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Destruction de la nature et décroissance

Lundi 19 décembre 2011 1 19 /12 /Déc /2011 18:00


Ci-dessous un texte de l'écologiste autrichien Andreas Exner et de ses amis. Exner participe depuis plusieurs années au magazine Streifzüge dédié à la critique de la valeur en Autriche. Au travers de la grille d'interprétation de la critique de la valeur, Exner reprend souvent des thématiques écologiques (pics pétroliers, etc.) qui seraient ici en France plutôt l'apanage des objecteurs de croissance, objecteurs qui à de rares exceptions près (Denis Baba), ne voient jamais la connexion existant entre la production et la valeur (cf. l'article de Jappe, « Décroissants encore un effort ! » [1]). Andreas Exner est également connu pour avoir eu au début des années 2000, une longue correspondance avec André Gorz quand ce dernier s'est intéressé à la fin de sa vie à la critique de la valeur (cf. André Gorz et la critique de la valeur par Franz Schandl). Depuis la scission de 2004 au sein de […]
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Mercredi 24 août 2011 3 24 /08 /Août /2011 16:04


Andreas Exner est rédacteur pour le magazine autrichien Streifzüge consacré à la critique de la valeur. Il est connu également pour son engagement écologiste. Il a notamment eu une longue correspondance avec André Gorz. Le texte suivant a été publié en allemand en mars 2011. Fukushima : le vrai visage du capitalisme par Andreas Exner[1] Voir le Fichier : Andreas-Exner-Fukushima-Le-vrai-visage-du-capitalisme-20111.pdf  Cette horreur n’en finit pas. Fukushima, 11-septembre de notre système énergétique fondé sur l’utilisation du nucléaire et des combustibles fossiles. Le cauchemar d’un monde qui ne s’intéresse qu’au profit et à l’argent apparaît en résumé dans ce terrifiant réacteur nucléaire, émetteur d’invisibles et mortels rayonnements. Au vu des images et des informations qui nous parviennent du Japon, on croirait assister à un film catastrophe. L’idée que nous nous faisions du p […]
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Dimanche 13 mars 2011 7 13 /03 /Mars /2011 00:00


Ci-dessous un texte de Max l'Hameunasse qui développe à la fois une réflexion sur le ravage de la planète que constitue la dynamique de la société capitaliste-marchande et surtout une critique du concept moderne de " nature ". Extrait de l'introduction : L'écologie, telle qu'elle est conçue par une large frange du monde politicien, est un cas typique de l'illusion qui mène à penser que nous pourrions diriger l'évolution du capitalisme (ou du moins, du progrès) dans un sens qui puisse enfin devenir favorable aux êtres humains et à ce qu'il est convenu d'appeler la « nature ». Il partage cette caractéristique avec d'autres idéaux, d'autres utopies telles que le marxisme traditionnel dans son renoncement à émettre une critique radicale du travail (considéré comme transhistorique et donc propre à toute société humaine dans son métabolisme avec la nature), le gauchisme étatique dans ses […]
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Mercredi 3 mars 2010 3 03 /03 /Mars /2010 19:01


Le discours de la “décroissance” est une des rares propositions théoriques quelque peu nouvelles apparues dans les dernières décennies. La partie du public qui est actuellement sensible au discours de la “décroissance” est encore assez restreinte. Cependant, cette partie est incontestablement en augmentation. Cela traduit une prise de conscience effective face aux développements les plus importants des dernières décennies : surtout l’évidence que le développement du capitalisme nous entraîne vers une catastrophe écologique, et que ce n’est pas quelques filtres en plus, ou des voitures un peu moins polluantes, qui résoudront le problème. Il se diffuse une méfiance à l’égard de l’idée même qu’une croissance économique perpétuelle soit toujours désirable, et, en même temps, une insatisfaction vers les critiques du capitalisme qui lui reprochent essentiellement la distribution injuste […]
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Dimanche 31 janvier 2010 7 31 /01 /Jan /2010 18:23


Dans ce texte, Franz Schandl, contributeur aux revues allemandes et autrichiennes Krisis puis Streifzuege, appartenant au courant allemand de la « wertkritik » (la critique de la valeur), revient sur l'évolution du parcours du penseur français André Gorz pour lui rendre hommage. Il revient sur les dernières années de la vie de Gorz quand celui-ci a découvert tardivement la critique de la valeur, Schandl y revient notamment au travers de la correspondance de Gorz avec des auteurs du courant allemand et de ses derniers livres et textes, qui l'ont vu parfois s'auto-critiquer au point de vue théorique. Fait, il est vrai suffisament rare chez des théoriciens pour être vu comme un trait essentiel d'honnêteté et d'ouverture de la personnalité d'André Gorz. Que de chemin parcouru depuis la sphère autonome et la sphère hétéronome, la dialectique de la société duale, sa conception […]
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Dimanche 29 novembre 2009 7 29 /11 /Nov /2009 07:23


Les écologistes de manière générale expliquent que l’effondrement écologique est dû à une idéologie dominante qui serait en train de régner : le fameux « productivisme » en effet de gauche comme de droite. C’est bien d’abord pour eux une idéologie, une question de rapport conscient, ce mot étant construit sur le principe même des mots qualifiant les grands systèmes idéologiques du XIXe et du XXe siècles, « nationalisme », « socialisme », « communisme », « nazisme », etc. Le qualificatif d’ « objecteur de croissance » est d’ailleurs construit sur le même principe, puisqu’il fait référence immédiatement aux « objecteurs de conscience ». Pour eux, la croissance pour la croissance ne serait alors que le fait d’une simple idéologie consciente et intentionnelle de quelque uns (les publicitaires, les « médias marchands », la caste des économistes, les multinationales, etc.), ou plus […]
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Mercredi 25 juillet 2007 3 25 /07 /Juil /2007 22:45


Association contre le nucléaire et son monde, Histoire lacunaire de l’opposition à l’énergie nucléaire en France , Editions de La Lenteur, 2007. - Après le n°7 de la revue Notes et Morceaux Choisis, voici le deuxième livre des jeunes éditions de La Lenteur qui est fraîchement sorti de l’imprimerie. L’opposition au nucléaire à partir des années 1970, a certainement permis d’identifier et de départager au mieux parmi les innombrables écologistes, ceux qui allaient finir par verser dans l’écologie politicienne, citoyenniste et courber l’échine devant l’Etat, sa police et sa démocratie-des-bouches-cousues ; et ceux qui étaient bel et bien décidés à bavés dans cette soupe là. La mouvance des « autonomes » avec l’usage de la violence délibérée comme outil politique, faisait dorénavant parti du paysage et de la contestation sans concession du ravage de la Terre et de son nucléaire. Les […]
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Qu'est-ce que la wertkritik (Critique de la valeur) ?

Avec d'une part le travail magistral de Moishe Postone, et d'autre part les groupes allemands et autrichiens comme Krisis, Exit !, Streifzüge avec des théoriciens comme Robert Kurz, Roswitha Scholz, Norbert Trenkle, Anselm Jappe, Gérard Briche, Ernst Lohoff, et plusieurs autres auteurs, de nouvelles lectures de l'œuvre de la maturité de Marx sont apparues durant les deux dernières décennies. La relecture opérée par Robert Kurz (1943-2012), principal théoricien de la « Critique de valeur » (wertkritik) ou encore appelée théorie critique de la « dissociation-valeur », a cherché avec Marx mais aussi au-delà de Marx, à renouveler les fondements d'une théorie critique radicale de l'économie politique au XXIe siècle.  


A la différence des lectures traditionnelles de Marx avec lesquelles elle rompt, cette nouvelle critique s'est en grande partie faite remarquée pour avoir articulé une approche théorique qui porte une attention particulière au caractère fétichiste de la production de marchandises, à la dimension abstraite de tout travail (le travail abstrait), à la distinction entre valeur et richesse matérielle et à la nature du capital comme « sujet automate » (la formule est de Marx lui-même). Le capitalisme est ici interprété comme une forme historique de fétichisme. Ainsi, à la différence des marxismes traditionnels, les sujets principaux du capitalisme ne sont ni le prolétariat, ni la bourgeoisie, mais plutôt le fétiche-capital lui-même (la valeur qui s'autovalorise) que paradoxalement nous ne cessons de constituer au quotidien au travers de nos rapports sociaux. Un des points centraux de ce nouveau travail théorique a été de développer une critique du capitalisme qui ne s'arrête pas au niveau des antagonismes de classes sociologiques, à la question des rapports de distribution et de propriété privée des moyens de production. La classe capitaliste gère un processus de production de marchandises à son propre profit, mais n'en est pas l'auteur ni le maître. Travailleurs et capitalistes ne sont que les fonctionnaires d'un processus fétichiste qui à la fois les dépasse et ne cesse d'être constitué par eux. La lutte des classes si elle existe bel et bien, en affirmant positivement le travail et le point de vue de la classe prolétaire, n'est en réalité qu'une lutte d'intérêts toujours constitués à l'intérieur des formes de vie et de socialisation capitalistes.


Ainsi à l'inverse de l'anticapitalisme tronqué, la critique de la valeur ose enfin critiquer le système dans sa totalité, et d'abord critiquer pour la première fois son principe de synthèse sociale, le travail en tant que tel, dans ses deux dimensions concrète et abstraite, comme activité socialement médiatisante et historiquement spécifique au seul capitalisme, et non comme simple activité instrumentale, naturelle et transhistorique, comme si le travail était l'essence générique de l'homme qui serait captée extérieurement par le capital. Comme si encore le travail n'était que l'activité transhistorique du métabolisme entre l'homme et la nature. L'économie est une réalité sociale qui émerge et existe comme telle que dans les sociétés capitalistes à partir des XIVe et XVe siècles. C'est le double caractère du travail et non le marché, le rapport social de domination d'une classe sur une autre et la propriété privée des moyens de production, qui constitue le noyau du capitalisme. Dans la société capitaliste seulement, le travail abstrait se représente dans la valeur, la valeur est l'objectivation d'un lien social aliéné, elle est donc historiquement spécifique qu'à la seule formation sociale capitaliste. Dans cette compréhension encore, la valeur n'est pas limitée à la seule « sphère économique », mais impose sa structure à toute la société, elle est une forme sociale de vie et de socialisation, un « fait social total ». La valeur d'échange d'une marchandise n'est que l'expression, la forme visible, de la valeur « invisible ».


Un mouvement d'émancipation du fétichisme de la valeur, ne peut plus critiquer ce monde à partir du point de vue du travail. Il ne s'agit donc plus de libérer le travail du capital, mais de se libérer du travail en tant que tel, non pas en faisant travailler les machines à la place car le mode industriel de production est intrinsèquement capitaliste (la technologie n'est pas neutre), mais en abolissant une activité posée au centre de la vie comme socialement médiatisante. Cependant la critique radicale n'a pas à fournir en pièce jointe, un mode d'emploi pour une organisation alternative de l’emploi de la vie. Elle développe une explication possible du monde présent, des souffrances réelles de nos propres vies et des exigences sociales qui leurs sont imposées, mais elle ne constitue pas un mode d'emploi expliquant comment construire correctement une « société idéale ». La critique de la dissociation-valeur dénaturalise toute forme d'économie, et c'est là déjà une forme de pratique radicale. Le seul critère proposé par la wertkritik, c'est qu'aucun medium fétichiste (comme aujourd'hui le travail) ne s'interpose désormais entre les individus sociaux et entre les individus sociaux et le monde. Et comme cela n'a jamais existé, un monde au-delà des divers fétichismes sociaux reste à inventer. Mais il n’y a pas de compromis possible avec l’économie, c’est-à-dire avec le travail comme forme capitaliste du métabolisme avec la nature, et comme médiation sociale entre les humains. Redistribuer les richesses capitalistes comme le préconisent les économistes de gauche à la sauce néo-keynésienne, ce n'est pas s'opposer à la forme de vie sociale capitaliste. De plus, on ne peut privilégier à côté de l'économique, d'autres dimensions (le don, l'entraide, le care, etc.) qui pourraient exister parallèlement, car la valeur est une forme sociale totale fétichiste qui envahit tout : il faut sortir carrément de l’économie en inventant d’autres formes de médiation sociale entre nous, que celles du travail, de la marchandise, de l’argent, du capital qui branche nos « capacités de travail » sur ses agencements sociaux et ses machines.


D'autres points forts de ce nouveau travail théorique a été de fournir une structure qui permette de comprendre le processus de crise économique qui a commencé dans les années 1970 et dont les considérables effets actuels sont souvent compris comme une simple « crise financière », ou encore un autre apport a été l'élaboration d'une théorie socio-historique de la connaissance et de la subjectivité qui rompt avec l'épistémologisme contemporain, tout en permettant de comprendre autrement l'antisémitisme, le racisme, la politique, l'Etat, le droit, la domination patriarcale, etc. Pour faire plus ample connaissance avec ce nouveau travail théorique rompant avec le marxisme, on pourra aller voir dans la partie " présentation de la wertkritik 

 

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