce n'est pas s'opposer à la forme de vie sociale capitaliste. De plus, on ne peut privilégier à côté de l'économique, d'autres dimensions (le don, l'entraide, le care, etc.) qui pourraient exister parallèlement, car la valeur est une forme sociale totale fétichiste qui envahit tout : il faut sortir carrément de l’économie en inventant d’autres formes de médiation sociale entre nous, que celles du travail, de la marchandise, de l’argent, du capital qui branche nos « capacités de travail » sur ses agencements sociaux et ses machines.


D'autres points forts de ce nouveau travail théorique a été de fournir une structure qui permette de comprendre le processus de crise économique qui a commencé dans les années 1970 et dont les considérables effets actuels sont souvent compris comme une simple « crise financière », ou encore un autre apport a été l'élaboration d'une théorie socio-historique de la connaissance et de la subjectivité qui rompt avec l'épistémologisme contemporain, tout en permettant de comprendre autrement l'antisémitisme, le racisme, la politique, l'Etat, le droit, la domination patriarcale, etc. Pour faire plus ample connaissance avec ce nouveau travail théorique rompant avec le marxisme, on pourra aller voir dans la partie " présentation de la wertkritik 

 

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