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Sur Robert Kurz

Vendredi 4 janvier 2013 5 04 /01 /Jan /2013 11:47


Le dernier numéro de « La Revue des Livres » que l'on retrouve en kiosque (n°9, janvier 2013), publie un long article d'Anselm Jappe faisant la recension de deux ouvrages de Robert Kurz (1943-2012), le principal fondateur de la critique de la dissociation-valeur (courant qu'il a appelé aussi la « critique de la valeur »). L'article recense : - L'ouvrage « Vies et mort du capitalisme. Chroniques de la crise » (paru chez Lignes en 2011). - L'ouvrage « Geld ohne Wert. Grundrisse zu einer transformation der kritik der politischen ökonomie » [Argent sans valeur. Fondements pour une transformation de la critique de l'économie politique] (Horlemann, 2012) Un extrait : Robert Kurz, le théoricien principal de la « critique de la valeur », est mort le 18 juillet 2012 à Nuremberg (Allemagne), des suites d’une erreur médicale. Il avait 68 ans. Cette mort prématurée interrompt un travail immense […]
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Dimanche 29 juillet 2012 7 29 /07 /Juil /2012 08:27


Le philosophe allemand Robert Kurz, principal théoricien de la critique de la valeur en Europe, propose ici son analyse de la crise financière mondiale de 2008. Selon lui, avec la troisième révolution industrielle (la microélectronique), le capitalisme atteint sa limite interne absolue. C’est à cette limite que les divers épisodes de la présente crise doivent être rapportés pour devenir intelligibles. Le texte suivant est un extrait de l’entretien publié en guise de présentation du livre de Kurz, « Vies et mort du capitalisme. Chroniques de la crise » (Lignes, 2011). Cet entretien a été réalisé en mai 2010 lors de l’édition de ce recueil. Les questions sont des traducteurs, Olivier Galtier, Wolfgang Kukulies et Luc Mercier. Cet entretien est paru dans le magazine « Archipel » (Longo Maï), 203, mai 2012. Voir le Fichier : […]
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Lundi 23 juillet 2012 1 23 /07 /Juil /2012 19:14


Les obsèques auront lieu le jeudi 26 juillet 2012, à 12 h 30, dans le cimetière Wöhrd, Bartholomäusstraße 42, 90489 Nürnberg. Aujourd'hui notre sympathie et notre compassion vont à sa compagne, Roswitha Scholz et à ses proches amis. Comme des groupes brésiliens, nous avons demandé que les dépenses soient évitées pour les fleurs et que l'argent puisse davantage soutenir le projet de la revue EXIT ! et de l' « Association pour des sciences sociales critiques » qui en est l'émanation. EXIT !, qui ne veut aucun soutien d'instances publiques, universitaires ou privées, a aujourd'hui bien besoin de nos soutiens pour poursuivre les réflexions de Kurz. Sans lui, jamais la théorie critique du capitalisme n'aurait été poussée aussi loin. Quelques amis de la critique de la dissociation-valeur Vous pouvez effectuer un virement sur le compte suivant : Depuis l’Allemagne : Verein für kritische […]
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Vendredi 20 juillet 2012 5 20 /07 /Juil /2012 16:49


Triste nouvelle. Le 18 juillet dernier, Robert Kurz est décédé à Nuremberg à l’âge de 68 ans, suite à une série d'erreurs du corps médical au cours d'opérations. Dans les pas tracés par le Marx de la maturité et au-delà, Robert Kurz était une des rares personnes ayant ces dernières décennies la capacité d’analyser dans sa très grande complexité la formation sociale capitaliste et sa dynamique autodestructrice. Par ses écrits, il a su poser les fondements solides d'une transformation rigoureuse et exigeante de la critique de l'économie politique pour le XXIe siècle. Auteur prolixe qui cherchait toujours à mettre à la portée de tous une compréhension en profondeur du monde contemporain, il intervenait à cette fin comme journaliste dans de nombreuses publications en Allemagne et au Brésil. Certains textes journalistiques de Robert Kurz ont été traduits en français et édités dans divers […]
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Samedi 5 mars 2011 6 05 /03 /Mars /2011 09:29


Ce texte, « Les destinées du marxisme. Lire Marx au 21e siècle » de Robert Kurz, a été publié en Français dans « Lire Marx » (La balustrade, 2002), un ouvrage aujourd'hui épuisé et quasiment introuvable en occasion. Nous avons déjà mis en ligne la plupart des textes de R. Kurz tirés de cet ouvrage (voir la bibliographie ci-dessous). Bientôt on l'espère, sera mis en ligne le dernier texte de ce même ouvrage, « Critères du dépassement du capitalisme ». Mais pour l'instant pour ce qui est de cette présente mise en ligne, quelques mots sur l'auteur et ce texte. Robert Kurz - principal inspirateur en Allemagne de la mouvance de la « wertkritik », ancien membre du groupe Krisis et aujourd'hui militant au sein du groupe-revue Exit ! (on retrouvra sur ce dernier site des chroniques quotidiennes en Allemand sur la société capitaliste-marchande) -, retrace dans ce texte comportant de nombreux […]
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Qu'est-ce que la wertkritik (Critique de la valeur) ?

Avec d'une part le travail magistral de Moishe Postone, et d'autre part les groupes allemands et autrichiens comme Krisis, Exit !, Streifzüge avec des théoriciens comme Robert Kurz, Roswitha Scholz, Norbert Trenkle, Anselm Jappe, Gérard Briche, Ernst Lohoff, et plusieurs autres auteurs, de nouvelles lectures de l'œuvre de la maturité de Marx sont apparues durant les deux dernières décennies. La relecture opérée par Robert Kurz (1943-2012), principal théoricien de la « Critique de valeur » (wertkritik) ou encore appelée théorie critique de la « dissociation-valeur », a cherché avec Marx mais aussi au-delà de Marx, à renouveler les fondements d'une théorie critique radicale de l'économie politique au XXIe siècle.  


A la différence des lectures traditionnelles de Marx avec lesquelles elle rompt, cette nouvelle critique s'est en grande partie faite remarquée pour avoir articulé une approche théorique qui porte une attention particulière au caractère fétichiste de la production de marchandises, à la dimension abstraite de tout travail (le travail abstrait), à la distinction entre valeur et richesse matérielle et à la nature du capital comme « sujet automate » (la formule est de Marx lui-même). Le capitalisme est ici interprété comme une forme historique de fétichisme. Ainsi, à la différence des marxismes traditionnels, les sujets principaux du capitalisme ne sont ni le prolétariat, ni la bourgeoisie, mais plutôt le fétiche-capital lui-même (la valeur qui s'autovalorise) que paradoxalement nous ne cessons de constituer au quotidien au travers de nos rapports sociaux. Un des points centraux de ce nouveau travail théorique a été de développer une critique du capitalisme qui ne s'arrête pas au niveau des antagonismes de classes sociologiques, à la question des rapports de distribution et de propriété privée des moyens de production. La classe capitaliste gère un processus de production de marchandises à son propre profit, mais n'en est pas l'auteur ni le maître. Travailleurs et capitalistes ne sont que les fonctionnaires d'un processus fétichiste qui à la fois les dépasse et ne cesse d'être constitué par eux. La lutte des classes si elle existe bel et bien, en affirmant positivement le travail et le point de vue de la classe prolétaire, n'est en réalité qu'une lutte d'intérêts toujours constitués à l'intérieur des formes de vie et de socialisation capitalistes.


Ainsi à l'inverse de l'anticapitalisme tronqué, la critique de la valeur ose enfin critiquer le système dans sa totalité, et d'abord critiquer pour la première fois son principe de synthèse sociale, le travail en tant que tel, dans ses deux dimensions concrète et abstraite, comme activité socialement médiatisante et historiquement spécifique au seul capitalisme, et non comme simple activité instrumentale, naturelle et transhistorique, comme si le travail était l'essence générique de l'homme qui serait captée extérieurement par le capital. Comme si encore le travail n'était que l'activité transhistorique du métabolisme entre l'homme et la nature. L'économie est une réalité sociale qui émerge et existe comme telle que dans les sociétés capitalistes à partir des XIVe et XVe siècles. C'est le double caractère du travail et non le marché, le rapport social de domination d'une classe sur une autre et la propriété privée des moyens de production, qui constitue le noyau du capitalisme. Dans la société capitaliste seulement, le travail abstrait se représente dans la valeur, la valeur est l'objectivation d'un lien social aliéné, elle est donc historiquement spécifique qu'à la seule formation sociale capitaliste. Dans cette compréhension encore, la valeur n'est pas limitée à la seule « sphère économique », mais impose sa structure à toute la société, elle est une forme sociale de vie et de socialisation, un « fait social total ». La valeur d'échange d'une marchandise n'est que l'expression, la forme visible, de la valeur « invisible ».


Un mouvement d'émancipation du fétichisme de la valeur, ne peut plus critiquer ce monde à partir du point de vue du travail. Il ne s'agit donc plus de libérer le travail du capital, mais de se libérer du travail en tant que tel, non pas en faisant travailler les machines à la place car le mode industriel de production est intrinsèquement capitaliste (la technologie n'est pas neutre), mais en abolissant une activité posée au centre de la vie comme socialement médiatisante. Cependant la critique radicale n'a pas à fournir en pièce jointe, un mode d'emploi pour une organisation alternative de l’emploi de la vie. Elle développe une explication possible du monde présent, des souffrances réelles de nos propres vies et des exigences sociales qui leurs sont imposées, mais elle ne constitue pas un mode d'emploi expliquant comment construire correctement une « société idéale ». La critique de la dissociation-valeur dénaturalise toute forme d'économie, et c'est là déjà une forme de pratique radicale. Le seul critère proposé par la wertkritik, c'est qu'aucun medium fétichiste (comme aujourd'hui le travail) ne s'interpose désormais entre les individus sociaux et entre les individus sociaux et le monde. Et comme cela n'a jamais existé, un monde au-delà des divers fétichismes sociaux reste à inventer. Mais il n’y a pas de compromis possible avec l’économie, c’est-à-dire avec le travail comme forme capitaliste du métabolisme avec la nature, et comme médiation sociale entre les humains. Redistribuer les richesses capitalistes comme le préconisent les économistes de gauche à la sauce néo-keynésienne, ce n'est pas s'opposer à la forme de vie sociale capitaliste. De plus, on ne peut privilégier à côté de l'économique, d'autres dimensions (le don, l'entraide, le care, etc.) qui pourraient exister parallèlement, car la valeur est une forme sociale totale fétichiste qui envahit tout : il faut sortir carrément de l’économie en inventant d’autres formes de médiation sociale entre nous, que celles du travail, de la marchandise, de l’argent, du capital qui branche nos « capacités de travail » sur ses agencements sociaux et ses machines.


D'autres points forts de ce nouveau travail théorique a été de fournir une structure qui permette de comprendre le processus de crise économique qui a commencé dans les années 1970 et dont les considérables effets actuels sont souvent compris comme une simple « crise financière », ou encore un autre apport a été l'élaboration d'une théorie socio-historique de la connaissance et de la subjectivité qui rompt avec l'épistémologisme contemporain, tout en permettant de comprendre autrement l'antisémitisme, le racisme, la politique, l'Etat, le droit, la domination patriarcale, etc. Pour faire plus ample connaissance avec ce nouveau travail théorique rompant avec le marxisme, on pourra aller voir dans la partie " présentation de la wertkritik 

 

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