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Sur Moishe Postone

Samedi 24 novembre 2012 6 24 /11 /Nov /2012 13:05


Ci-dessous un article de Moishe Postone assez fondamental pour comprendre de nombreux aspects de la nouvelle lecture du Marx de la maturité au sein de la mouvance de la Critique de la valeur. Cet article, traduit par Julien Bordier, est paru dans la revue francophone « Variations. Revue internationale de théorie critique » (octobre 2012) dans son numéro 17 sur la Critique du travail. L'interprétation traditionnelle du capitalisme portée par les marxismes traditionnels est ici abandonnée parce que le capitalisme y est toujours interprété du point de vue du travail, parce qu'également de manière scandaleuse (« spécieuse » dira Postone), la théorie de Marx est assimilée à une continuation, à un peaufinage et un approfondissement de la théorie bourgeoise de David Ricardo, déjà formulée en partie par John Locke, sur la « valeur-travail », alors qu'elle rompt totalement avec elle, […]
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Lundi 19 décembre 2011 1 19 /12 /Déc /2011 00:00


Grand entretien Repenser la critique du capitalisme à partir de la domination sociale du temps et du travail Entretien avec Moishe Postone réalisé par Stephen Bouquin[1] Voir le Fichier : Grand_entretien_avec_Moishe_Postone_Repenser_la_critique_du_capitalisme_2.pdf Moishe Postone (né en 1942 au Canada) est professeur d’histoire à l’Université de Chicago. Il vécut à Francfort-sur-le-Main de 1976 à 1982 où il obtint un doctorat en 1983 à l’Université Johann Wolfgang Goethe. Philosophe et historien de la pensée allemande, il est spécialiste de l’histoire des idées en Europe et un des fondateurs de la « nouvelle critique de la valeur » qui est élaborée depuis 1986/87 par plusieurs penseurs (Robert Kurz en Allemagne autour de la revue Krisis, Jean-Marie Vincent et Moishe Postone aux Etats-Unis). Moishe Postone publia Time, Labor and Social Domination en 1993 (publié en français en 2009). […]
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Vendredi 18 mars 2011 5 18 /03 /Mars /2011 09:44


En novembre 2009 suite à une conférence de l'historien et théoricien américain Moishe Postone (voir ici), le sociologue Stephen Bouquin (qui se réclame aussi de la pensée du philosophe Jean-Marie Vincent), directeur de la revue « Les Mondes du travail », lui posait de nombreuses questions au sujet de sa théorisation de la critique de la valeur. En 2009, son ouvrage « Temps, travail et domination sociale » venait juste d'être traduit. Cet entretien intitulé « Repenser la critique du capitalisme à partir de la domination sociale du temps et du travail », est désormais traduit et publié dans le nouveau numéro de cette revue (n°9/10, printemps-été 2011). L'entretien est organisé en deux temps : Postone y résume les points centraux d'une critique renouvelée de la société capitaliste-marchande (la nécessité de reconceptualiser le travail, le capital, le temps) et aborde son rapport […]
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Jeudi 30 septembre 2010 4 30 /09 /Sep /2010 09:23


Ce texte était paru début septembre sous une précédente traduction trop peu précise, puis retiré. La traduction présente a été relue par Gérard Briche. Les notes de bas de page restent de ma main. Ci dessous en fichier PDF un texte de Michel Prigent lu au Salon du livre anarchiste le 25 octobre 2009 qui s’est tenu à Westfield College à mile end road à Londres. L’allocution a été faite dans le cadre de l’atelier sur la crise de l’économie, l’effondrement du crédit et le changement climatique. Les allocutions ont eu lieu dans le département de physique du collège. Ce texte est paru initialement sur le site du groupe anglais Principia Dialectica. Dans son court texte pas assez développé semble-t-il (mais oralité oblige), Prigent pourrait peut-être laisser l'impression que Debord ne nous a finalement rien appris. La limite du texte de Prigent il me semble, c'est qu'il ne montre pas, […]
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Jeudi 22 juillet 2010 4 22 /07 /Juil /2010 21:43


...vérifiez surtout d'avoir bien un exemplaire de «Temps, travail et domination sociale » sur vous. (Merci à Deep Critical Theorist et Globetrotter Extraordinaire pour leur photo de vacances) VOUS QUI PENSEZ QUE L’AFFREUSE THEORIE CRITIQUE EST MORTE - ET QUI CHANTEZ PRESOMPTUEUSEMENT SA DISPARITION VOUS QUI VOYEZ SOMBRER LA BELLE THEORIE CRITIQUE DU PASSE - ET QUI ASSISTEZ, IMPUISSANTS, A SON NAUFRAGE IL EST PLUS QUE TEMPS DE REJOINDRE LE PRESENT CAR UNE NOUVELLE EPOQUE S’EST OUVERTE, ET ELLE SE FAIT SANS VOUS. DEJA DANS VOS LIBRAIRIES, “TEMPS, TRAVAIL ET DOMINATION SOCIALE” PAR MOISHE POSTONE (EDITIONS MILLE ET UNE NUITS, PARIS, JANVIER 2009). DESASTRE ECOLOGIQUE MONDIAL, CRISES ECONOMIQUES A REPETITION, ABSURDITE DU TRAVAIL ET CHOMAGE DE MASSE, MOISHE POSTONE EXPLIQUE TOUS CES PHENOMENES EN LES RAMENANT DANS LEUR VRAI CADRE : LE CAPITALISME, UN SYSTEME FONDE SUR LE TRAVAIL ET LA […]
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Dimanche 13 décembre 2009 7 13 /12 /Déc /2009 08:26


L'historien et théoricien américain Moishe Postone a donné une conférence à Lille le 25 novembre 2009 pour la 13ème semaine de Cité-Philo dont la thématique cette année était le temps. Un échange avec la salle a ensuite eu lieu, avec pour discutant Anselm Jappe, la modération de Gérard Briche, et pour interprète Ibelle Azodi. Un bref compte-rendu par un participant, est disponible sur le Blog de la critique de la valeur. L'exposé de Postone a pour titre " History and the Critique of Capitalism ", il est disponible pour l'instant en anglais, tandis que la vidéo de la conférence (traduite grâce à l'interprète, même si la traduction semble n'avoir pas été toujours d'une grande qualité) sera bientôt disponible sur le site de Cité-Philo. Présentation : " Le passage à la modernité capitaliste a entrainé en particulier l’instauration d’un rapport au temps complètement nouveau. Au temps […]
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Samedi 12 décembre 2009 6 12 /12 /Déc /2009 19:09


Théorie critique et réflexivité historique MOISHE POSTONE Les transformations profondes des dernières décennies ont fait apparaître la nécessité prolongée d’une théorie critique du capitalisme et les faiblesses théoriques d’une bonne partie de ce que l’on a rangé sous l’étiquette de postmarxisme. L’expérience historique et la trajectoire du XXe siècle semblent toutefois également avoir permis de vérifier que, pour qu’une telle théorie soit adaptée au monde moderne, elle doit se distinguer des critiques marxistes traditionnelles du capitalisme, et ce, sur une série de points importants. Une relecture de Marx centrée sur une pensée de la réflexivité théorique et de la spécificité historique pourrait, me semble-t-il, contribuer à la constitution d’une telle théorie. Une telle démarche occupe une place centrale dans le projet critique de Marx et elle distingue fondamentalement ce projet […]
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Jeudi 22 octobre 2009 4 22 /10 /Oct /2009 09:39


Auteur de " Temps, travail et domination sociale. Une réinterprétation de la théorie critique de Marx " (traduit en français chez Mille et une Nuits, au printemps 2009) Le mercredi 25 novembre 2009 De 20h à 22h Palais des Beaux-Arts - grand auditorium - Place de la République – Lille En présence de l’auteur. Moishe Postone, Professeur à l’Université de Chicago (USA) A notamment publié : Face à la mondialisation, Marx est-il devenu muet ? (L’Aube) Discutant : Anselm Jappe, Écrivain, philosophe A notamment publié : Les aventures de la marchandise (Denoël) Interprète : Ibelle Azodi Modérateur : Gérard Briche, Professeur de philosophie à l’ERSEP de Tourcoing Le passage à la modernité capitaliste a entrainé en particulier l’instauration d’un rapport au temps complètement nouveau. Au temps naturel a succédé ce que Moishe Postone nomme le « temps abstrait », en référence au concept marxien […]
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Mardi 28 juillet 2009 2 28 /07 /Juil /2009 19:21


Publié dans Yarim, Istanbul, février 2005. Voir le Fichier : InterviewdeMoishePostonePubliedansYarim.pdf Journaliste : 1. Vous reformulez les catégories de base de la critique faites par Marx de l'économie politique. Selon vous : où le Marxisme se révèle-t-il insuffisant de nos jours, quand il cherche à expliquer la société capitaliste ? 2. Le " travail ” semble être la catégorie de base qui constitue la vie capitaliste, comme vous le prétendez. Peut-on formuler aujourd'hui une critique intelligente du capitalisme sans critiquer le travail ? Moishe Postone : Ma reformulation des catégories centrales de la critique chez Marx de l’économie politique, est influencée en partie par les importantes transformations historiques globales depuis 1973. Rétrospectivement, à partir de ce bon point de vue qu’est le début du 21ème siècle, nous pouvons voir plus clairement que le capitalisme a […]
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Mercredi 15 juillet 2009 3 15 /07 /Juil /2009 10:16


Voir le Fichier : MoishePostone_surlecaracterehistoriquementspecifiquedelacritiquedeMarx.pdf Pour Postone, il faut bien voir que si Marx commence par les deux caractères de la marchandise (valeur d’usage et valeur d’échange), « il relie ces deux dimensions de la marchandise au double caractère du travail [producteur de marchandise] qu’elle incorpore » : valeur d’usage et « objectivation du travail humain abstrait » (valeur). Mais avant d’étudier ce double caractère de la marchandise dans les parties suivantes, Postone tient à souligner la spécificité historique et la difficulté du mode d’exposition de cette étude. C’est de cela dont il s’agit ici. « L’analyse de la marchandise ne porte pas sur un produit auquel il arrive d’être échangé, sans tenir compte de la société dans laquelle cela se produit ; elle ne porte pas sur la marchandise coupée de son contexte social ou telle qu’elle […]
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Lundi 11 mai 2009 1 11 /05 /Mai /2009 14:35


Voir le Fichier : TravailabstraitetalienationchezMoishePostone.pdf Un résumé des pages 236-247 de Temps, travail et domination sociale, de Moishe Postone. Dans ce monde là, nous sommes contraints et forcés de produire et d’échanger des marchandises pour survivre : « cette structure [la sphère objective des rapports sociaux capitalistes constitués par le position du travail dans une fonction socialement médiatisante] est telle que ce sont nos propres besoins, plutôt que la menace de la force ou d’autres sanctions sociales, qui apparaissent comme la source d’une telle nécessité » (p. 240). Partout, dans le capitalisme, les relations sociales sont constituées par une fonction historiquement spécifique du travail. C'est là, l'essence sociale de la formation sociale capitaliste, son coeur social, le rapport social capitaliste de base. Mais cette domination par la fonction de la médiation […]
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Qu'est-ce que la wertkritik (Critique de la valeur) ?

Avec d'une part le travail magistral de Moishe Postone, et d'autre part les groupes allemands et autrichiens comme Krisis, Exit !, Streifzüge avec des théoriciens comme Robert Kurz, Roswitha Scholz, Norbert Trenkle, Anselm Jappe, Gérard Briche, Ernst Lohoff, et plusieurs autres auteurs, de nouvelles lectures de l'œuvre de la maturité de Marx sont apparues durant les deux dernières décennies. La relecture opérée par Robert Kurz (1943-2012), principal théoricien de la « Critique de valeur » (wertkritik) ou encore appelée théorie critique de la « dissociation-valeur », a cherché avec Marx mais aussi au-delà de Marx, à renouveler les fondements d'une théorie critique radicale de l'économie politique au XXIe siècle.  


A la différence des lectures traditionnelles de Marx avec lesquelles elle rompt, cette nouvelle critique s'est en grande partie faite remarquée pour avoir articulé une approche théorique qui porte une attention particulière au caractère fétichiste de la production de marchandises, à la dimension abstraite de tout travail (le travail abstrait), à la distinction entre valeur et richesse matérielle et à la nature du capital comme « sujet automate » (la formule est de Marx lui-même). Le capitalisme est ici interprété comme une forme historique de fétichisme. Ainsi, à la différence des marxismes traditionnels, les sujets principaux du capitalisme ne sont ni le prolétariat, ni la bourgeoisie, mais plutôt le fétiche-capital lui-même (la valeur qui s'autovalorise) que paradoxalement nous ne cessons de constituer au quotidien au travers de nos rapports sociaux. Un des points centraux de ce nouveau travail théorique a été de développer une critique du capitalisme qui ne s'arrête pas au niveau des antagonismes de classes sociologiques, à la question des rapports de distribution et de propriété privée des moyens de production. La classe capitaliste gère un processus de production de marchandises à son propre profit, mais n'en est pas l'auteur ni le maître. Travailleurs et capitalistes ne sont que les fonctionnaires d'un processus fétichiste qui à la fois les dépasse et ne cesse d'être constitué par eux. La lutte des classes si elle existe bel et bien, en affirmant positivement le travail et le point de vue de la classe prolétaire, n'est en réalité qu'une lutte d'intérêts toujours constitués à l'intérieur des formes de vie et de socialisation capitalistes.


Ainsi à l'inverse de l'anticapitalisme tronqué, la critique de la valeur ose enfin critiquer le système dans sa totalité, et d'abord critiquer pour la première fois son principe de synthèse sociale, le travail en tant que tel, dans ses deux dimensions concrète et abstraite, comme activité socialement médiatisante et historiquement spécifique au seul capitalisme, et non comme simple activité instrumentale, naturelle et transhistorique, comme si le travail était l'essence générique de l'homme qui serait captée extérieurement par le capital. Comme si encore le travail n'était que l'activité transhistorique du métabolisme entre l'homme et la nature. L'économie est une réalité sociale qui émerge et existe comme telle que dans les sociétés capitalistes à partir des XIVe et XVe siècles. C'est le double caractère du travail et non le marché, le rapport social de domination d'une classe sur une autre et la propriété privée des moyens de production, qui constitue le noyau du capitalisme. Dans la société capitaliste seulement, le travail abstrait se représente dans la valeur, la valeur est l'objectivation d'un lien social aliéné, elle est donc historiquement spécifique qu'à la seule formation sociale capitaliste. Dans cette compréhension encore, la valeur n'est pas limitée à la seule « sphère économique », mais impose sa structure à toute la société, elle est une forme sociale de vie et de socialisation, un « fait social total ». La valeur d'échange d'une marchandise n'est que l'expression, la forme visible, de la valeur « invisible ».


Un mouvement d'émancipation du fétichisme de la valeur, ne peut plus critiquer ce monde à partir du point de vue du travail. Il ne s'agit donc plus de libérer le travail du capital, mais de se libérer du travail en tant que tel, non pas en faisant travailler les machines à la place car le mode industriel de production est intrinsèquement capitaliste (la technologie n'est pas neutre), mais en abolissant une activité posée au centre de la vie comme socialement médiatisante. Cependant la critique radicale n'a pas à fournir en pièce jointe, un mode d'emploi pour une organisation alternative de l’emploi de la vie. Elle développe une explication possible du monde présent, des souffrances réelles de nos propres vies et des exigences sociales qui leurs sont imposées, mais elle ne constitue pas un mode d'emploi expliquant comment construire correctement une « société idéale ». La critique de la dissociation-valeur dénaturalise toute forme d'économie, et c'est là déjà une forme de pratique radicale. Le seul critère proposé par la wertkritik, c'est qu'aucun medium fétichiste (comme aujourd'hui le travail) ne s'interpose désormais entre les individus sociaux et entre les individus sociaux et le monde. Et comme cela n'a jamais existé, un monde au-delà des divers fétichismes sociaux reste à inventer. Mais il n’y a pas de compromis possible avec l’économie, c’est-à-dire avec le travail comme forme capitaliste du métabolisme avec la nature, et comme médiation sociale entre les humains. Redistribuer les richesses capitalistes comme le préconisent les économistes de gauche à la sauce néo-keynésienne, ce n'est pas s'opposer à la forme de vie sociale capitaliste. De plus, on ne peut privilégier à côté de l'économique, d'autres dimensions (le don, l'entraide, le care, etc.) qui pourraient exister parallèlement, car la valeur est une forme sociale totale fétichiste qui envahit tout : il faut sortir carrément de l’économie en inventant d’autres formes de médiation sociale entre nous, que celles du travail, de la marchandise, de l’argent, du capital qui branche nos « capacités de travail » sur ses agencements sociaux et ses machines.


D'autres points forts de ce nouveau travail théorique a été de fournir une structure qui permette de comprendre le processus de crise économique qui a commencé dans les années 1970 et dont les considérables effets actuels sont souvent compris comme une simple « crise financière », ou encore un autre apport a été l'élaboration d'une théorie socio-historique de la connaissance et de la subjectivité qui rompt avec l'épistémologisme contemporain, tout en permettant de comprendre autrement l'antisémitisme, le racisme, la politique, l'Etat, le droit, la domination patriarcale, etc. Pour faire plus ample connaissance avec ce nouveau travail théorique rompant avec le marxisme, on pourra aller voir dans la partie " présentation de la wertkritik 

 

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