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Sur Anselm Jappe

Lundi 28 janvier 2013 1 28 /01 /Jan /2013 00:00


Le numéro 12 de la revue « Les Mondes du travail » (novembre 2012), revue de sociologie du travail éditée par l'association du même nom, fait paraître un entretien de 11 pages sur la critique de la valeur avec Anselm Jappe, auteur de « Les aventures de la marchandise. Pour une nouvelle critique de la valeur » (Denoël, 2003), de « Crédit à mort. La décomposition du capitalisme et ses critiques » (Lignes, 2011) et divers ouvrages sur la pensée de Guy Debord et le situationnisme. Il dirige entre autres cette année un séminaire sur la thématique « Les aventures du sujet : société marchande et narcissisme » à l'EHESS jusqu'au mois d'avril. Cette même revue avait précédemment fait un grand entretien avec l'historien américain Moishe Postone, « Repenser la critique du capitalisme à partir de la domination sociale du temps et du travail », lors de la venue de cet auteur aux rencontres […]
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Mardi 29 décembre 2009 2 29 /12 /Déc /2009 19:14


Anselm Jappe a publié un long texte sur la crise intitulé « Crédit à mort » dans le dernier numéro de la revue Lignes (n°30). C'est là nullement un résumé, mais quelques notes éparses. Ce nouveau numéro a pour dossier « La crise comme méthode de gouvernement », thématique aux arrières-pensées unilatéralement conspirationnistes (et personnificatrices) dont se démarque clairement l'auteur en montrant que cette crise dépasse totalement les Etats et est d’un tout autre ressort. Il est impossible de la réduire à une offensive du capitalisme, une quelconque « stratégie du choc », même si aujourd’hui l’accroissement de la dette des Etats pousse plus encore à réduire drastiquement leur voilure (santé, éducation, culture, etc.) par des politiques « néolibérales » - même si bien sûr l'Etat dans la crise se fait plus fort dans son appareil de répression et cherche à instrumentaliser la crise […]
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Mercredi 2 décembre 2009 3 02 /12 /Déc /2009 14:41


Discussion avec Anselm Jappe autour de son livre Les Aventures de la marchandise. Pour une nouvelle critique de la valeur, le samedi 23 novembre 2004 à la Maison des Sciences Economiques ( Paris XIIIème arrondissement) La discussion de 3 heures fait 23 pages, elle est téléchargeable en version complète sur ce lien : Voir le Fichier : Discussion_avec_Anselm_Jappe_novembre_2004.pdf Q : pour une question (en italique) A.J. : Anselm Jappe Q : Nous avons coutume de commencer par des questions sur le parcours de la personne qu’on accueille, dans une optique d’histoire des idées mais aussi pour comprendre d’où la personne parle. Anselme Jappe, pouvez-vous nous raconter votre parcours, vos études, votre rencontre avec ce groupe, Krisis, très peu connu en France ? Nous expliquer ce qu’est ce groupe, comment il s’est constitué, à quelle époque, et comment vous vous situez dans le champ des […]
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Lundi 1 juin 2009 1 01 /06 /Juin /2009 18:30


Jeudi 2 décembre 1993 Cher Monsieur, Je vous remercie pour votre livre reçu hier. Je l’ai lu avec intérêt. J’ai bien apprécié son niveau de pensée, son information, et la sympathie compréhensive qu’il manifeste à mon égard : par là il se détache extraordinairement de tous les autres textes traitant le sujet. Les successeurs de Lebovici ne m’avaient naturellement pas fait suivre, il y a deux ans, votre thèse. Cela me confirme bien l’évidence de mon jugement préalable sur eux. Je vous envoie maintenant mon dernier livre, et la récente réédition des Mémoires : vous y trouverez des précisions ou confirmations sur quelques points que vous avez traités. J’aimerais recevoir à cette adresse votre thèse et un ou deux autres exemplaires du même livre. Bien cordialement, Guy Debord ** Venise, 21 avril 1994 Cher Anselm Jappe, J’ai reçu votre livre en décembre. Je vous ai répondu alors, à […]
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Qu'est-ce que la wertkritik (Critique de la valeur) ?

Avec d'une part le travail magistral de Moishe Postone, et d'autre part les groupes allemands et autrichiens comme Krisis, Exit !, Streifzüge avec des théoriciens comme Robert Kurz, Roswitha Scholz, Norbert Trenkle, Anselm Jappe, Gérard Briche, Ernst Lohoff, et plusieurs autres auteurs, de nouvelles lectures de l'œuvre de la maturité de Marx sont apparues durant les deux dernières décennies. La relecture opérée par Robert Kurz (1943-2012), principal théoricien de la « Critique de valeur » (wertkritik) ou encore appelée théorie critique de la « dissociation-valeur », a cherché avec Marx mais aussi au-delà de Marx, à renouveler les fondements d'une théorie critique radicale de l'économie politique au XXIe siècle.  


A la différence des lectures traditionnelles de Marx avec lesquelles elle rompt, cette nouvelle critique s'est en grande partie faite remarquée pour avoir articulé une approche théorique qui porte une attention particulière au caractère fétichiste de la production de marchandises, à la dimension abstraite de tout travail (le travail abstrait), à la distinction entre valeur et richesse matérielle et à la nature du capital comme « sujet automate » (la formule est de Marx lui-même). Le capitalisme est ici interprété comme une forme historique de fétichisme. Ainsi, à la différence des marxismes traditionnels, les sujets principaux du capitalisme ne sont ni le prolétariat, ni la bourgeoisie, mais plutôt le fétiche-capital lui-même (la valeur qui s'autovalorise) que paradoxalement nous ne cessons de constituer au quotidien au travers de nos rapports sociaux. Un des points centraux de ce nouveau travail théorique a été de développer une critique du capitalisme qui ne s'arrête pas au niveau des antagonismes de classes sociologiques, à la question des rapports de distribution et de propriété privée des moyens de production. La classe capitaliste gère un processus de production de marchandises à son propre profit, mais n'en est pas l'auteur ni le maître. Travailleurs et capitalistes ne sont que les fonctionnaires d'un processus fétichiste qui à la fois les dépasse et ne cesse d'être constitué par eux. La lutte des classes si elle existe bel et bien, en affirmant positivement le travail et le point de vue de la classe prolétaire, n'est en réalité qu'une lutte d'intérêts toujours constitués à l'intérieur des formes de vie et de socialisation capitalistes.


Ainsi à l'inverse de l'anticapitalisme tronqué, la critique de la valeur ose enfin critiquer le système dans sa totalité, et d'abord critiquer pour la première fois son principe de synthèse sociale, le travail en tant que tel, dans ses deux dimensions concrète et abstraite, comme activité socialement médiatisante et historiquement spécifique au seul capitalisme, et non comme simple activité instrumentale, naturelle et transhistorique, comme si le travail était l'essence générique de l'homme qui serait captée extérieurement par le capital. Comme si encore le travail n'était que l'activité transhistorique du métabolisme entre l'homme et la nature. L'économie est une réalité sociale qui émerge et existe comme telle que dans les sociétés capitalistes à partir des XIVe et XVe siècles. C'est le double caractère du travail et non le marché, le rapport social de domination d'une classe sur une autre et la propriété privée des moyens de production, qui constitue le noyau du capitalisme. Dans la société capitaliste seulement, le travail abstrait se représente dans la valeur, la valeur est l'objectivation d'un lien social aliéné, elle est donc historiquement spécifique qu'à la seule formation sociale capitaliste. Dans cette compréhension encore, la valeur n'est pas limitée à la seule « sphère économique », mais impose sa structure à toute la société, elle est une forme sociale de vie et de socialisation, un « fait social total ». La valeur d'échange d'une marchandise n'est que l'expression, la forme visible, de la valeur « invisible ».


Un mouvement d'émancipation du fétichisme de la valeur, ne peut plus critiquer ce monde à partir du point de vue du travail. Il ne s'agit donc plus de libérer le travail du capital, mais de se libérer du travail en tant que tel, non pas en faisant travailler les machines à la place car le mode industriel de production est intrinsèquement capitaliste (la technologie n'est pas neutre), mais en abolissant une activité posée au centre de la vie comme socialement médiatisante. Cependant la critique radicale n'a pas à fournir en pièce jointe, un mode d'emploi pour une organisation alternative de l’emploi de la vie. Elle développe une explication possible du monde présent, des souffrances réelles de nos propres vies et des exigences sociales qui leurs sont imposées, mais elle ne constitue pas un mode d'emploi expliquant comment construire correctement une « société idéale ». La critique de la dissociation-valeur dénaturalise toute forme d'économie, et c'est là déjà une forme de pratique radicale. Le seul critère proposé par la wertkritik, c'est qu'aucun medium fétichiste (comme aujourd'hui le travail) ne s'interpose désormais entre les individus sociaux et entre les individus sociaux et le monde. Et comme cela n'a jamais existé, un monde au-delà des divers fétichismes sociaux reste à inventer. Mais il n’y a pas de compromis possible avec l’économie, c’est-à-dire avec le travail comme forme capitaliste du métabolisme avec la nature, et comme médiation sociale entre les humains. Redistribuer les richesses capitalistes comme le préconisent les économistes de gauche à la sauce néo-keynésienne, ce n'est pas s'opposer à la forme de vie sociale capitaliste. De plus, on ne peut privilégier à côté de l'économique, d'autres dimensions (le don, l'entraide, le care, etc.) qui pourraient exister parallèlement, car la valeur est une forme sociale totale fétichiste qui envahit tout : il faut sortir carrément de l’économie en inventant d’autres formes de médiation sociale entre nous, que celles du travail, de la marchandise, de l’argent, du capital qui branche nos « capacités de travail » sur ses agencements sociaux et ses machines.


D'autres points forts de ce nouveau travail théorique a été de fournir une structure qui permette de comprendre le processus de crise économique qui a commencé dans les années 1970 et dont les considérables effets actuels sont souvent compris comme une simple « crise financière », ou encore un autre apport a été l'élaboration d'une théorie socio-historique de la connaissance et de la subjectivité qui rompt avec l'épistémologisme contemporain, tout en permettant de comprendre autrement l'antisémitisme, le racisme, la politique, l'Etat, le droit, la domination patriarcale, etc. Pour faire plus ample connaissance avec ce nouveau travail théorique rompant avec le marxisme, on pourra aller voir dans la partie " présentation de la wertkritik 

 

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