Quantcast

Notes de lectures sur la critique de la valeur

Jeudi 5 juillet 2012 4 05 /07 /Juil /2012 13:56


Ci-dessous un premier commentaire de l'ouvrage de Léon de Mattis, « Crises » (Entremonde, 2012). Palim Psao Une présentation par l’auteur de l’ouvrage « Crises » (signé Léon de Mattis) avait été organisée le 16 juin. Fabien, qui avait été présent à la première causerie autour de la « critique de la valeur » à Lille, nous avait signalé cette présentation et nous avait invités à y participer. Nous avons lu l’ouvrage, qui est effectivement très recommandable, et nous étions présents lors de cette présentation. *** Interrogé sur sa proximité avec le courant de la « critique de la valeur », l’auteur a reconnu qu’il connaissait assez peu ce courant. Mais il avait certes lu quelques textes d’Anselm Jappe, et des lecteurs de son ouvrage lui avaient parfois fait grief d’avoir une position très « critique de la valeur » ! Cependant, il considère que ce courant donne trop l’impression qu’il […]
Publié dans : Notes de lectures sur la critique de la valeur
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Samedi 14 janvier 2012 6 14 /01 /Jan /2012 19:01


Cette recension est parue sur le site Liens socio le 2 janvier 2012. Depuis 2008, nous ne pouvons plus ignorer que le système financier international (ou mondial) est en crise, que cette crise dure au-delà des promesses de « régulation » et des plans de relance ou d’austérité. Combien de temps cela va-t-il durer ? Jusqu’à quand les populations de la plupart des nations dites développées et démocratiques, accepteront-elles de perdre toujours plus en travaillant toujours plus longtemps ? Quels sont les porteurs d’alternatives émancipatrices ? C’est à ces questions, et à bien d’autres, que le livre de Robert Kurz répond. Ses 224 pages constituent la traduction de 25 articles récents (2008-2010) publiés dans des journaux et revues de plusieurs pays (Allemagne, Brésil, Portugal), précédés d’un entretien avec les traducteurs. L’auteur, né en 1943, est un des théoriciens allemands du […]
Publié dans : Notes de lectures sur la critique de la valeur
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 18 février 2011 5 18 /02 /Fév /2011 09:58


Cette note de lecture de Dominique Méda est parue dans la revue française de socio-économie (n°6, 2nd trimestre 2010) et porte sur l'ouvrage de l'historien et théoricien canadien, Moishe Postone, " Temps, travail et domination sociale " (Mille et une nuits, 2009). Dominique Méda est sociologue et se réclame souvent de la pensée d'André Gorz. Son texte - même si son biais est souvent de lire la théorie critique de Postone au regard de ce qu'elle pourrait en faire d'un point de vue anti-productiviste (dont elle n'explique pas ici ce qui serait son fondement et sa réalisation pratique d'après elle) -, résume très bien dans sa première partie la théorie de la double nature du travail sous le capitalisme et l'interdépendance sociale qui vient à naître quand le travail vient constituer de manière inédite les rapports sociaux de la société moderne-capitaliste. Avec ces grandes qualités de […]
Publié dans : Notes de lectures sur la critique de la valeur
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Dimanche 9 janvier 2011 7 09 /01 /Jan /2011 16:35


Ci-dessous des notes et commentaires de lecture de Olivier Deprez suite à sa lecture progressive du livre de Moishe Postone, « Temps, travail et domination sociale » (Mille et une nuits, 2009). Même parfois imprécises, ses notes nous paraissent suffisamment fidèles (sauf sur la question du travail) et intelligemment construites pour les faire partager ici. Il faut saluer cette courageuse initiative d'un compte-rendu de lecture qui cherche à suivre au plus prés les cheminents de la réflexion de Postone. Précision sur la critique du travail (en tant que tel). Juste pour noter cette imprécision à propos du travail dans cette note : son auteur pense à tort qu'il n'y a pas chez Postone la volonté de dépasser le travail en tant que tel, il y aurait chez Postone juste une critique du travail aliéné. Pour Postone, il y a bien une critique du travail en tant que tel, le refus de faire une […]
Publié dans : Notes de lectures sur la critique de la valeur
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Qu'est-ce que la wertkritik (Critique de la valeur) ?

Avec d'une part le travail magistral de Moishe Postone, et d'autre part les groupes allemands et autrichiens comme Krisis, Exit !, Streifzüge avec des théoriciens comme Robert Kurz, Roswitha Scholz, Norbert Trenkle, Anselm Jappe, Gérard Briche, Ernst Lohoff, et plusieurs autres auteurs, de nouvelles lectures de l'œuvre de la maturité de Marx sont apparues durant les deux dernières décennies. La relecture opérée par Robert Kurz (1943-2012), principal théoricien de la « Critique de valeur » (wertkritik) ou encore appelée théorie critique de la « dissociation-valeur », a cherché avec Marx mais aussi au-delà de Marx, à renouveler les fondements d'une théorie critique radicale de l'économie politique au XXIe siècle.  


A la différence des lectures traditionnelles de Marx avec lesquelles elle rompt, cette nouvelle critique s'est en grande partie faite remarquée pour avoir articulé une approche théorique qui porte une attention particulière au caractère fétichiste de la production de marchandises, à la dimension abstraite de tout travail (le travail abstrait), à la distinction entre valeur et richesse matérielle et à la nature du capital comme « sujet automate » (la formule est de Marx lui-même). Le capitalisme est ici interprété comme une forme historique de fétichisme. Ainsi, à la différence des marxismes traditionnels, les sujets principaux du capitalisme ne sont ni le prolétariat, ni la bourgeoisie, mais plutôt le fétiche-capital lui-même (la valeur qui s'autovalorise) que paradoxalement nous ne cessons de constituer au quotidien au travers de nos rapports sociaux. Un des points centraux de ce nouveau travail théorique a été de développer une critique du capitalisme qui ne s'arrête pas au niveau des antagonismes de classes sociologiques, à la question des rapports de distribution et de propriété privée des moyens de production. La classe capitaliste gère un processus de production de marchandises à son propre profit, mais n'en est pas l'auteur ni le maître. Travailleurs et capitalistes ne sont que les fonctionnaires d'un processus fétichiste qui à la fois les dépasse et ne cesse d'être constitué par eux. La lutte des classes si elle existe bel et bien, en affirmant positivement le travail et le point de vue de la classe prolétaire, n'est en réalité qu'une lutte d'intérêts toujours constitués à l'intérieur des formes de vie et de socialisation capitalistes.


Ainsi à l'inverse de l'anticapitalisme tronqué, la critique de la valeur ose enfin critiquer le système dans sa totalité, et d'abord critiquer pour la première fois son principe de synthèse sociale, le travail en tant que tel, dans ses deux dimensions concrète et abstraite, comme activité socialement médiatisante et historiquement spécifique au seul capitalisme, et non comme simple activité instrumentale, naturelle et transhistorique, comme si le travail était l'essence générique de l'homme qui serait captée extérieurement par le capital. Comme si encore le travail n'était que l'activité transhistorique du métabolisme entre l'homme et la nature. L'économie est une réalité sociale qui émerge et existe comme telle que dans les sociétés capitalistes à partir des XIVe et XVe siècles. C'est le double caractère du travail et non le marché, le rapport social de domination d'une classe sur une autre et la propriété privée des moyens de production, qui constitue le noyau du capitalisme. Dans la société capitaliste seulement, le travail abstrait se représente dans la valeur, la valeur est l'objectivation d'un lien social aliéné, elle est donc historiquement spécifique qu'à la seule formation sociale capitaliste. Dans cette compréhension encore, la valeur n'est pas limitée à la seule « sphère économique », mais impose sa structure à toute la société, elle est une forme sociale de vie et de socialisation, un « fait social total ». La valeur d'échange d'une marchandise n'est que l'expression, la forme visible, de la valeur « invisible ».


Un mouvement d'émancipation du fétichisme de la valeur, ne peut plus critiquer ce monde à partir du point de vue du travail. Il ne s'agit donc plus de libérer le travail du capital, mais de se libérer du travail en tant que tel, non pas en faisant travailler les machines à la place car le mode industriel de production est intrinsèquement capitaliste (la technologie n'est pas neutre), mais en abolissant une activité posée au centre de la vie comme socialement médiatisante. Cependant la critique radicale n'a pas à fournir en pièce jointe, un mode d'emploi pour une organisation alternative de l’emploi de la vie. Elle développe une explication possible du monde présent, des souffrances réelles de nos propres vies et des exigences sociales qui leurs sont imposées, mais elle ne constitue pas un mode d'emploi expliquant comment construire correctement une « société idéale ». La critique de la dissociation-valeur dénaturalise toute forme d'économie, et c'est là déjà une forme de pratique radicale. Le seul critère proposé par la wertkritik, c'est qu'aucun medium fétichiste (comme aujourd'hui le travail) ne s'interpose désormais entre les individus sociaux et entre les individus sociaux et le monde. Et comme cela n'a jamais existé, un monde au-delà des divers fétichismes sociaux reste à inventer. Mais il n’y a pas de compromis possible avec l’économie, c’est-à-dire avec le travail comme forme capitaliste du métabolisme avec la nature, et comme médiation sociale entre les humains. Redistribuer les richesses capitalistes comme le préconisent les économistes de gauche à la sauce néo-keynésienne, ce n'est pas s'opposer à la forme de vie sociale capitaliste. De plus, on ne peut privilégier à côté de l'économique, d'autres dimensions (le don, l'entraide, le care, etc.) qui pourraient exister parallèlement, car la valeur est une forme sociale totale fétichiste qui envahit tout : il faut sortir carrément de l’économie en inventant d’autres formes de médiation sociale entre nous, que celles du travail, de la marchandise, de l’argent, du capital qui branche nos « capacités de travail » sur ses agencements sociaux et ses machines.


D'autres points forts de ce nouveau travail théorique a été de fournir une structure qui permette de comprendre le processus de crise économique qui a commencé dans les années 1970 et dont les considérables effets actuels sont souvent compris comme une simple « crise financière », ou encore un autre apport a été l'élaboration d'une théorie socio-historique de la connaissance et de la subjectivité qui rompt avec l'épistémologisme contemporain, tout en permettant de comprendre autrement l'antisémitisme, le racisme, la politique, l'Etat, le droit, la domination patriarcale, etc. Pour faire plus ample connaissance avec ce nouveau travail théorique rompant avec le marxisme, on pourra aller voir dans la partie " présentation de la wertkritik 

 

Syndication

  • Flux RSS des articles

Partager

Sommaire du site

Rechercher

 
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés