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Qu'est-ce que la Wertkritik ?

Avec d'une part le travail magistral de Moishe Postone et  d'autre part les groupes allemands et autrichiens comme Krisis, Exit, Streifzüge ou le groupe 180 ° avec des théoriciens comme Roswitha Scholz, Norbert Trenkle, Robert Kurz, Anselm Jappe, Gérard Briche, Ernst Lohoff, et plusieurs autres auteurs, «  une réinterprétation de la théorie critique de Marx » comme l'a appelée Postone, est apparue durant les deux dernières décennies. A la différence des lectures traditionnelles de Marx avec lesquelles elle rompt, cette approche parfois étiquetée comme mouvance de la « critique de valeur » (wertkritik), a des intérêts principaux divers :  cette nouvelle critique s'est en grande partie fait remarquer pour avoir articulé une approche théorique qui porte une attention particulière au caractère fétichiste de la production de marchandises, à la dimension abstraite (travail abstrait) de tout travail, à la distinction entre valeur et richesse matérielle et à la nature du capital comme  « sujet automate ». Ainsi, à la différence des marxismes traditionnels les sujets principaux du capitalisme ne sont ni le prolétariat, ni la bourgeoisie, mais plutôt le capital lui-même (la valeur qui s'autovalorise). La valeur n'est pas limitée à la seule " sphère économique ", mais impose sa structure à toute la société, la valeur est une forme sociale de vie et de socialisation, un " fait social total ".

Un des points centraux de ce nouveau travail théorique est de développer une critique du capitalisme qui ne s'arrête pas au niveau des antagonismes de classes sociologiques, à la question des rapports de distribution et de propriété privée des moyens de production. La classe capitaliste gère un processus de production de marchandises à son propre profit, mais n'en est pas l'auteur ni le maître. Travailleurs et capitalistes ne sont que les comparses d'un processus qui les dépasse, la lutte des classes si elle existe bien, n'est en réalité qu'une lutte d'intérêts à l'intérieur des formes de vie et de socialisation capitalistes. Ainsi à l'inverse de l'anticapitalisme tronqué, la critique de la valeur ose enfin critiquer le système dans sa totalité, et d'abord critiquer pour la première fois son principe de synthèse sociale, le travail en tant que tel, dans ses deux dimensions concrète et abstraite, comme activité socialement médiatisante et historiquement spécifique au seul capitalisme, et non comme simple activité instrumentale, naturelle et transhistorique, comme si le travail était l'essence générique de l'homme qui serait captée extérieurement par le capital. C'est le double caractère de cette forme de vie sociale et sphère séparée de la vie qu'est le travail et non le marché et la propriété privée des moyens de production, qui constitue le noyau du capitalisme. Dans la société capitaliste seulement, le travail abstrait se représente dans la valeur, la valeur est l'objectivation d'un lien social aliéné. La valeur d'échange d'une marchandise n'est que l'expression, la forme visible, de la valeur " invisible ". 

Un mouvement d'émancipation du fétichisme de la valeur, ne peut plus critiquer ce monde à partir du point de vue du travail. Il ne s'agit donc plus de libérer le travail du capital, mais de se libérer du travail en tant que tel, non pas en faisant travailler les machines à la place car le mode industriel de production est intrinsèquement capitaliste (la technologie n'est pas neutre), mais en abolissant une activité posée au centre de la vie comme socialement médiatisante. Cependant la critique n'a pas à fournir en pièce jointe, un mode d'emploi pour une organisation alternative de l’emploi de la vie. Elle développe une explication possible du monde présent, des souffrances réelles de nos propres vies et des exigences sociales qui leurs sont imposées, mais ce n'est pas un mode d'emploi expliquant comment construire correctement une " société idéale ". Le seul critère proposé par la wertkritik c'est qu'aucun medium fétichiste (comme aujourd'hui le travail) ne s'interpose désormais entre les individus sociaux et entre les individus sociaux et le monde. Et comme cela n'a jamais existé, cela reste à inventer. Mais il n’y a pas de compromis possible avec l’économie, c’est-à-dire avec le travail comme forme capitaliste du métabolisme avec la nature, et comme médiation sociale entre les humains. On ne peut privilégier à côté de l'économique, d'autres dimensions (le don, l'entraide, le care, etc.) qui pourraient exister parallèlement, car la valeur est une forme sociale totale fétichiste qui envahit tout : il faut sortir carrément de l’économie en inventant d’autres formes de médiation sociale entre nous, que celles du travail, de la marchandise, de l’argent, du capital qui branche nos « capacités de travail » sur ses agencements sociaux et ses machines. D'autres points forts de ce nouveau travail théorique a été de fournir une structure qui permette de comprendre le processus de crise économique qui a commencé dans les années 1970 et dont les considérables effets actuels sont souvent compris comme une simple «  crise financière », ou encore un autre apport a été l'élaboration d'une théorie socio-historique de la connaissance et de la subjectivité qui rompt avec l'épistémologisme contemporain, tout en permettant de comprendre autrement l'antisémitisme, le racisme, la politique, l'Etat, le droit, la domination patriarcale, etc. Pour faire plus ample connaissance avec ce nouveau travail théorique rompant avec le marxisme, on pourra aller voir dans la partie " présentation de la wertkritik ".

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Autonomie

Mathieu léonard

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ouvriers contre le travail

Citation

« Le travail n’a rien à voir avec le fait que les hommes transforment la nature et sont en relation les uns avec les autres de manière active. Aussi longtemps qu’il y aura des hommes, ils construiront des maisons, confectionneront des vêtements, produiront de la nourriture et beaucoup d’autres choses : ils élèveront des enfants, écriront des livres, discuteront, jardineront, joueront de la musique, etc. Ce qui ne va pas de soi, c’est que l’activité humaine tout court, la simple « dépense de force de travail », sans aucun souci de son contenu, tout à fait indépendante des besoins et de la volonté des intéressés, soit érigée en principe abstrait régissant les rapports sociaux. » [...] «  C’est l’activité qui changera de nature quand elle ne sera plus enfermée dans une sphère désensualisée, sans autre fin qu’elle-même et constituée d’un temps abstrait, uniforme et linéaire mais qu’elle pourra suivre son propre rythme, variable selon les individus et s’intégrant dans le projet de vie personnel. […] Nous ne disons pas qu’ainsi toute activité deviendra plaisante. Quelques-unes une le seront plus, d’autres moins. Bien sûr, il y aura toujours des activités qu’il sera nécessaire d’accomplir. Mais pourquoi s’en faire, si la vie ne s’en trouve plus dévorée ? »

Groupe Krisis, " Manifeste contre le travail ", 1999.

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Article paru dans Neues Deutschland du 9 janvier 2012 Robert Kurz Euthanasie économique Selon l’idéologie des manuels d’économie l’argent est un moyen sophistiqué destiné à fournir à la société, de façon optimale, biens matériels et services sociaux. C’est pour cela que, au sens économique proprement dit, il serait insignifiant et ne formerait qu’un simple « voile » au-dessus de la production et de la distribution réelles. Marx, en revanche, a démontré que l’argent, en tant que médium de la valorisation du capital, est une fin en soi fétichiste qui a asservi la satisfaction des besoins matériels. Des biens réels ne sont produits que lorsqu’ils servent cette fin en soi qu’est l’augmentation de l’argent, dans le cas contraire leur production est abandonnée, même si elle est techniquement possible et qu’ils répondent à une demande sociale. Cela est particulièrement évident dans des […]
Publié dans : Chroniques de la crise au quotidien
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Ci-dessous, un texte d'intervention de Robert Kurz. Voir le Fichier : Robert_Kurz-_Le_capitalisme_ne_se_repete_pas-_20111.pdf Le capitalisme ne se répète pas Robert Kurz Une des façons d’aborder l’existence est ce qu’on appelle la nostalgie : le souvenir d’un soi-disant bon vieux temps, celui par exemple du miracle économique. Dans la culture pop, cela correspond à la mode du « rétro » : sitôt les producteurs à court d’idées, ils réchauffent de vieux trucs sous une forme légèrement modifiée. Et avec Tatort[1], qui est rediffusé sur une petite chaîne pour la énième fois, on risque toujours de tomber sur un épisode que l’on a déjà vu il y a quelques années. Sans que l’on sache pourquoi ni comment, s’est répandu le crédo selon lequel il suffirait de jeter un œil dans le passé pour y trouver une recette à l’usage du présent. Comment expliquer sinon le fait que les politiques, les médias […]
Publié dans : Chroniques de la crise au quotidien
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Tous contre la finance ? Anselm Jappe [1] Voir le Fichier : Tous_contre_la_finance_Anselm_Jappe.pdf Apparemment, les choses sont simples. La crise financière qui a éclaté en 2008, et qui est loin d’être terminée, a révélé le véritable visage du capitalisme contemporain : l’économie, et finalement la société tout entière, sont dominées par la haute finance. Les banques, les assurances et les fonds de placement n’investissent pas dans la production réelle, mais jettent presque tout l’argent disponible dans la spéculation, laquelle n’enrichit que les spéculateurs, tandis qu’elle détruit des emplois et crée la misère. Le capital financier peut dicter sa loi aux gouvernements, y compris ceux des pays les plus puissants, quand il ne préfère pas les corrompre. Il achète également les médias. Ainsi, la démocratie se trouve vidée de toute substance. Certains pensent que ce sont les « maîtres […]
Publié dans : Critique de l'anticapitalisme tronqué de la gauche
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Le texte ci-dessous en PDF est de Neil Larsen, professeur en littérature comparée à l'université de Californie qui travaille régulièrement sur la Théorie critique de l'Ecole de Francfort. Ce texte a été publié dans la revue allemande « Krisis » en avril 2010 et porte en écho les discussions qu'il y a eu sur la pensée d'Adorno, Pollock et Horkheimer dans la mouvance de la critique de la valeur, dans le livre « Temps, travail et domination sociale » de Moishe Postone par exemple ou dans l'article de Norbert Trenkle, « Négativité brisée. Réflexions sur la critique de l'Aufklärung chez Adorno et Horkheimer » (paru également dans les revues « Krisis » et « Lignes »). Merci à Sinziana pour la traduction. Bonne lecture. Voir le Fichier : Neil_Larsen-_Idiome_de_crise-_2010.pdf Idiome de crise De l’immanence historique du langage chez Adorno Neil Larsen I. « Le tout est le non-vrai[1] ». […]
Publié dans : Subjectivité capitaliste, Spectacle, Fétichisme
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Ci-dessous un texte de Norbert Trenkle, théoricien allemand, membre du groupe Krisis, co-auteur avec Ernst Lohoff et Robert Kurz du Manifeste contre le travail . Ce texte paru dans la revue Krisis en 2008 (merci à Sinziana pour la traduction), revient en partie et sans l'évoquer directement, sur une des questions de la scission du groupe Krisis en 2004. Cette scission a porté d'une part sur les questions de la relation théorie/pratique (selon Kurz, ceux qui sont restés dans Krisis et Streifzüge restent dans un mouvementisme inopportun) et d'autre part sur la notion théorisée par Roswitha Scholz de « dissociation valeur », que ceux qui sont restés dans Krisis ont écarté pour penser la constitution des genres dans la société capitaliste de manière différente. En effet, de manière générale le capitalisme ne se caractérise pas seulement par le mouvement autonomisé, fétichiste, de […]
Publié dans : Genre et dissociation sexuelle de la valeur
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Voici ci-dessous un texte de Ernst Lohoff (photo ci-contre) du groupe Krisis et co-auteur du Manifeste contre le travail. Post-scriptum 2003 par Luc Mercier (co-traducteur du livre de Postone) : Le texte qui suit date du printemps 1999, d’une époque donc où la spéculation boursière de la dite new economy approchait de son apogée. Le krach boursier qui a commencé un an plus tard est venu renforcer la critique du concept de la taxe Tobin, qui s’exprime dans ces lignes. Ceux qui pensent que, par le biais d’un contrôle des marchés financiers, on pourrait retransformer le ” capitalisme de casino ” en un capitalisme réglementé de façon quasi keynésienne n’ont pas compris le caractère structurel et les causes profondes du processus de crise auquel on assiste actuellement au niveau mondial. Les marchés financiers et leurs bulles spéculatives ne sont pas la cause de la crise. Au contraire, […]
Publié dans : Critique de l'anticapitalisme tronqué de la gauche
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Début janvier 2012 paraîtra l'ouvrage « Sexe, capitalisme et critique de la valeur. Pulsions, dominations et sadisme social », coordonné par Richard Poulin et Patrick Vassort chez M éditeur. Présentation de l'éditeur : « Pour Sade (1740-1814), l’homme a le droit de posséder autrui pour en jouir et satisfaire ses désirs ; les humains sont réduits à des objets, à des organes sexuels et, comme tout objet, ils sont interchangea­bles, par conséquent, anonymes, sans indivi­dualité propre. Ils sont instrumentalisés pour que le dominant puisse assouvir ses fantasmes d’asservissement. Sade annonce l’avènement de la société productiviste. Son monde reflète le mécanisme de production, avec son organisation, ses représentations, ses symboles, ses différentes formes de rationalisation, une économie politique de la production corporelle, favorable à l’objectivation des femmes et à leur soumission […]
Publié dans : Sortie de livres (bibliographie)
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Cette recension est parue sur le site Liens socio le 2 janvier 2012. Depuis 2008, nous ne pouvons plus ignorer que le système financier international (ou mondial) est en crise, que cette crise dure au-delà des promesses de « régulation » et des plans de relance ou d’austérité. Combien de temps cela va-t-il durer ? Jusqu’à quand les populations de la plupart des nations dites développées et démocratiques, accepteront-elles de perdre toujours plus en travaillant toujours plus longtemps ? Quels sont les porteurs d’alternatives émancipatrices ? C’est à ces questions, et à bien d’autres, que le livre de Robert Kurz répond. Ses 224 pages constituent la traduction de 25 articles récents (2008-2010) publiés dans des journaux et revues de plusieurs pays (Allemagne, Brésil, Portugal), précédés d’un entretien avec les traducteurs. L’auteur, né en 1943, est un des théoriciens allemands du […]
Publié dans : Notes de lectures sur la critique de la valeur
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Anselm Jappe Trajectoires du capitalisme : du « sujet automate » à l’automation de la production Voir le Fichier : Anselm_Jappe_Trajectoires_du_capitalisme_du_sujet_automate_a_lautomation_de_la_production.pdf (Conférence prononcée le 30. 11. 2011 à École nationale supérieure d’architecture Paris-Malaquais au colloque « Politique computationnelle et architecture : De la Digital philosophy à la fin du travail ») C’est une banalité de dire que nous vivons une époque de changements énormes dans le domaine des technologies, et qu’on va toujours vers le plus miniaturisé et le plus rapide. Mais ce qui distingue une époque historique d’une autre, ce ne sont pas seulement ses technologies, mais surtout ses rapports sociaux. Et de ce point de vue, nous sommes à peu près dans la même situation qu’au XIX siècle, lorsque Karl Marx a élaboré sa critique du capitalisme. Surtout, si nous […]
Publié dans : Présentation de la critique de la valeur
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Course à la dévaluation Robert Kurz 14 novembre 2011 Voir le Fichier : Robert_Kurz-_Course_a_la_d-valuation-_20111.pdf Une monnaie forte bénéficiant d’un taux de change élevé par rapport aux autres devises, voilà qui est généralement considéré comme un signe de supériorité économique, tandis que les devises dites faibles représentent les grandes perdantes du marché mondial. Toutefois, cette règle semble désormais en perte de crédibilité. Partout dans le monde, chacun tremble à l’idée que sa monnaie nationale pourrait devenir trop forte. En Suisse, la banque centrale est d’ores et déjà intervenue pour limiter l’appréciation du franc par rapport à l’euro. La même politique est adoptée, vis-à-vis du dollar cette fois, par les banques centrales du Japon et de plusieurs autres pays, tandis que des pays émergents tels que le Brésil luttent tout aussi désespérément pour empêcher la […]
Publié dans : Chroniques de la crise au quotidien
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Ci-dessous une invitation à une rencontre autour du concept de « réification » (chosification) de la vie sociale dans la formation sociale capitaliste, concept forgé par Georg Lukacs à partir de celui de fétichisme réel chez Marx. Dans son célèbre essai « La réification et la conscience du prolétariat » (l'essai le plus important de l'ouvrage « Histoire et conscience de classe »), en partant de l'analyse marxienne de la forme-marchandise, Lukacs tentait de fonder dans les formes et catégories capitalistes, les phénomènes de rationalisation et de bureaucratisation que la science bourgeoise (Max Weber par exemple, et tous les auteurs qui ont souvent hypostasié la forme bureaucratique et étatique de la configuration postlibérale du capitalisme, durant ce que Eric Hobsbawn a appellé « l'âge des catastrophes » et « l'âge d'or » - donc entre 1914 et les années 1970) ne comprenait que de […]
Publié dans : Rencontres autour de la critique de la valeur
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« Les classes révolutionnaires, au moment de l'action, ont conscience de faire éclater le continuum de l'histoire. La Grande Révolution introduisit un nouveau calendrier. Le jour qui inaugure un calendrier nouveau fonctionne comme une accélérateur historique. Et c'est au fond le même jour qui revient sans cesse sous la forme des jours de fête, qui sont des jours de commémoration. Les calendriers ne mesurent donc pas le temps comme le font les horloges. Ils sont les monuments d'une conscience historique dont toute trace semble avoir disparu en Europe depuis cent ans, et qui transparaît encore dans un épisode de la révolution de Juillet. Au soir du premier jour de combat, on vit en plusieurs endroits de Paris, au même moment et sans concertation, des gens tirer sur des horloges. Un témoin oculaire, qui devait peut-être sa clairvoyance au hasard de la rime, écrivit alors : " Qui le […]
Publié dans : Critique des Lumières, du Progrès, de la Raison
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Le dernier avatar de la classe moyenne De la « petite-bourgeoisie » au capital humain universel par Robert Kurz[1] Voir le Fichier : Robert_Kurz-_Le_dernier_avatar_de_la_classe_moyenne-_20041.pdf Depuis le milieu des années 1980, le paysage théorique mondial est dominé, en particulier à gauche, par le discours postmoderne. La critique de l’économie politique a cédé le pas à la critique du langage, et l’analyse des conditions matérielles objectives à l’arbitraire de l’interprétation subjective ; la gauche, en lieu et place de son traditionnel économisme, a adopté un culturalisme non moins réducteur ; enfin, les conflits sociaux se résument désormais à un simulacre médiatique. Dans le même temps, toutefois, la situation a changé du tout au tout. En Occident, la crise économique menace désormais de vastes couches sociales qui jusqu’ici avaient été épargnées. En conséquence, la question […]
Publié dans : Sociologie de la société capitaliste
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Qu'est-ce que la tertiarisation ? Perspectives du changement social par Robert Kurz (Paru dans Avis aux Naufragés, Lignes, 2004) Voir le Fichier : 60086194-Robert-Kurz-Qu-est-ce-que-la-tertiarisation-2004_dernier.pdf Pour une conscience dominée par le marché universel, la perception, dans tous les domaines de la vie, se réduit désormais à des phénomènes conjoncturels. Ce qui est vrai aujourd’hui risque de ne plus l’être demain ; mais qu’importe le contenu quand il ne s’agit plus que de « vendre » au plus vite. Et cela vaut pour les théories comme pour les voitures ou les cravates. A ce stade, l’idée de « changement social » n’a fondamentalement plus aucun sens. Car, pour qu’elle ait un sens, celui-ci doit faire référence à une évolution dans le temps qu’on pourrait définir par l’analyse, donc à une histoire des structures sociales. La conscience postmoderne, complètement conforme […]
Publié dans : Sociologie de la société capitaliste
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Ci-dessous un texte de l'écologiste autrichien Andreas Exner et de ses amis. Exner participe depuis plusieurs années au magazine Streifzüge dédié à la critique de la valeur en Autriche. Au travers de la grille d'interprétation de la critique de la valeur, Exner reprend souvent des thématiques écologiques (pics pétroliers, etc.) qui seraient ici en France plutôt l'apanage des objecteurs de croissance, objecteurs qui à de rares exceptions près (Denis Baba), ne voient jamais la connexion existant entre la production et la valeur (cf. l'article de Jappe, « Décroissants encore un effort ! » [1]). Andreas Exner est également connu pour avoir eu au début des années 2000, une longue correspondance avec André Gorz quand ce dernier s'est intéressé à la fin de sa vie à la critique de la valeur (cf. André Gorz et la critique de la valeur par Franz Schandl). Depuis la scission de 2004 au sein de […]
Publié dans : Effondrement écologique/décroissance
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Un ensemble de textes et de réflexions portant sur la critique de la valeur (wertkritik), autour des oeuvres de Robert Kurz, Moishe Postone, Anselm Jappe, Jean-Marie Vincent, Guy Debord et sur la phénoménologie matérielle de Michel Henry.

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