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Genre et dissociation sexuelle de la valeur

Mardi 1 janvier 2013 2 01 /01 /Jan /2013 10:17


« Le queer a fait son temps » * Entretien avec Roswitha Scholz[1] Née en 1959, Roswitha Scholz a fait des études de sociologie et de pédagogie. Publiciste libre, elle rencontre Robert Kurz (1943-2012) dont elle devient l'épouse, et dès 1986 elle fait partie à Nuremberg de la revue allemande Krisis en tant que rédactrice (en 1992, au travers de son premier article théorique important, « C'est la valeur qui fait l'homme »), puis à partir de 2004, lors de l'éviction de Kurz et ses proches, dans la revue Exit ! ainsi que dans diverses revues de critique sociale. En 2000, elle rassemble ses réflexions dans un ouvrage, « Das Geschlecht des Kapitalismus. Feministische Theorien und die postmoderne Metamorphose des Patriarchats » (publié chez Bad Honnef). Des commentateurs français pressés et confus, ont souvent expliqué que la « scission » (terme assez impropre) au sein de Krisis portait au […]
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Lundi 16 janvier 2012 1 16 /01 /Jan /2012 10:24


Ci-dessous un texte de Norbert Trenkle, théoricien allemand, membre du groupe Krisis, co-auteur avec Ernst Lohoff et Robert Kurz du Manifeste contre le travail . Ce texte paru dans la revue Krisis en 2008 (merci à Sinziana pour la traduction), revient en partie et sans l'évoquer directement, sur une des questions de la scission du groupe Krisis en 2004. Cette scission a porté d'une part sur les questions de la relation théorie/pratique (selon Kurz, ceux qui sont restés dans Krisis et Streifzüge restent dans un mouvementisme inopportun) et d'autre part sur la notion théorisée par Roswitha Scholz de « dissociation valeur », que ceux qui sont restés dans Krisis ont écarté pour penser la constitution des genres dans la société capitaliste de manière différente. En effet, de manière générale le capitalisme ne se caractérise pas seulement par le mouvement autonomisé, fétichiste, de […]
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Dimanche 2 octobre 2011 7 02 /10 /Oct /2011 08:02


Ci-dessous un texte de Robert Kurz militant et théoricien allemand qui depuis les années 1990 a participé à la réélaboration d'une théorie critique radicale du capitalisme au-delà du cadavre du marxisme traditionnel, la critique de la valeur. Ayant fait le choix toute sa vie d'une vie marginale et non universitaire, occupant divers emplois (notamment chauffeur de taxi pendant sept ans, manutentionnaire de nuit dans une imprimerie de presse), il a multiplié les rencontres en vue d'un renouveau de la théorie critique, ce qui se concrètise dans les années 1980 avec la création de ce qui va devenir en 1990 le groupe allemand Krisis. Le Manifeste contre le travail issu de ce groupe obtiendra un écho international à partir de 1999, mais en 2004, plusieurs personnes préfèrent pour diverses raisons sortir du groupe et fonder la revue Exit, qui rassemble aujourd'hui Robert Kurz et d'autres […]
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Lundi 4 juillet 2011 1 04 /07 /Juil /2011 19:05


« Ce qui est devenu évident, c’est qu’en ce qui concerne l’assignation sexuelle, plus rien n’est évident. » Cette phrase n’est tirée d’aucun ouvrage. Mais elle aurait pu l’être de nombreux textes d’inspiration féministe. En effet, on pourrait présenter la revendication féministe comme avant tout la remise en cause de ce qui, en matière de sexe, allait de soi, ad majorem viri gloriam. Et d’abord que le sexe, dans sa plénitude, était l’attribut de l’homme, du mâle. La femme n’étant définie que par son absence. Ce qu’on formulait par une suave antiphrase, en disant que la femme était « le beau sexe », voire « le sexe ». À cet égard, le titre même de l’essai fondamental de Simone de Beauvoir, « Le deuxième sexe » (1949), constituait une prise de position féministe : le sexe masculin « n’est que » l’un des deux sexes. On peut considérer « Le deuxième sexe » comme le texte fondateur du […]
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Dimanche 3 juillet 2011 7 03 /07 /Juil /2011 11:00


Ci-dessous en PDF, un texte « Communisation VS Sphères » qui vient du courant français de la communisation, il a été publié initialement sur le site DNDF, et parle de la volonté d’en finir avec les luttes revendicatives actuelles portant sur l’égalité entre les hommes et les femmes au sein de toujours la même forme de vie collective mutilante. Ce texte se propose de contribuer à la nécessité d'abolir les genres de la masculinité et de la féminité, des sphères privé et publique, corrélativement à leur constitution dans la société capitaliste-marchande. Voir le Fichier : Communisation_vs_Spheres.pdf Ce texte très intéressant me fait beaucoup penser à la théorie de la dissociation-valeur développée par la théoricienne allemande Roswitha Scholz du groupe Exit (scission du Krisis allemand en 2004, scission qui a d’ailleurs porté en partie sur la théorie de la scission sexuelle qu’opère […]
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Dimanche 15 août 2010 7 15 /08 /Août /2010 20:19


Cet article d'Anselm Jappe est paru dans la revue du MAUSS (2009/2, n°34), il traite de la critique de l'économisme du marxisme traditionnel (alors que les catégories - valeur, travail abstrait, etc - ne sont pas de simples catégories économiques car elles saisissent des formes de vie sociales, des formes de médiations sociales, ce que les lectures réductrices de Marx par Castoriadis et Habermas n'ont pas vues, cf. Postone), du paradigme du don constitué autour d'Alain Caillé, de l'anthropologie et des oeuvres de Marcel Mauss, Karl Polanyi, etc. Jappe critique aussi les propositions politiques d'Alain Caillé et des autres auteurs du MAUSS qui pensent qu'il serait possible de faire coexister côte à côte une sphère marchande et une sphère non-marchande non altérée. Il faut au contraire penser la société de la valeur comme une totalité brisée où la sphère non-marchande qui existe bel […]
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Dimanche 21 mars 2010 7 21 /03 /Mars /2010 20:30


Note d’introduction au dossier " Critique de la valeur, genre et dominations » dans la revue française Illusio, dossier qui comporte quatre textes : - « La femme comme chienne de l'homme » par Robert Kurz. - « Sade, prochain de qui ? », par Anselm Jappe. - « Remarques sur les notions de " valeur " et de " dissociation valeur " », par Roswitha Scholz. - « Le côté obscur du capital. " Masculinité " et " féminité " comme piliers de la modernité », par Johannes Vogele. Voir le Fichier : DossierCritiq_valeurIllusio.pdf Présentation du dossier : Depuis quelques années, les écrits du courant dit de la « critique de la valeur » ont commencé à circuler en France, grâce aux premières traductions de l’allemand et de l’anglais (1) et aux premiers essais en français (2). Ce courant de pensée radicale se développe en Allemagne depuis vingt ans avec de nombreux livres et les revues Krisis (depuis […]
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Qu'est-ce que la wertkritik (Critique de la valeur) ?

Avec d'une part le travail magistral de Moishe Postone, et d'autre part les groupes allemands et autrichiens comme Krisis, Exit !, Streifzüge avec des théoriciens comme Robert Kurz, Roswitha Scholz, Norbert Trenkle, Anselm Jappe, Gérard Briche, Ernst Lohoff, et plusieurs autres auteurs, de nouvelles lectures de l'œuvre de la maturité de Marx sont apparues durant les deux dernières décennies. La relecture opérée par Robert Kurz (1943-2012), principal théoricien de la « Critique de valeur » (wertkritik) ou encore appelée théorie critique de la « dissociation-valeur », a cherché avec Marx mais aussi au-delà de Marx, à renouveler les fondements d'une théorie critique radicale de l'économie politique au XXIe siècle.  


A la différence des lectures traditionnelles de Marx avec lesquelles elle rompt, cette nouvelle critique s'est en grande partie faite remarquée pour avoir articulé une approche théorique qui porte une attention particulière au caractère fétichiste de la production de marchandises, à la dimension abstraite de tout travail (le travail abstrait), à la distinction entre valeur et richesse matérielle et à la nature du capital comme « sujet automate » (la formule est de Marx lui-même). Le capitalisme est ici interprété comme une forme historique de fétichisme. Ainsi, à la différence des marxismes traditionnels, les sujets principaux du capitalisme ne sont ni le prolétariat, ni la bourgeoisie, mais plutôt le fétiche-capital lui-même (la valeur qui s'autovalorise) que paradoxalement nous ne cessons de constituer au quotidien au travers de nos rapports sociaux. Un des points centraux de ce nouveau travail théorique a été de développer une critique du capitalisme qui ne s'arrête pas au niveau des antagonismes de classes sociologiques, à la question des rapports de distribution et de propriété privée des moyens de production. La classe capitaliste gère un processus de production de marchandises à son propre profit, mais n'en est pas l'auteur ni le maître. Travailleurs et capitalistes ne sont que les fonctionnaires d'un processus fétichiste qui à la fois les dépasse et ne cesse d'être constitué par eux. La lutte des classes si elle existe bel et bien, en affirmant positivement le travail et le point de vue de la classe prolétaire, n'est en réalité qu'une lutte d'intérêts toujours constitués à l'intérieur des formes de vie et de socialisation capitalistes.


Ainsi à l'inverse de l'anticapitalisme tronqué, la critique de la valeur ose enfin critiquer le système dans sa totalité, et d'abord critiquer pour la première fois son principe de synthèse sociale, le travail en tant que tel, dans ses deux dimensions concrète et abstraite, comme activité socialement médiatisante et historiquement spécifique au seul capitalisme, et non comme simple activité instrumentale, naturelle et transhistorique, comme si le travail était l'essence générique de l'homme qui serait captée extérieurement par le capital. Comme si encore le travail n'était que l'activité transhistorique du métabolisme entre l'homme et la nature. L'économie est une réalité sociale qui émerge et existe comme telle que dans les sociétés capitalistes à partir des XIVe et XVe siècles. C'est le double caractère du travail et non le marché, le rapport social de domination d'une classe sur une autre et la propriété privée des moyens de production, qui constitue le noyau du capitalisme. Dans la société capitaliste seulement, le travail abstrait se représente dans la valeur, la valeur est l'objectivation d'un lien social aliéné, elle est donc historiquement spécifique qu'à la seule formation sociale capitaliste. Dans cette compréhension encore, la valeur n'est pas limitée à la seule « sphère économique », mais impose sa structure à toute la société, elle est une forme sociale de vie et de socialisation, un « fait social total ». La valeur d'échange d'une marchandise n'est que l'expression, la forme visible, de la valeur « invisible ».


Un mouvement d'émancipation du fétichisme de la valeur, ne peut plus critiquer ce monde à partir du point de vue du travail. Il ne s'agit donc plus de libérer le travail du capital, mais de se libérer du travail en tant que tel, non pas en faisant travailler les machines à la place car le mode industriel de production est intrinsèquement capitaliste (la technologie n'est pas neutre), mais en abolissant une activité posée au centre de la vie comme socialement médiatisante. Cependant la critique radicale n'a pas à fournir en pièce jointe, un mode d'emploi pour une organisation alternative de l’emploi de la vie. Elle développe une explication possible du monde présent, des souffrances réelles de nos propres vies et des exigences sociales qui leurs sont imposées, mais elle ne constitue pas un mode d'emploi expliquant comment construire correctement une « société idéale ». La critique de la dissociation-valeur dénaturalise toute forme d'économie, et c'est là déjà une forme de pratique radicale. Le seul critère proposé par la wertkritik, c'est qu'aucun medium fétichiste (comme aujourd'hui le travail) ne s'interpose désormais entre les individus sociaux et entre les individus sociaux et le monde. Et comme cela n'a jamais existé, un monde au-delà des divers fétichismes sociaux reste à inventer. Mais il n’y a pas de compromis possible avec l’économie, c’est-à-dire avec le travail comme forme capitaliste du métabolisme avec la nature, et comme médiation sociale entre les humains. Redistribuer les richesses capitalistes comme le préconisent les économistes de gauche à la sauce néo-keynésienne, ce n'est pas s'opposer à la forme de vie sociale capitaliste. De plus, on ne peut privilégier à côté de l'économique, d'autres dimensions (le don, l'entraide, le care, etc.) qui pourraient exister parallèlement, car la valeur est une forme sociale totale fétichiste qui envahit tout : il faut sortir carrément de l’économie en inventant d’autres formes de médiation sociale entre nous, que celles du travail, de la marchandise, de l’argent, du capital qui branche nos « capacités de travail » sur ses agencements sociaux et ses machines.


D'autres points forts de ce nouveau travail théorique a été de fournir une structure qui permette de comprendre le processus de crise économique qui a commencé dans les années 1970 et dont les considérables effets actuels sont souvent compris comme une simple « crise financière », ou encore un autre apport a été l'élaboration d'une théorie socio-historique de la connaissance et de la subjectivité qui rompt avec l'épistémologisme contemporain, tout en permettant de comprendre autrement l'antisémitisme, le racisme, la politique, l'Etat, le droit, la domination patriarcale, etc. Pour faire plus ample connaissance avec ce nouveau travail théorique rompant avec le marxisme, on pourra aller voir dans la partie " présentation de la wertkritik 

 

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