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Sur Michel Henry

Samedi 26 décembre 2009 6 26 /12 /Déc /2009 12:44


La déglaciation de l'orthodoxie marxiste autour de l'oeuvre de Karl Marx n'avait laissé place qu'à un éphémère intérêt pour Marx dans les années 1970, jusqu'à voir cet intérêt s'effondrer dans les années 1980 et 1990 au fur et à mesure d'un apparent triomphe de la « Fin de l'histoire » et de la pensée libérale. Maintenant pourtant largement débarassé de la chappe de plomb de la vulgate marxiste officielle des pays de l'Est, le marxisme traditionnel n'a cependant pas disparu. S'il n'est plus porté ou unifié aujourd'hui par de grandes autorités intellectuelles (malgré le ravalement de façade du marxisme traditionnel chez Negri, Hardt, Badiou, etc., cf. Kurz et Jappe, Les Habits neufs de l'Empire. Considérations sur Hardt, Negri, Ruffin, Léo Scher, 2003), dans son effrondrement il s'est fragmenté chez les militants altermondialistes, de gauche et d'extrême-gauche, en une sorte de […]
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Mardi 3 novembre 2009 2 03 /11 /Nov /2009 13:05


Michel Henry (1922-2002), philosophe engagé dans la Résistance mais qui dans son exil volontaire à l'Université de Montpellier a toujours voulu ainsi échapper à toutes les modes intellectuelles parisiennes et ridicules qui se sont succédées des années 50 aux années 80 (marxisme et freudisme, existentialisme, linguistic turn, structuralisme, déconstructionnisme, etc.), il est reconnu désormais comme un philosophe majeur du XXe siècle, notamment pour avoir critiqué la phénoménologie et l'ensemble de la philosophie occidentale depuis les Grecs, en travaillant toute une vie à l'élaboration d'une phénoménologie post-husserlienne et post-heideggerienne : la " phénoménologie matérielle ". Dans ce retournement de la philosophie, il a cotoyé de très près les pensées d'auteurs aussi fondamentaux que Descartes, Spinoza, Maine de Biran, Kiergegaard, Nietzsche, Husserl, ou Heidegger, mais aussi […]
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Mardi 10 juillet 2007 2 10 /07 /Juil /2007 12:59


Bibliographie sur le Marx de Michel Henry. - M. Henry, Marx, " Une philosophie de la réalité ", tome 1, Gallimard, Tel, 1976, réédition 1991. - M. H., Marx, " Une philosophie de l'économie ", tome 2, Gallimard, Tel, 1976, rééd. 1991. - M. H., Du communisme au capitalisme : théorie d'une catastrophe, Odile Jacob, 1991. - M. H., Philosophie et phénoménologie du corps, Puf, 1965, réédition 2003. La lecture de cet ouvrage est centrale pour comprendre la philosophie de la praxis de Marx. Dans la préface à cet ouvrage en 1987, Henry écrit, " qu'aujourd'hui je n'ai rien à changer à ce texte. C'est sur ses acquis essentiels, que se sont développées mes recherches ultérieures. Le lecteur qui aura la patience de me suivre jusqu'à la conclusion y découvrira notamment le projet d'une réinterprétation de la pensée de Marx à la lumière de cette philosophie du corps, que l'auteur des Grundrisse […]
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Mercredi 30 mai 2007 3 30 /05 /Mai /2007 19:32


Michel Henry et la technique. Brève présentation. Brève présentation de l’auteur : M. Henry est un philosophe français (1922-2002), travaillant dans le courant de la phénoménologie post-husserlienne et post-heideggerienne. A partir de lectures très originales des œuvres de Maître Ekchart, Descartes, Maine de Biran, Kierkegaard, Marx et Nietzsche (entre autres), Michel Henry a refondé radicalement le projet de la phénoménologie à partir d’une conception de la Vie, conçue comme auto-affection. L'origine de la technique comme savoir-faire. Quelle est l'origine de la tekhnê, qui désigne d'une manière générale un « savoir-faire » ? C’est-à-dire qu'est ce qu'un savoir qui consiste dans le faire, c'est-à-dire un faire qui porte en lui son propre savoir et le constitue ? Voici la question à partir de laquelle part M. H. Pour lui, le " faire " constitue un savoir et s'identifie à lui, en […]
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Mercredi 30 mai 2007 3 30 /05 /Mai /2007 19:05


« Ce que la science ne sait pas », par Michel Henry. Texte paru dans la revue La Recherche, n°208, mars 1989. Michel Henry venait de faire paraître son ouvrage intitulé La Barbarie fin 1987. « Dieu est la Science » disait Yvon Belaval, voulant signifier par là que la seconde s’était substitué au premier : c’est elle qui détient désormais le savoir, tout savoir concevable, et le Pouvoir, tout pouvoir dont l’homme est capable en ce monde, pour autant qu’il ne saurait agir sur celui-ci et le transformer qu’à la condition d’en connaître les lois. A cet égard, les progrès foudroyants (dans tous les sens du mots) de la technique qui prolonge le développement scientifique et s’appuie constamment sur lui, sont l’illustration spectaculaire d’une mutation théorique et pratique qui entend désormais confier à la connaissance objective de la nature matérielle le destin de l’homme. Si une […]
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Mardi 22 mai 2007 2 22 /05 /Mai /2007 22:13

De la science à la barbarie. La vision de la science et de sa technique chez Michel Henry. Par Jean-Pierre Fabre * « Qu’allait-il advenir quand les hommes ne pourraient plus répéter ni comprendre ce qui porte le sceau de l’humanité ? – C’est très simple, dit Déborah. Cela s’appelle la barbarie. » Michel Henry, L’amour les yeux fermés. C’est en lisant La Barbarie en 1987 que j’ai découvert l’œuvre de Michel Henry. Comme je venais de créer une rubrique de réflexion sur les sciences au sein de la revue La Recherche [1], je lui ai proposé de s’adresser à notre lectorat composé en grande partie de scientifiques de haut niveau pour exposer sa vision de la science. L’accueil très favorable qui lui fut alors réservé s’explique sans doute en partie par une série d’événements dramatiques (Tchernobyl, l’affaire du sang contaminé notamment) survenus dans les années précédentes et qui ont […]
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Mardi 22 mai 2007 2 22 /05 /Mai /2007 21:39

Penser philosophiquement l’argent. Par Michel Henry. Pourquoi faut-il penser philosophiquement l’argent ? L’argent n’est-il pas une réalité économique, l’affaire des économistes par conséquent – de cette science qu’ils élaborent et qui, comme toute science de nos jours, a fait d’immenses progrès, au point que seuls des spécialistes peuvent parler de ce qui constitue son domaine propre ? Penser philosophiquement l’argent n’est possible et nécessaire qu’à une condition, à vrai dire : à la condition que l’argent ne soit ni d’abord ni essentiellement une réalité économique, mais qu’il soit engendré à l’intérieur d’une genèse prenant sa source dans une réalité d’un autre ordre, hétérogène à l’économie et antérieure à elle. C’est parce qu’il y a genèse transcendantale (c’est-à-dire créatrice) de l’argent que la compréhension de ce qu’est l’argent renvoie à cette genèse, implique la […]
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Qu'est-ce que la wertkritik (Critique de la valeur) ?

Avec d'une part le travail magistral de Moishe Postone, et d'autre part les groupes allemands et autrichiens comme Krisis, Exit !, Streifzüge avec des théoriciens comme Robert Kurz, Roswitha Scholz, Norbert Trenkle, Anselm Jappe, Gérard Briche, Ernst Lohoff, et plusieurs autres auteurs, de nouvelles lectures de l'œuvre de la maturité de Marx sont apparues durant les deux dernières décennies. La relecture opérée par Robert Kurz (1943-2012), principal théoricien de la « Critique de valeur » (wertkritik) ou encore appelée théorie critique de la « dissociation-valeur », a cherché avec Marx mais aussi au-delà de Marx, à renouveler les fondements d'une théorie critique radicale de l'économie politique au XXIe siècle.  


A la différence des lectures traditionnelles de Marx avec lesquelles elle rompt, cette nouvelle critique s'est en grande partie faite remarquée pour avoir articulé une approche théorique qui porte une attention particulière au caractère fétichiste de la production de marchandises, à la dimension abstraite de tout travail (le travail abstrait), à la distinction entre valeur et richesse matérielle et à la nature du capital comme « sujet automate » (la formule est de Marx lui-même). Le capitalisme est ici interprété comme une forme historique de fétichisme. Ainsi, à la différence des marxismes traditionnels, les sujets principaux du capitalisme ne sont ni le prolétariat, ni la bourgeoisie, mais plutôt le fétiche-capital lui-même (la valeur qui s'autovalorise) que paradoxalement nous ne cessons de constituer au quotidien au travers de nos rapports sociaux. Un des points centraux de ce nouveau travail théorique a été de développer une critique du capitalisme qui ne s'arrête pas au niveau des antagonismes de classes sociologiques, à la question des rapports de distribution et de propriété privée des moyens de production. La classe capitaliste gère un processus de production de marchandises à son propre profit, mais n'en est pas l'auteur ni le maître. Travailleurs et capitalistes ne sont que les fonctionnaires d'un processus fétichiste qui à la fois les dépasse et ne cesse d'être constitué par eux. La lutte des classes si elle existe bel et bien, en affirmant positivement le travail et le point de vue de la classe prolétaire, n'est en réalité qu'une lutte d'intérêts toujours constitués à l'intérieur des formes de vie et de socialisation capitalistes.


Ainsi à l'inverse de l'anticapitalisme tronqué, la critique de la valeur ose enfin critiquer le système dans sa totalité, et d'abord critiquer pour la première fois son principe de synthèse sociale, le travail en tant que tel, dans ses deux dimensions concrète et abstraite, comme activité socialement médiatisante et historiquement spécifique au seul capitalisme, et non comme simple activité instrumentale, naturelle et transhistorique, comme si le travail était l'essence générique de l'homme qui serait captée extérieurement par le capital. Comme si encore le travail n'était que l'activité transhistorique du métabolisme entre l'homme et la nature. L'économie est une réalité sociale qui émerge et existe comme telle que dans les sociétés capitalistes à partir des XIVe et XVe siècles. C'est le double caractère du travail et non le marché, le rapport social de domination d'une classe sur une autre et la propriété privée des moyens de production, qui constitue le noyau du capitalisme. Dans la société capitaliste seulement, le travail abstrait se représente dans la valeur, la valeur est l'objectivation d'un lien social aliéné, elle est donc historiquement spécifique qu'à la seule formation sociale capitaliste. Dans cette compréhension encore, la valeur n'est pas limitée à la seule « sphère économique », mais impose sa structure à toute la société, elle est une forme sociale de vie et de socialisation, un « fait social total ». La valeur d'échange d'une marchandise n'est que l'expression, la forme visible, de la valeur « invisible ».


Un mouvement d'émancipation du fétichisme de la valeur, ne peut plus critiquer ce monde à partir du point de vue du travail. Il ne s'agit donc plus de libérer le travail du capital, mais de se libérer du travail en tant que tel, non pas en faisant travailler les machines à la place car le mode industriel de production est intrinsèquement capitaliste (la technologie n'est pas neutre), mais en abolissant une activité posée au centre de la vie comme socialement médiatisante. Cependant la critique radicale n'a pas à fournir en pièce jointe, un mode d'emploi pour une organisation alternative de l’emploi de la vie. Elle développe une explication possible du monde présent, des souffrances réelles de nos propres vies et des exigences sociales qui leurs sont imposées, mais elle ne constitue pas un mode d'emploi expliquant comment construire correctement une « société idéale ». La critique de la dissociation-valeur dénaturalise toute forme d'économie, et c'est là déjà une forme de pratique radicale. Le seul critère proposé par la wertkritik, c'est qu'aucun medium fétichiste (comme aujourd'hui le travail) ne s'interpose désormais entre les individus sociaux et entre les individus sociaux et le monde. Et comme cela n'a jamais existé, un monde au-delà des divers fétichismes sociaux reste à inventer. Mais il n’y a pas de compromis possible avec l’économie, c’est-à-dire avec le travail comme forme capitaliste du métabolisme avec la nature, et comme médiation sociale entre les humains. Redistribuer les richesses capitalistes comme le préconisent les économistes de gauche à la sauce néo-keynésienne, ce n'est pas s'opposer à la forme de vie sociale capitaliste. De plus, on ne peut privilégier à côté de l'économique, d'autres dimensions (le don, l'entraide, le care, etc.) qui pourraient exister parallèlement, car la valeur est une forme sociale totale fétichiste qui envahit tout : il faut sortir carrément de l’économie en inventant d’autres formes de médiation sociale entre nous, que celles du travail, de la marchandise, de l’argent, du capital qui branche nos « capacités de travail » sur ses agencements sociaux et ses machines.


D'autres points forts de ce nouveau travail théorique a été de fournir une structure qui permette de comprendre le processus de crise économique qui a commencé dans les années 1970 et dont les considérables effets actuels sont souvent compris comme une simple « crise financière », ou encore un autre apport a été l'élaboration d'une théorie socio-historique de la connaissance et de la subjectivité qui rompt avec l'épistémologisme contemporain, tout en permettant de comprendre autrement l'antisémitisme, le racisme, la politique, l'Etat, le droit, la domination patriarcale, etc. Pour faire plus ample connaissance avec ce nouveau travail théorique rompant avec le marxisme, on pourra aller voir dans la partie " présentation de la wertkritik 

 

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