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Au-delà de la lutte des classes

Samedi 14 avril 2012 6 14 /04 /Avr /2012 00:00


Ci-dessous un texte de Norbert Trenkle, membre du groupe allemand « Krisis ». Un texte de fond sur la critique du marxisme traditionnel, au travers des dimensions métaphysiques qu'a pris le thème de la lutte des classes de Georg Lukács à John Holloway en passant par différents auteurs post-opéraïstes et bien d'autres courants marxistes même hétérodoxes. Là encore, le retour à une lecture rigoureuse de l'oeuvre de maturité de Marx, c'est-à-dire au « Capital » et aux « Grundrisse » (dont Roubine, Rosdolsky, Vincent, Postone ont jeté les premières pierres de base à leur interprétation), donc à une théorie critique centrée sur les concepts de fétichisme et de travail abstrait (au-delà de l'ensemble des confusions qui ont existé sur ces termes dans les marxismes traditionnels), nous aide à rompre avec l'anticapitalisme tronqué et à saisir la société fétichiste contemporaine dans son […]
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Vendredi 30 mars 2012 5 30 /03 /Mars /2012 18:01


Ci-dessous une note de lecture sur le livre très intéressant de Marcello Tari, « Autonomie ! Italie, les années 70 » (La fabrique, 2011). Cette recension est parue dans « Les Lettres françaises » (décembre 2011) Le travail, voilà l’ennemi ! *** Le mouvement de l’Autonomie désigne un ensemble de luttes politiques en marge de – et souvent en opposition à – l’histoire dominante du mouvement ouvrier. Au cours des années 1970, et particulièrement en Italie, il forma un milieu foisonnant d’expériences suffisamment denses et subversives pour que la perspective de rapports sociaux enfin communisés apparaisse viable et enviable à une large échelle. Marcello Tarì nous propose une lecture de cette épopée qui, certes, pourra susciter des commentaires sur le parti pris, mais que seuls ceux qui ont déjà, toujours et par ailleurs, fait allégeance aux « réalités incontournables » du capitalisme […]
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Mardi 19 avril 2011 2 19 /04 /Avr /2011 08:37


Classes et dynamique du capitalisme Présentation du texte : Parce que la critique traditionnelle du capitalisme pensait que le rapport d’exploitation déterminait en dernière instance le capitalisme, on a généralement compris le rapport de la classe capitaliste et de la classe ouvrière comme se trouvant au noyau du capitalisme et donc au cœur de l’analyse de Marx. Or, on ne peut pas remplacer le concept chez Marx de rapport social de production par un concept plus étroit, celui de rapports de production entre classes sociales, le « rapport social capitaliste » est ici réduit à la « relation salariale » (au travail salarié, simple catégorie sociologique), il est décrit seulement à la fois comme séparation entre les moyens de production et les forces productives et comme rapport juridique de subordination. Cette saisie du rapport social capitaliste en terme de rapport d’appropriation […]
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Jeudi 30 septembre 2010 4 30 /09 /Sep /2010 17:44


« Le prolétariat n'est pas le sujet de l'histoire » : car ce que nous appelons « travail » n'a rien de quelque chose de l'ordre du naturel, du transhistorique ou de l'évident. par Moishe Postone Extrait de Temps, travail et domination sociale, pp. 519-524, Mille et une nuits, 2009 (Cambridge University Press, 1993). Désormais, nous pouvons revenir aux questions du rôle historique de la classe ouvrière et de la contradiction fondamentale du capitalisme, telles que Marx les traite implicitement dans sa critique de maturité. Tout en me concentrant sur les formes structurantes de médiation sociale constitutives du capitalisme, j'ai montré que la lutte de classes n'engendre pas en et pour soi la dynamique historique du capitalisme ; elle n'est en réalité un élément moteur de ce développement que parce qu'elle est structurée par des formes sociales intrinsèquement dynamiques. Comme on l'a […]
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Lundi 19 juillet 2010 1 19 /07 /Juil /2010 10:30


Par-delà la lutte des classes Robert Kurz [1] Voir le Fichier : Par_dela_la_lutte_des_classes.pdf Dès qu’ils parlent de « classe » et de « lutte des classes », les marxistes traditionnels ont la larme à l’œil. Leur identité en tant que critiques du capitalisme est inséparablement liée à ces concepts. Mais face aux conditions qui, en ce début du XXIe siècle, sont celles de la troisième révolution industrielle [la micro-électronique], de la mondialisation de l’économie d’entreprise et de l’atomisation sociale, le paradigme classiste du « prolétariat » paraît étrangement poussiéreux. Plus les vétérans marxistes s’entêtent à maintenir l’idée que « nous vivons toujours dans une société de classes », moins ils font danser ces conditions, bien que, ou plus précisément, parce que les contradictions du capitalisme s’aggravent comme jamais et qu’une crise socioéconomique d’un type nouveau […]
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Qu'est-ce que la wertkritik (Critique de la valeur) ?

Avec d'une part le travail magistral de Moishe Postone, et d'autre part les groupes allemands et autrichiens comme Krisis, Exit !, Streifzüge avec des théoriciens comme Robert Kurz, Roswitha Scholz, Norbert Trenkle, Anselm Jappe, Gérard Briche, Ernst Lohoff, et plusieurs autres auteurs, de nouvelles lectures de l'œuvre de la maturité de Marx sont apparues durant les deux dernières décennies. La relecture opérée par Robert Kurz (1943-2012), principal théoricien de la « Critique de valeur » (wertkritik) ou encore appelée théorie critique de la « dissociation-valeur », a cherché avec Marx mais aussi au-delà de Marx, à renouveler les fondements d'une théorie critique radicale de l'économie politique au XXIe siècle.  


A la différence des lectures traditionnelles de Marx avec lesquelles elle rompt, cette nouvelle critique s'est en grande partie faite remarquée pour avoir articulé une approche théorique qui porte une attention particulière au caractère fétichiste de la production de marchandises, à la dimension abstraite de tout travail (le travail abstrait), à la distinction entre valeur et richesse matérielle et à la nature du capital comme « sujet automate » (la formule est de Marx lui-même). Le capitalisme est ici interprété comme une forme historique de fétichisme. Ainsi, à la différence des marxismes traditionnels, les sujets principaux du capitalisme ne sont ni le prolétariat, ni la bourgeoisie, mais plutôt le fétiche-capital lui-même (la valeur qui s'autovalorise) que paradoxalement nous ne cessons de constituer au quotidien au travers de nos rapports sociaux. Un des points centraux de ce nouveau travail théorique a été de développer une critique du capitalisme qui ne s'arrête pas au niveau des antagonismes de classes sociologiques, à la question des rapports de distribution et de propriété privée des moyens de production. La classe capitaliste gère un processus de production de marchandises à son propre profit, mais n'en est pas l'auteur ni le maître. Travailleurs et capitalistes ne sont que les fonctionnaires d'un processus fétichiste qui à la fois les dépasse et ne cesse d'être constitué par eux. La lutte des classes si elle existe bel et bien, en affirmant positivement le travail et le point de vue de la classe prolétaire, n'est en réalité qu'une lutte d'intérêts toujours constitués à l'intérieur des formes de vie et de socialisation capitalistes.


Ainsi à l'inverse de l'anticapitalisme tronqué, la critique de la valeur ose enfin critiquer le système dans sa totalité, et d'abord critiquer pour la première fois son principe de synthèse sociale, le travail en tant que tel, dans ses deux dimensions concrète et abstraite, comme activité socialement médiatisante et historiquement spécifique au seul capitalisme, et non comme simple activité instrumentale, naturelle et transhistorique, comme si le travail était l'essence générique de l'homme qui serait captée extérieurement par le capital. Comme si encore le travail n'était que l'activité transhistorique du métabolisme entre l'homme et la nature. L'économie est une réalité sociale qui émerge et existe comme telle que dans les sociétés capitalistes à partir des XIVe et XVe siècles. C'est le double caractère du travail et non le marché, le rapport social de domination d'une classe sur une autre et la propriété privée des moyens de production, qui constitue le noyau du capitalisme. Dans la société capitaliste seulement, le travail abstrait se représente dans la valeur, la valeur est l'objectivation d'un lien social aliéné, elle est donc historiquement spécifique qu'à la seule formation sociale capitaliste. Dans cette compréhension encore, la valeur n'est pas limitée à la seule « sphère économique », mais impose sa structure à toute la société, elle est une forme sociale de vie et de socialisation, un « fait social total ». La valeur d'échange d'une marchandise n'est que l'expression, la forme visible, de la valeur « invisible ».


Un mouvement d'émancipation du fétichisme de la valeur, ne peut plus critiquer ce monde à partir du point de vue du travail. Il ne s'agit donc plus de libérer le travail du capital, mais de se libérer du travail en tant que tel, non pas en faisant travailler les machines à la place car le mode industriel de production est intrinsèquement capitaliste (la technologie n'est pas neutre), mais en abolissant une activité posée au centre de la vie comme socialement médiatisante. Cependant la critique radicale n'a pas à fournir en pièce jointe, un mode d'emploi pour une organisation alternative de l’emploi de la vie. Elle développe une explication possible du monde présent, des souffrances réelles de nos propres vies et des exigences sociales qui leurs sont imposées, mais elle ne constitue pas un mode d'emploi expliquant comment construire correctement une « société idéale ». La critique de la dissociation-valeur dénaturalise toute forme d'économie, et c'est là déjà une forme de pratique radicale. Le seul critère proposé par la wertkritik, c'est qu'aucun medium fétichiste (comme aujourd'hui le travail) ne s'interpose désormais entre les individus sociaux et entre les individus sociaux et le monde. Et comme cela n'a jamais existé, un monde au-delà des divers fétichismes sociaux reste à inventer. Mais il n’y a pas de compromis possible avec l’économie, c’est-à-dire avec le travail comme forme capitaliste du métabolisme avec la nature, et comme médiation sociale entre les humains. Redistribuer les richesses capitalistes comme le préconisent les économistes de gauche à la sauce néo-keynésienne, ce n'est pas s'opposer à la forme de vie sociale capitaliste. De plus, on ne peut privilégier à côté de l'économique, d'autres dimensions (le don, l'entraide, le care, etc.) qui pourraient exister parallèlement, car la valeur est une forme sociale totale fétichiste qui envahit tout : il faut sortir carrément de l’économie en inventant d’autres formes de médiation sociale entre nous, que celles du travail, de la marchandise, de l’argent, du capital qui branche nos « capacités de travail » sur ses agencements sociaux et ses machines.


D'autres points forts de ce nouveau travail théorique a été de fournir une structure qui permette de comprendre le processus de crise économique qui a commencé dans les années 1970 et dont les considérables effets actuels sont souvent compris comme une simple « crise financière », ou encore un autre apport a été l'élaboration d'une théorie socio-historique de la connaissance et de la subjectivité qui rompt avec l'épistémologisme contemporain, tout en permettant de comprendre autrement l'antisémitisme, le racisme, la politique, l'Etat, le droit, la domination patriarcale, etc. Pour faire plus ample connaissance avec ce nouveau travail théorique rompant avec le marxisme, on pourra aller voir dans la partie " présentation de la wertkritik 

 

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