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Jeudi 29 septembre 2011 4 29 /09 /Sep /2011 10:58

  

1252605686 rats-6En Allemagne, Die Linke a mis en débat son projet de programme de gouvernement, dont l’adoption officielle est prévue à l’automne 2011, en vue des élections législatives de 2013. Dans cet article paru dans " Neues Deutschland " le 9 août 2010, Michael Heinrich aborde la question des rapports entre capitalisme et Etat et se demande si le « changement » annoncé par Die Linke est davantage qu’un slogan creux. Au fil des notes de bas de page, nous nous pencherons en parallèle sur les programmes affichés, dans la perspective de 2012, par les  principales formations françaises se revendiquant de l’anticapitalisme, que  ce soit explicitement (Nouveau parti anticapitaliste Parti ouvrier indépendant, Lutte ouvrière) ou du bout des lèvres (Front de gauche)

 

 

Sinziana

 

PS  : Michael Heinrich n'est en rien un auteur de la critique de la valeur et se rattache davantage au post-marxisme qui comme la pensée postmoderne simple expression de l'économie des bulles financières depuis les années 1980, ne retient plus le concept de valeur et encore moins l'idée d'une limite interne absolue à la logique capitaliste. Il est ainsi évident que pour ces différentes raisons, Heinrich est au-dessous de toute critique.

 

Palim Psao 

 

 

logo-pdf.pngVoir le Fichier : Michael-Heinrich-Capitalisme-vs-Etat-20101.pdf

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

D'autres textes sur ce site qui interprétent à partir de la critique de la valeur cette fois, à la fois les fondements de la crise de la civilisation capitaliste et le populisme anticapitaliste de gauche comme de droite qui sert aujourd'hui de critique mutilée :

 

- Crédit à mort (Anselm Jappe).

- Tous contre la finance ? (Anselm Jappe)

- Séisme sur le marché mondial. Des causes sous-jacentes de la crise financière (Norbert Trenkle)

- C'est la faute à qui ? (Anselm Jappe)

- Le capital face à sa dynamique historique (Robert Kurz) 

- Crash Course. Pourquoi l'effondrement de la bulle financière n'est pas la faute de " banquiers cupides " et pourquoi il ne peut y avoir un retour à un capitalisme social d'assistance (par le groupe Krisis, 2008).

- La " crise financière " est une crise du mode de production capitaliste (résumé des thèses de Norbert Trenkle du groupe Krisis)

- Crise financière : mode d'emploi (par Denis Baba)

- Pourquoi la crise s'aggrave : la croissance ne crée pas de la richesse mais de la pauvreté (par Gérard Briche)

- Le dernier stade du capitalisme d'Etat (par Robert Kurz, 2008)

- Le " retour de l'Etat " comme administrateur de la crise (par Norbert Trenkle 2009)

- Le spéculateur déchaîné. Taxe Tobin et nationalisme keynésien, une mixture indigeste. Pour l'abolition du salariat (par Ernst Lohoff du groupe Krisis)

- Le vilain spéculateur (par Robert Kurz, 2003)

 

D'autres textes sur ce site sur la critique des médiations politiques et de la sphère politique constituée corrélativement aux rapports sociaux marchands et capitalistes :

 

- La fin de la politique et la lutte antipolitique contre le travail. (Manifeste contre le travail)

- Critique de la nation, de l'Etat, du droit, de la politique et de la démocratie, par Robert Kurz

- La politique n'est pas la solution, par Anselm Jappe.

- Politique sans politique, par Anselm Jappe

- Pour en finir avec le concept de peuple, par Paul Braun.  

Publié dans : Critique de l'anticapitalisme tronqué de la gauche
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Qu'est-ce que la wertkritik (Critique de la valeur) ?

Avec d'une part le travail magistral de Moishe Postone, et d'autre part les groupes allemands et autrichiens comme Krisis, Exit !, Streifzüge avec des théoriciens comme Robert Kurz, Roswitha Scholz, Norbert Trenkle, Anselm Jappe, Gérard Briche, Ernst Lohoff, et plusieurs autres auteurs, de nouvelles lectures de l'œuvre de la maturité de Marx sont apparues durant les deux dernières décennies. La relecture opérée par Robert Kurz (1943-2012), principal théoricien de la « Critique de valeur » (wertkritik) ou encore appelée théorie critique de la « dissociation-valeur », a cherché avec Marx mais aussi au-delà de Marx, à renouveler les fondements d'une théorie critique radicale de l'économie politique au XXIe siècle.  


A la différence des lectures traditionnelles de Marx avec lesquelles elle rompt, cette nouvelle critique s'est en grande partie faite remarquée pour avoir articulé une approche théorique qui porte une attention particulière au caractère fétichiste de la production de marchandises, à la dimension abstraite de tout travail (le travail abstrait), à la distinction entre valeur et richesse matérielle et à la nature du capital comme « sujet automate » (la formule est de Marx lui-même). Le capitalisme est ici interprété comme une forme historique de fétichisme. Ainsi, à la différence des marxismes traditionnels, les sujets principaux du capitalisme ne sont ni le prolétariat, ni la bourgeoisie, mais plutôt le fétiche-capital lui-même (la valeur qui s'autovalorise) que paradoxalement nous ne cessons de constituer au quotidien au travers de nos rapports sociaux. Un des points centraux de ce nouveau travail théorique a été de développer une critique du capitalisme qui ne s'arrête pas au niveau des antagonismes de classes sociologiques, à la question des rapports de distribution et de propriété privée des moyens de production. La classe capitaliste gère un processus de production de marchandises à son propre profit, mais n'en est pas l'auteur ni le maître. Travailleurs et capitalistes ne sont que les fonctionnaires d'un processus fétichiste qui à la fois les dépasse et ne cesse d'être constitué par eux. La lutte des classes si elle existe bel et bien, en affirmant positivement le travail et le point de vue de la classe prolétaire, n'est en réalité qu'une lutte d'intérêts toujours constitués à l'intérieur des formes de vie et de socialisation capitalistes.


Ainsi à l'inverse de l'anticapitalisme tronqué, la critique de la valeur ose enfin critiquer le système dans sa totalité, et d'abord critiquer pour la première fois son principe de synthèse sociale, le travail en tant que tel, dans ses deux dimensions concrète et abstraite, comme activité socialement médiatisante et historiquement spécifique au seul capitalisme, et non comme simple activité instrumentale, naturelle et transhistorique, comme si le travail était l'essence générique de l'homme qui serait captée extérieurement par le capital. Comme si encore le travail n'était que l'activité transhistorique du métabolisme entre l'homme et la nature. L'économie est une réalité sociale qui émerge et existe comme telle que dans les sociétés capitalistes à partir des XIVe et XVe siècles. C'est le double caractère du travail et non le marché, le rapport social de domination d'une classe sur une autre et la propriété privée des moyens de production, qui constitue le noyau du capitalisme. Dans la société capitaliste seulement, le travail abstrait se représente dans la valeur, la valeur est l'objectivation d'un lien social aliéné, elle est donc historiquement spécifique qu'à la seule formation sociale capitaliste. Dans cette compréhension encore, la valeur n'est pas limitée à la seule « sphère économique », mais impose sa structure à toute la société, elle est une forme sociale de vie et de socialisation, un « fait social total ». La valeur d'échange d'une marchandise n'est que l'expression, la forme visible, de la valeur « invisible ».


Un mouvement d'émancipation du fétichisme de la valeur, ne peut plus critiquer ce monde à partir du point de vue du travail. Il ne s'agit donc plus de libérer le travail du capital, mais de se libérer du travail en tant que tel, non pas en faisant travailler les machines à la place car le mode industriel de production est intrinsèquement capitaliste (la technologie n'est pas neutre), mais en abolissant une activité posée au centre de la vie comme socialement médiatisante. Cependant la critique radicale n'a pas à fournir en pièce jointe, un mode d'emploi pour une organisation alternative de l’emploi de la vie. Elle développe une explication possible du monde présent, des souffrances réelles de nos propres vies et des exigences sociales qui leurs sont imposées, mais elle ne constitue pas un mode d'emploi expliquant comment construire correctement une « société idéale ». La critique de la dissociation-valeur dénaturalise toute forme d'économie, et c'est là déjà une forme de pratique radicale. Le seul critère proposé par la wertkritik, c'est qu'aucun medium fétichiste (comme aujourd'hui le travail) ne s'interpose désormais entre les individus sociaux et entre les individus sociaux et le monde. Et comme cela n'a jamais existé, un monde au-delà des divers fétichismes sociaux reste à inventer. Mais il n’y a pas de compromis possible avec l’économie, c’est-à-dire avec le travail comme forme capitaliste du métabolisme avec la nature, et comme médiation sociale entre les humains. Redistribuer les richesses capitalistes comme le préconisent les économistes de gauche à la sauce néo-keynésienne, ce n'est pas s'opposer à la forme de vie sociale capitaliste. De plus, on ne peut privilégier à côté de l'économique, d'autres dimensions (le don, l'entraide, le care, etc.) qui pourraient exister parallèlement, car la valeur est une forme sociale totale fétichiste qui envahit tout : il faut sortir carrément de l’économie en inventant d’autres formes de médiation sociale entre nous, que celles du travail, de la marchandise, de l’argent, du capital qui branche nos « capacités de travail » sur ses agencements sociaux et ses machines.


D'autres points forts de ce nouveau travail théorique a été de fournir une structure qui permette de comprendre le processus de crise économique qui a commencé dans les années 1970 et dont les considérables effets actuels sont souvent compris comme une simple « crise financière », ou encore un autre apport a été l'élaboration d'une théorie socio-historique de la connaissance et de la subjectivité qui rompt avec l'épistémologisme contemporain, tout en permettant de comprendre autrement l'antisémitisme, le racisme, la politique, l'Etat, le droit, la domination patriarcale, etc. Pour faire plus ample connaissance avec ce nouveau travail théorique rompant avec le marxisme, on pourra aller voir dans la partie " présentation de la wertkritik 

 

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