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Critiques/répliques (auteurs, livres, films)

Jeudi 7 mars 2013 4 07 /03 /Mars /2013 14:53


Dans une vidéo de janvier 2013, évoquant la menace de fermeture du Virgin Megastore des Champs-Elysées à Paris, Alain Soral - militant franco-suisse, national-socialiste, fondateur du mouvement « Egalité et Réconciliation » - prétend connaître les solutions à la crise économique. Sur le ton profesSoral qui le caractérise, Il dit : « La France est entrée gravement en récession et toutes les solutions politiques au service des racketteurs bancaires ne peuvent qu'aggraver la récession. Les solutions économico-sociales pour sortir de la crise, on les a. Hein. C'est arrêter d'être écrasé par le Capital qui, je le rappelle, pour citer Karl Marx, est du “travail mort”, pour effectivement refonctionner [sic !] sur du Capital vertueux [sic !] - le Capital étant toujours une spéculation sur la valeur ajoutée du travail, hein. Voilà. Et là on parlera le mois prochain de gens qui à une certaine […]
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Mardi 7 décembre 2010 2 07 /12 /Déc /2010 00:00


Ci-dessous une note de lecture critique sur le dernier livre de l'anthropologue marxiste Jean-Loup Amselle, Rétrovolutions. Essais sur les primitivismes contemporains, Stock, 2010. Voir le Fichier : Notes_sur_R-trovolutions_de_Jean-Loup_Amselle_def_2.pdf Rétrovolutions. Essais écrits parfois par un fossile du passé. Note critique sur le livre de Jean-Loup Amselle, Rétrovolutions. Essais sur les primitivismes contemporains, Stock, 2010. Je suis assez naïf sur les anthropologues. J’avais vu le papier dans Le Monde des livres sur ce livre et puis ce terme de « primitivisme » m’interpellait tellement il traverse parfois ici et ailleurs nos discussions critiques (pour critiquer par exemple l’anarcho-primitivisme de John Zerzan, Michel Bounan…). Je me lance donc dans ce livre qui se compose de différents textes inédits ou republiés et organisés selon trois parties reflétant trois formes […]
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Mercredi 13 octobre 2010 3 13 /10 /Oct /2010 16:26


Il serait abusif de rapprocher sur tous les points les pensées de Castoriadis et Lefort (qui vient donc de mourir). La question de la démocratie les divise grandement. La formation sociale à viser pour Castoriadis n’est-elle pas la démocratie (et qui n'existe clairement pas actuellement pour Castoriadis), comme « auto-institution de la société ». Même si pour autant, Castoriadis obscurcit terriblement par sa manière de penser la société présente (l'imaginaire créateur étant le fondement de la société pour lui et donc de la possibilité prométhéenne de la révolution [1]), le chemin pour y arriver. Par contre Lefort ne comprend l’agir démocratique non pas comme une forme de vie sociale particulière, mais comme cadre du conflit et de la division sociale (division sociale qui lui semble être le fondement transhistorique de toute société), conflit et division sociale qui sont finalement […]
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Lundi 31 mai 2010 1 31 /05 /Mai /2010 11:03


Le journaliste ellulien, Jean-Luc Porquet vient de faire paraître une édition du programme du Conseil National de la Résistance (C.N.R.) adopté le 15 mars 1944 par les chefs de la Résistance, des gaullistes aux communistes. Son titre - " Les jours heureux " - est symptomatique de cette nostalgie qu'ont les altermondialistes et une partie de la gauche en général pour le capitalisme de l'Etat-Providence des Trente Glorieuses, ce capitalisme qu'Horkheimer avait qualifié de " capitalisme d'organisation " (cf. L'éclipse de la raison) pensant de manière erronée qu'on en avait fini avec le capitalisme et que l'on était sorti de ses contradictions par le haut [1]. Ce ne sont d'ailleurs pas seulement les altermondialistes qui sont nostalgiques aujourd'hui de cet " âge d'or ", cela traverse aussi toute la société française, il suffit de voir combien la figure du Général de Gaulle est […]
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Qu'est-ce que la wertkritik (Critique de la valeur) ?

Avec d'une part le travail magistral de Moishe Postone, et d'autre part les groupes allemands et autrichiens comme Krisis, Exit !, Streifzüge avec des théoriciens comme Robert Kurz, Roswitha Scholz, Norbert Trenkle, Anselm Jappe, Gérard Briche, Ernst Lohoff, et plusieurs autres auteurs, de nouvelles lectures de l'œuvre de la maturité de Marx sont apparues durant les deux dernières décennies. La relecture opérée par Robert Kurz (1943-2012), principal théoricien de la « Critique de valeur » (wertkritik) ou encore appelée théorie critique de la « dissociation-valeur », a cherché avec Marx mais aussi au-delà de Marx, à renouveler les fondements d'une théorie critique radicale de l'économie politique au XXIe siècle.  


A la différence des lectures traditionnelles de Marx avec lesquelles elle rompt, cette nouvelle critique s'est en grande partie faite remarquée pour avoir articulé une approche théorique qui porte une attention particulière au caractère fétichiste de la production de marchandises, à la dimension abstraite de tout travail (le travail abstrait), à la distinction entre valeur et richesse matérielle et à la nature du capital comme « sujet automate » (la formule est de Marx lui-même). Le capitalisme est ici interprété comme une forme historique de fétichisme. Ainsi, à la différence des marxismes traditionnels, les sujets principaux du capitalisme ne sont ni le prolétariat, ni la bourgeoisie, mais plutôt le fétiche-capital lui-même (la valeur qui s'autovalorise) que paradoxalement nous ne cessons de constituer au quotidien au travers de nos rapports sociaux. Un des points centraux de ce nouveau travail théorique a été de développer une critique du capitalisme qui ne s'arrête pas au niveau des antagonismes de classes sociologiques, à la question des rapports de distribution et de propriété privée des moyens de production. La classe capitaliste gère un processus de production de marchandises à son propre profit, mais n'en est pas l'auteur ni le maître. Travailleurs et capitalistes ne sont que les fonctionnaires d'un processus fétichiste qui à la fois les dépasse et ne cesse d'être constitué par eux. La lutte des classes si elle existe bel et bien, en affirmant positivement le travail et le point de vue de la classe prolétaire, n'est en réalité qu'une lutte d'intérêts toujours constitués à l'intérieur des formes de vie et de socialisation capitalistes.


Ainsi à l'inverse de l'anticapitalisme tronqué, la critique de la valeur ose enfin critiquer le système dans sa totalité, et d'abord critiquer pour la première fois son principe de synthèse sociale, le travail en tant que tel, dans ses deux dimensions concrète et abstraite, comme activité socialement médiatisante et historiquement spécifique au seul capitalisme, et non comme simple activité instrumentale, naturelle et transhistorique, comme si le travail était l'essence générique de l'homme qui serait captée extérieurement par le capital. Comme si encore le travail n'était que l'activité transhistorique du métabolisme entre l'homme et la nature. L'économie est une réalité sociale qui émerge et existe comme telle que dans les sociétés capitalistes à partir des XIVe et XVe siècles. C'est le double caractère du travail et non le marché, le rapport social de domination d'une classe sur une autre et la propriété privée des moyens de production, qui constitue le noyau du capitalisme. Dans la société capitaliste seulement, le travail abstrait se représente dans la valeur, la valeur est l'objectivation d'un lien social aliéné, elle est donc historiquement spécifique qu'à la seule formation sociale capitaliste. Dans cette compréhension encore, la valeur n'est pas limitée à la seule « sphère économique », mais impose sa structure à toute la société, elle est une forme sociale de vie et de socialisation, un « fait social total ». La valeur d'échange d'une marchandise n'est que l'expression, la forme visible, de la valeur « invisible ».


Un mouvement d'émancipation du fétichisme de la valeur, ne peut plus critiquer ce monde à partir du point de vue du travail. Il ne s'agit donc plus de libérer le travail du capital, mais de se libérer du travail en tant que tel, non pas en faisant travailler les machines à la place car le mode industriel de production est intrinsèquement capitaliste (la technologie n'est pas neutre), mais en abolissant une activité posée au centre de la vie comme socialement médiatisante. Cependant la critique radicale n'a pas à fournir en pièce jointe, un mode d'emploi pour une organisation alternative de l’emploi de la vie. Elle développe une explication possible du monde présent, des souffrances réelles de nos propres vies et des exigences sociales qui leurs sont imposées, mais elle ne constitue pas un mode d'emploi expliquant comment construire correctement une « société idéale ». La critique de la dissociation-valeur dénaturalise toute forme d'économie, et c'est là déjà une forme de pratique radicale. Le seul critère proposé par la wertkritik, c'est qu'aucun medium fétichiste (comme aujourd'hui le travail) ne s'interpose désormais entre les individus sociaux et entre les individus sociaux et le monde. Et comme cela n'a jamais existé, un monde au-delà des divers fétichismes sociaux reste à inventer. Mais il n’y a pas de compromis possible avec l’économie, c’est-à-dire avec le travail comme forme capitaliste du métabolisme avec la nature, et comme médiation sociale entre les humains. Redistribuer les richesses capitalistes comme le préconisent les économistes de gauche à la sauce néo-keynésienne, ce n'est pas s'opposer à la forme de vie sociale capitaliste. De plus, on ne peut privilégier à côté de l'économique, d'autres dimensions (le don, l'entraide, le care, etc.) qui pourraient exister parallèlement, car la valeur est une forme sociale totale fétichiste qui envahit tout : il faut sortir carrément de l’économie en inventant d’autres formes de médiation sociale entre nous, que celles du travail, de la marchandise, de l’argent, du capital qui branche nos « capacités de travail » sur ses agencements sociaux et ses machines.


D'autres points forts de ce nouveau travail théorique a été de fournir une structure qui permette de comprendre le processus de crise économique qui a commencé dans les années 1970 et dont les considérables effets actuels sont souvent compris comme une simple « crise financière », ou encore un autre apport a été l'élaboration d'une théorie socio-historique de la connaissance et de la subjectivité qui rompt avec l'épistémologisme contemporain, tout en permettant de comprendre autrement l'antisémitisme, le racisme, la politique, l'Etat, le droit, la domination patriarcale, etc. Pour faire plus ample connaissance avec ce nouveau travail théorique rompant avec le marxisme, on pourra aller voir dans la partie " présentation de la wertkritik 

 

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