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Bernard Charbonneau/ Ivan Illich/Jacques Ellul

Vendredi 27 juillet 2007 5 27 /07 /Juil /2007 18:18


Le " mouvement écologiste " mis en question ou raison sociale, par Bernard Charbonneau. Chacun connaît maintenant par cœur car les ayant déjà longuement visité, les différentes chapelles du catéchisme primaire des origines supposées de la décroissance, elle même organisée en une fine propagande bien packagée de produits de révolte à consommer-sur-place, sans temps morts et sans entraves (du style « Mais ma bonne dame, ne savez vous donc pas que 20% des pingouins de la planète consomment 80% de la banquise ? », et autres poncifs moralistes du poujadisme écologiste ambiant, etc.). Certains aubergistes nous ont ainsi mis en demeure de nous agenouiller en des courbettes obligatoires devant les références au plan Mansholt, à la Conférence de Stockholm de 1972, au rapport du club de Rome faussement intitulé « Halte à la croissance ! », au saint-patron René Dumont ou au petit-père de la […]
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Mercredi 25 juillet 2007 3 25 /07 /Juil /2007 23:18


L'Etat, de Bernard Charbonneau, Economica, réédition 1987. Premier livre : de la nature à la Révolution « …l’organisation politique n’a pas toujours été notre univers, que d’immenses espaces lui échappaient : des océans et des monts, des forêts et des villages, des confréries dans les villes et des pirates sur les eaux : inconcevable origine pour cette inconcevable fin d’un monde parfaitement clos dans ses frontières. Et la méditation m’apprend que si l’Etat vient de loin, il n’est pas dans la nature des choses; qu’il n’était pas à l’origine et qu’à chaque instant il fut mis en question. Ce que je décris dans le progrès de l’Etat, c’est le combat et la défaite des hommes […] Première partie : l’origine I. Le despote et la cité Alors il n’y avait point d’Etat mais des rois glorieux et débiles. […] Pas de capital grandissant siècle après siècle d’une volonté de puissance […]
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Dimanche 3 juin 2007 7 03 /06 /Juin /2007 09:15

LTI-68 : le langage libéralo-libertaire de Mai 68, analysé par Jacques Ellul. Dans un article de février 1978 paru dans la revue Autrement (dossier n°12, " 68-78 : dix années sacrilèges ". Article " Je, tu, Ils, nous parlons, parlons soixante-huitard..." ), Jacques Ellul revient longuement sur Mai 68 et la mode écologiste qui s'était répandu comme un véritable " Feu vert " dans les années 70's selon le mot de son ami B. Charbonneau. Je reprends ici en partie seulement, nombreuses citations de ce texte inédit. Un texte a mettre en perspective avec la réflexion de Jean-Claude Michéa dans son texte " A propos de Mai 68 " (L'enseignement de l'ignorance, Climats, 1999, 2006), car Ellul avait déjà décrit là de façon suffisament stimulante, le tournant libéralo-libertaire auquel aura abouti 68. Je ré-utilise les titres de paragraphe d'Ellul pour structurer le propos. En 1978, une décennie […]
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Mardi 22 mai 2007 2 22 /05 /Mai /2007 21:56


Comment, réaction contre l’organisation, le sentiment de la nature ramène à l’organisation. & Par Bernard Charbonneau. Dans l’état actuel de l’homme, il n’y a pas de critères plus sûr de la civilisation industrielle que le « sentiment de la nature » - car il n’est pas encore devenu raison. Les progrès de l’un suivent rigoureusement ceux de l’autre, en même temps que celui-ci ouvre la voie à celle-là. En matière de nature, la seconde société industrielle [la société industrielle des loisirs naturisés] est encore plus exigeante que la première. L’âge du plastique aime la « belle matière », la pierre nue ou les bois mal équarris, et nous les conservons au xylophène. Amateurs d’art brut, nous ornons notre living de souches ou de cailloux qui ne sont plus des objets d’art mais des jeux de la nature. A la pureté, mécanique ou chimique, des produits industriels, nous préférons l’impure […]
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Qu'est-ce que la wertkritik (Critique de la valeur) ?

Avec d'une part le travail magistral de Moishe Postone, et d'autre part les groupes allemands et autrichiens comme Krisis, Exit !, Streifzüge avec des théoriciens comme Robert Kurz, Roswitha Scholz, Norbert Trenkle, Anselm Jappe, Gérard Briche, Ernst Lohoff, et plusieurs autres auteurs, de nouvelles lectures de l'œuvre de la maturité de Marx sont apparues durant les deux dernières décennies. La relecture opérée par Robert Kurz (1943-2012), principal théoricien de la « Critique de valeur » (wertkritik) ou encore appelée théorie critique de la « dissociation-valeur », a cherché avec Marx mais aussi au-delà de Marx, à renouveler les fondements d'une théorie critique radicale de l'économie politique au XXIe siècle.  


A la différence des lectures traditionnelles de Marx avec lesquelles elle rompt, cette nouvelle critique s'est en grande partie faite remarquée pour avoir articulé une approche théorique qui porte une attention particulière au caractère fétichiste de la production de marchandises, à la dimension abstraite de tout travail (le travail abstrait), à la distinction entre valeur et richesse matérielle et à la nature du capital comme « sujet automate » (la formule est de Marx lui-même). Le capitalisme est ici interprété comme une forme historique de fétichisme. Ainsi, à la différence des marxismes traditionnels, les sujets principaux du capitalisme ne sont ni le prolétariat, ni la bourgeoisie, mais plutôt le fétiche-capital lui-même (la valeur qui s'autovalorise) que paradoxalement nous ne cessons de constituer au quotidien au travers de nos rapports sociaux. Un des points centraux de ce nouveau travail théorique a été de développer une critique du capitalisme qui ne s'arrête pas au niveau des antagonismes de classes sociologiques, à la question des rapports de distribution et de propriété privée des moyens de production. La classe capitaliste gère un processus de production de marchandises à son propre profit, mais n'en est pas l'auteur ni le maître. Travailleurs et capitalistes ne sont que les fonctionnaires d'un processus fétichiste qui à la fois les dépasse et ne cesse d'être constitué par eux. La lutte des classes si elle existe bel et bien, en affirmant positivement le travail et le point de vue de la classe prolétaire, n'est en réalité qu'une lutte d'intérêts toujours constitués à l'intérieur des formes de vie et de socialisation capitalistes.


Ainsi à l'inverse de l'anticapitalisme tronqué, la critique de la valeur ose enfin critiquer le système dans sa totalité, et d'abord critiquer pour la première fois son principe de synthèse sociale, le travail en tant que tel, dans ses deux dimensions concrète et abstraite, comme activité socialement médiatisante et historiquement spécifique au seul capitalisme, et non comme simple activité instrumentale, naturelle et transhistorique, comme si le travail était l'essence générique de l'homme qui serait captée extérieurement par le capital. Comme si encore le travail n'était que l'activité transhistorique du métabolisme entre l'homme et la nature. L'économie est une réalité sociale qui émerge et existe comme telle que dans les sociétés capitalistes à partir des XIVe et XVe siècles. C'est le double caractère du travail et non le marché, le rapport social de domination d'une classe sur une autre et la propriété privée des moyens de production, qui constitue le noyau du capitalisme. Dans la société capitaliste seulement, le travail abstrait se représente dans la valeur, la valeur est l'objectivation d'un lien social aliéné, elle est donc historiquement spécifique qu'à la seule formation sociale capitaliste. Dans cette compréhension encore, la valeur n'est pas limitée à la seule « sphère économique », mais impose sa structure à toute la société, elle est une forme sociale de vie et de socialisation, un « fait social total ». La valeur d'échange d'une marchandise n'est que l'expression, la forme visible, de la valeur « invisible ».


Un mouvement d'émancipation du fétichisme de la valeur, ne peut plus critiquer ce monde à partir du point de vue du travail. Il ne s'agit donc plus de libérer le travail du capital, mais de se libérer du travail en tant que tel, non pas en faisant travailler les machines à la place car le mode industriel de production est intrinsèquement capitaliste (la technologie n'est pas neutre), mais en abolissant une activité posée au centre de la vie comme socialement médiatisante. Cependant la critique radicale n'a pas à fournir en pièce jointe, un mode d'emploi pour une organisation alternative de l’emploi de la vie. Elle développe une explication possible du monde présent, des souffrances réelles de nos propres vies et des exigences sociales qui leurs sont imposées, mais elle ne constitue pas un mode d'emploi expliquant comment construire correctement une « société idéale ». La critique de la dissociation-valeur dénaturalise toute forme d'économie, et c'est là déjà une forme de pratique radicale. Le seul critère proposé par la wertkritik, c'est qu'aucun medium fétichiste (comme aujourd'hui le travail) ne s'interpose désormais entre les individus sociaux et entre les individus sociaux et le monde. Et comme cela n'a jamais existé, un monde au-delà des divers fétichismes sociaux reste à inventer. Mais il n’y a pas de compromis possible avec l’économie, c’est-à-dire avec le travail comme forme capitaliste du métabolisme avec la nature, et comme médiation sociale entre les humains. Redistribuer les richesses capitalistes comme le préconisent les économistes de gauche à la sauce néo-keynésienne, ce n'est pas s'opposer à la forme de vie sociale capitaliste. De plus, on ne peut privilégier à côté de l'économique, d'autres dimensions (le don, l'entraide, le care, etc.) qui pourraient exister parallèlement, car la valeur est une forme sociale totale fétichiste qui envahit tout : il faut sortir carrément de l’économie en inventant d’autres formes de médiation sociale entre nous, que celles du travail, de la marchandise, de l’argent, du capital qui branche nos « capacités de travail » sur ses agencements sociaux et ses machines.


D'autres points forts de ce nouveau travail théorique a été de fournir une structure qui permette de comprendre le processus de crise économique qui a commencé dans les années 1970 et dont les considérables effets actuels sont souvent compris comme une simple « crise financière », ou encore un autre apport a été l'élaboration d'une théorie socio-historique de la connaissance et de la subjectivité qui rompt avec l'épistémologisme contemporain, tout en permettant de comprendre autrement l'antisémitisme, le racisme, la politique, l'Etat, le droit, la domination patriarcale, etc. Pour faire plus ample connaissance avec ce nouveau travail théorique rompant avec le marxisme, on pourra aller voir dans la partie " présentation de la wertkritik 

 

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