Mardi 24 novembre 2009


Le « retour de l’Etat » comme administrateur de la crise.   Par Norbert Trenkle.   1.   Les partis de gauches attribuent la crise économique mondiale actuelle à des causes politiques. Le néolibéralisme avec sa dérégulation totale du marché et en particulier du déchaînement des marchés des capitaux auraient échoué. Maintenant, ils prétendent que nous nous approchons d'une ère de règlementation et de contrôle par l'Etat et notre tâche serait d'influencer les formes qu'elle prendra. La demande principale est de revenir avant l'influence du capital financier et d’obtenir un renforcement de l'économie réelle, qui devrait à son tour être réformée tant écologiquement que socialement. La réussite de cela, on la traite avant tout comme une simple question de rapports de force et de mobilisation politique.   2.   Cependant cette analyse oublie le caractère fondamental de la crise mondiale. Même si elle a été précipitée par un accident financier du marché, ses causes doivent être trouvées tout à fait ailleurs. L'épanouissement immense des marchés des capitaux au cours des trente dernières années n'a pas été causé par des décisions politiques obstinées ou incorrectes, mais est l'expression d'une crise structurelle de la valorisation de capital, une crise qui a commencé par la fin du boom du fordisme de l'après-guerre. Par la réorganisation fondamentale des conditions de travail et des rapports de production au cours de la troisième révolution industrielle (automatisation, flexibilisation et précarisation du travail, les chaînes transnationales de création de valeur, etc.), nous avons vu apparaître une rationalisation massive du travail dans les secteurs capitalistes centraux.   3.   Cela a considérablement sapé la base de la valorisation du capital, qui consiste dans l'exploitation continuellement croissante de la capacité de travail. Cela a à son tour mené à la déviation de plus en plus de capital sur les marchés financiers : le capital ne pouvait plus trouver des […]
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Dimanche 22 novembre 2009


Jean-Marie Vincent (1934-2004) est un philosophe français, qui toute sa vie a combattu ce fait qu'au sein des formes sociales capitalistes, les hommes ne soient plus que réduits à leur rôle de supports des rapports sociaux de production. Il est le philosophe français qui se rapproche le plus de la critique de la valeur en Allemagne et celle de Moishe Postone. Le chapitre 4 de son ouvrage Critique du travail (PUF, 1987) peut se retrouver ici : « Le fétiche travail et son empire : la critique de l'économie comme critique de la forme valeur ? »   « Il est de bon ton aujourd'hui dans certains cercles néolibéraux d'affirmer qu'il n'y a pas de rapports sociaux, mais seulement des individus qui coordonnent leurs actions par l'intermédiaire du marché. L'édifice complexe des différents marchés, leurs hiérarchisations ne seraient en somme que des manifestations naturelles, d'une nature économique transhistorique, plus ou moins amenée à éclosion suivant les époques. C'est oublier que les mécanismes de marché sont des mécanismes sociaux. Celui qui offre sur le marché n'est pas un simple vendeur, une sorte d'agent socialement neutre ; il est capitaliste, commerçant ou vendeur de force de travail. Celui qui achète sur le marché n'est pas non plus un agent neutre ; il achète des moyens de subsistance, des biens de consommation, mais il est aussi un capitaliste qui achète des moyens de production et de la force de travail pour faire fructifier le capital. La circulation sur les marchés n'est pas réductible à une circulation des produits, elle est circulation de capitaux, de marchandises qui permettent aux capitaux de se réaliser et de force de travail qui met les capitaux en mouvement. Elle est en fait circulation de rapports sociaux. Contrairement à ce que veulent faire croire les économistes néo-classiques et les idéologues néo-libéraux, la production capitaliste n'est donc pas au premier chef une production de biens, de produits ou de services, mais une production de […]
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Mardi 10 novembre 2009


Ce texte ci-dessous de 12 pages est la retranscription d'une allocution du philosophe Gérard Briche sur la signification du concept de spectacle chez Debord au regard de la critique de la valeur. Une parole de scandale dont on a pas fini d'entendre parler. La notion de spectacle dont les situationnistes ont fait le concept critique le plus connu, est une notion équivoque. Sa banalité apparente a été beaucoup dans le fait, qu'il soit employé par nombre de coquins qui s'autorisent de Debord en tout inconscience ou en toute imposture. Le comble de ces impostures qui sont les plus conscientes, étant qu'on va attribuer aux situationnistes et à Guy Debord, au déni de l'évidence et des déclarations explicites de Guy Debord, une haine des images. Je cite quand même, par exemple, l'avis qu'il donne en tête de son Panégyrique : "  Les tromperies dominantes de l'époque sont en passe de faire oublier que la vérité peut se voir aussi dans les images ". Et on sait, on le verra tout à l'heure, que Debord n'a jamais méprisé l'usage des images. Mon propos ne sera pas pourtant de préciser la théorie situationniste du spectacle. Il sera beaucoup plus modeste. Enfin, en même temps, plus modeste et plus ambitieux.  Modeste parce qu'il va se limiter à situer le concept situationniste de spectacle à l'analyse de la marchandise. Je rappelle que la société du spectacle est désignée comme " société spectaculaire-marchande ". Guy Debord lui donne une consistance critique rigoureuse, mais, c'est en tout cas l'hypothèse que je voudrai vous proposer, il ne va pas au bout du chemin. Alors, est-ce que ce terme de spectacle serait une banalité de base ? Est-ce qu'il n'y a pas exagération à y voir un concept, un concept de l'analyse critique ? Pour lire la suite... Voir le Fichier : Le_spectacle_comme_illusion_et_realite_2_40.pdf Du même auteur on pourra lire sur ce site, le texte " L'origine de l'homme est encore devant nous ".
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Mardi 3 novembre 2009


Michel Henry (1922-2002), philosophe engagé dans la Résistance mais qui dans son exil volontaire à l'Université de Montpellier a toujours voulu ainsi échapper à toutes les modes intellectuelles parisiennes et ridicules qui se sont succédées des années 50 aux années 80 (marxisme et freudisme, existentialisme, linguistic turn, structuralisme, déconstructionnisme, etc.), il est reconnu désormais comme un philosophe majeur du XXe siècle, notamment pour avoir critiqué la phénoménologie et l'ensemble de la philosophie occidentale depuis les Grecs, en travaillant toute une vie à l'élaboration d'une phénoménologie post-husserlienne et post-heideggerienne : la " phénoménologie matérielle ".    Dans ce retournement de la philosophie, il a cotoyé de très près les pensées d'auteurs aussi fondamentaux que Descartes, Spinoza, Maine de Biran, Kiergegaard, Nietzsche, Husserl, ou Heidegger, mais aussi et surtout Marx, dont il a lu les textes durant plus de dix années  pour aboutir à une grande étude des plus consistantes sur cet auteur. Totalement à contre courant des différentes vulgates marxistes (qu'il résumait non sans un brin d'ironie, d'une formule lapidaire : " le marxisme est l'ensemble des contresens qui ont été faits sur Marx "), il allait aussi radicalement contredire les présupposés idéologiques de la réception de l'oeuvre de Marx, en mettant en avant la thématique centrale des individus vivants chez Marx, c'est-à-dire de la présence d'une compréhension phénoménologique de la praxis humaine. Marx n'a rien à voir avec Engels et ses successeurs, ni avec le matérialisme historique et n'a rien de l'économisme et de l'objectivisme du marxisme. Au contraire, l'anti-objectivisme est partout chez Marx. Les deux volumes du Marx de Michel Henry parus en 1976 (réédition en 1991) sont rassemblés désormais en un seul volume de 962 pages dans cette nouvelle édition disponible à partir d'octobre 2009 (14, 25 euros). Les deux parties de cette ouvrage reprennent les titres des deux […]
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Mardi 3 novembre 2009


Par Robert Kurz, texte paru dans Neuen Deutschland le 2 janvier 2009   S'il y a quelque temps l'inflation semblait hors de contrôle, maintenant ce fantôme est de nouveau distancé, maintenant que le taux d'intérêt de 2.6 % est le plus haut des 14 dernières années [Kurz se réfère ici au contexte allemand et de l'Union européenne]. Mais, inversement, maintenant la menace est celle de la déflation, le blocage des prix en raison d'une baisse dans des ventes. Les craintes d'inflation et de déflation s'alternent dans des périodes jamais aussi courtes. La montée et la descente des prix sont justes un signal externe. Un mouvement de prix dans les deux directions est aussi causé par l'oscillation habituelle de la relation entre l'offre et demande. Les termes d'inflation et de déflation sont distingués dans deux aspects. D'une part, ce n'est pas une variation des prix qui est déphasée avec le temps, maintenant dans un secteur, maintenant dans un autre, mais plutôt un développement social simultané, mondial. D’autre part, la dimension des oscillations, vers le haut et de haut en bas, surpasse aussi un simple changement de la situation du marché.   En fait, l'inflation et la déflation sont les manifestations justes différentes d'une dévaluation du capital total, ou de ses différentes phases. Ainsi, depuis le début de la 3ème révolution industrielle, la capacité de travail, comme partie intégrante du capital, a été dévaluée dans le monde entier, apportant une déflation graduelle dans des salaires réels. Une telle situation peut seulement résulter comme un avantage pour la valorisation du capital du point de vue mesquin [étroit], de l'entrepreneur. Cependant, pour le système dans son ensemble, la baisse dans des salaires est fatale, parce que le pouvoir d'achat est éliminé. La simulation de pouvoir d'achat par des bulles financières, en parallèle avec la déflation de salaires réels, a provoqué une inflation dans des actifs et des obligations de crédit, sans soutien réel. La […]
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Mardi 3 novembre 2009


Publié par Robert Kurz dans Neues Deutschland le 24 avril 2009. La confiance dans le capitalisme est apparemment ferme ; également à gauche. Au travers de toutes les crises il montera comme un phénix de cendres et commencera un nouveau rétablissement. En attendant, il ne peut plus être nié que nous devons être concernés par la récession historique contemporaine. Une nouvelle crise économique mondiale avec des conséquences imprévisibles est là devant nous, à l'ordre du jour de l'histoire. Mais néanmoins chacun demande seulement : Quand la crise finira-t-elle ? Quel type de capitalisme viendra après la crise ? Ces anticipations soutiennent elles-mêmes la compréhension d’un capitalisme comme « le retour éternel du même. » Les mécanismes élémentaires d'exploitation restent toujours les mêmes. Il y a des révolutions technologiques, des bouleversements sociaux, des changements dans « l'équilibre des forces » et des nouveaux pouvoirs hégémoniques. Cependant, c'est seulement là l’extérieur d’une « histoire d'événements », un perpétuel début et fin de cycles. De ce point de vue là, la crise est purement fonctionnelle pour le capitalisme. Elle mène à une « correction », en dévaluant le capital en surplus. Ainsi elle ouvre un nouveau chemin pour un nouveau processus d’accumulation.   Cette compréhension ne prend pas la dynamique interne du capitalisme au sérieux. Il y a aussi une autre conception. L'exploitation existe en réalité seulement dans la dynamique historique d'un développement grandissant des forces productives. Ce n'est pas simplement un changement technologique, mais, de cette façon, des nouvelles conditions d'exploitation qui sont établies. Donc le capitalisme n'est pas « le retour éternel du même » mais un processus historique irréversible, qui conduit vers un point de culmination. Parce que dans le processus historique interne au capitalisme, la marge [Spielraum] pour l'exploitation se rétrécit. L'impulsion pour cela c'est la libération [Freisetzung] de la […]
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Dimanche 25 octobre 2009


Avec Marx, contre le travail.     Par Anselm Jappe *     A propos de Moishe Postone, Temps, travail et domination sociale. Une réinterprétation de la théorie critique de Marx, trad. O. Galtier et L. Mercier, Mille et une nuits, Paris, 2009, 591 p., 28 € ; Isaac I. Roubine, Essais sur la théorie de la valeur de Marx, trad. J.-J. Bonhomme, Éditions Syllepse, Paris, 2009, 335 p., 24 €.   Voir le Fichier : Avec_Marx_contre_le_travail.pdf   En prenant pour mot d’ordre l’affranchissement du travail, la sortie de l’exploitation, les marxistes traditionnels ont négligé le fait que Marx mène une critique non seulement de l’exploitation capitaliste, mais du travail lui-même, tel qu’il existe dans la société capitaliste. Dès lors, il s’agit non pas de remettre au centre le travail, mais au contraire de critiquer la place centrale prise par le travail dans ce système, où il régit tous les rapports sociaux. C’est là l’objet de la relecture de Marx opérée dans Temps, travail et domination sociale par Moishe Postone.   Il est parfois d’heureuses coïncidences dans l’édition. Ainsi, ce printemps, la collection Mille et une nuits (Fayard) a publié la traduction française de Temps, travail et domination sociale. Une réinterprétation de la théorie critique de Marx de Moishe Postone, publié aux Etats-Unis en 1993, tandis que les éditions Syllepse ont republié les Essais sur la théorie de la valeur de Marx d’Isaac I. Roubine, dont l’édition russe remonte à 1924 et l’édition française précédente (chez Maspéro, et épuisée depuis très longtemps) à 1978. Ainsi, le public francophone a tout d’un coup à sa disposition deux des jalons les plus importants – on pourrait presque même dire le point de départ et le point d’arrivée provisoire – d’une relecture de Marx basée sur la critique du travail abstrait et du fétichisme de la marchandise [1]. On ne saurait pourtant imaginer vies aussi dissemblables que celles de ces deux auteurs : tandis que l’Américain Postone, après des études de […]
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Jeudi 22 octobre 2009


Auteur de " Temps, travail et domination sociale. Une réinterprétation de la théorie critique de Marx " (traduit en français chez Mille et une Nuits, au printemps 2009) Le mercredi 25 novembre 2009 De 20h à 22h Palais des Beaux-Arts - grand auditorium - Place de la République – Lille En présence de l’auteur. Moishe Postone, Professeur à l’Université de Chicago (USA) A notamment publié : Face à la mondialisation, Marx est-il devenu muet ? (L’Aube) Discutant : Anselm Jappe, Écrivain, philosophe A notamment publié : Les aventures de la marchandise (Denoël) Interprète : Ibelle Azodi Modérateur : Gérard Briche, Professeur de philosophie à l’ERSEP de Tourcoing  Le passage à la modernité capitaliste a entrainé en particulier l’instauration d’un rapport au temps complètement nouveau. Au temps naturel a succédé ce que Moishe Postone nomme le « temps abstrait », en référence au concept marxien de travail abstrait. Dans un ouvrage qui constitue une relecture de la pensée critique de Marx à partir des Grundrisse, Moishe Postone montre que la domination de ce « temps abstrait » est un élément essentiel de la domination sociale exercée par le capital dans les sociétés modernes. Jeudi 26 novembre, Conférence de Moishe Postone sur l'actualité de la pensée de Marx, au travers des Grundrisse, à l'Université Lille 3, à 15 heures à la BUFR des études germaniques. Un article de Moishe Postone " Théorie critique et réflexivité historique " est publié dans le livre coordonné par Franck Fischbach, Marx, Relire Le Capital, PUF, octobre 2009. Présentation de l'ouvrage : " Disons aussitôt ce que ce livre ne fait pas : il na pas la naïveté de prétendre que « tout est dans Marx », que Marx avait raison seul avant tout le monde, que toutes les évolutions des sociétés capitalistes, y compris les phénomènes récents de financiarisation du capital, étaient déjà exactement décrites et en quelque sorte anticipées par Le Capital. Il ne prétend donc pas quil faut revenir purement et simplement à […]
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Lundi 12 octobre 2009


Texte d’une conférence donnée par Anselm Jappe à Bayonne dans le cadre du Forum Social du Pays basque en janvier 2005. Les Giménologues l'ont légèrement remaniée en 2008, en accord avec l’auteur, afin d’en améliorer la lecture et d’en préciser quelques articulations.   Que veut dire : « se libérer du travail » ? « Comment pourrait-on bien vivre sans travail ? » Il faut travailler pour gagner sa vie, à moins d’exploiter les autres. La société elle-même doit travailler pour trouver des ressources. Il semble que tout ce dont nous ayons besoin pour vivre n’existe que par le travail. Une critique du travail en tant que telle apparaît aussi fantaisiste que la critique de la pression atmosphérique ou de la force de gravitation. Le travail serait cette chose parfois désagréable à laquelle on ne peut se soustraire et dont on ne peut se libérer.   Bien évidemment, je vais défendre un autre point de vue ce soir. Point de vue que je partage avec la Théorie de la critique de la valeur, élaborée dans les dernières années par la revue allemande « Krisis », mais aussi avec d’autres auteurs dans d’autres pays. Cette critique est basée sur une critique du travail, du travail conçu comme une catégorie typiquement capitaliste, comme le cœur même de la société capitaliste. Je fais tout de suite la distinction entre « travail » et « activité » : critiquer l’activité humaine n’aurait pas de sens. L’être humain est toujours actif, d’une manière ou d’une autre, pour organiser « l’échange organique avec la nature » comme l’écrit Marx, c’est-à-dire tirer de la nature ses moyens de subsistance. Mais ce qu’aujourd’hui, et depuis environ 200 ans, nous appelons « travail » est bien distinct de l’activité, et de l’activité productive. Le mot « travail » désigne des choses différentes, très disparates, mais en même temps il exclut de nombreuses activités : cuire des petits pains, conduire une voiture, bêcher la terre, taper sur un clavier, gouverner un pays, tenir une conférence… sont des […]
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Vendredi 2 octobre 2009


Forum Transnational contre le fétichisme (Brésil), janvier 2010. Le monde est sous la menace d’un effondrement - l'effondrement du capitalisme. La cause de l’échec du système fut saisie et sa crise annoncée par la critique radicale. Aujourd'hui, une théorie critique radicale renouvelée réclame un cadre favorable à la pensée et à l'action émancipatrices. Pour penser, pour débattre et pour faire face à cet enjeu, vous êtes tous invité(e)s à participer à un Forum Transnational. Un Forum qui s’attaque de front au fondement logique de ce système, au mouvement historique de son développement et à ce qui est sa limite indépassable, comme le manifeste la crise mondiale actuelle - un Forum Transnational contre le fétichisme. Un forum fondé sur la révolution théorique que constitue la critique radicale de la dissociation-valeur. Un forum qui pourra déclencher le processus de construction d'un mouvement social pour l'émancipation, pour dépasser le système de la production de marchandises et qui pourra inaugurer de nouveaux rapports sociaux. Un forum qui pourra rendre possible la rencontre de l'impensable et de l'impossible, pour aller au-delà d’une histoire qui, jusqu’à aujourd’hui, n’est qu’une histoire de rapports de fétichisme. Un forum dont le but sera la conquête d’une société d'émancipation humaine. Cependant, il y a sur le chemin de ce projet d'émancipation un obstacle presque indépassable : l'abstraction réelle [1] de la dissociation-valeur [2]. Celle-ci constitue la matrice a priori sous laquelle l'être humain soumis " ne sait pas ce qu’il fait, mais le fait ". Presque indépassable, parce que la forme sociale de l'abstraction réelle de la valeur est commune à toutes les classes sociales et qu’elle est la cause du conflit de leurs intérêts. Cette forme est fétichiste parce qu'elle se constitue en tant qu’une structure sans sujet dans les dos des êtres humains. Dans cette structure, les gens sont soumis à l'éternel processus automate de la transformation en argent […]
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Mardi 29 septembre 2009


Le texte de Moishe Postone « Antisémitisme et national-socialisme » (1986), aborde une forme de subjectivité spécifique au capitalisme (l'antisémitisme moderne dont celui des nazis fait partie) car informée par les formes sociales abstraites constitutives de celui-ci, et notamment par cet effet du fétichisme de tout scinder, de tout dissocier entre une face concrète, immédiatement pratique et une face abstraite propre à l’échange et puis généralement adaptée au procès de la valorisation capitaliste. Les formes de socialisation du capitalisme qui instituent les abstractions comme réelles et circulent ensuite dans notre dos de manière autonomes, poussent tendanciellement à la constitution de cette forme de subjectivité. Hier, aujourd'hui comme demain, au sein de la formation sociale capitaliste et socialiste. L'interprétation de l'antisémitisme moderne propre à Postone a notamment une postérité importante dans les milieux antifa et autonomes en Allemagne et dans le monde anglo-saxon. Voici au sujet de ce même texte, des extraits de la brochure « Antifascisme » qui présentent l’interprétation de Moishe Postone du Génocide juif. Palim Psao Les camps de la mort : une usine capitaliste inversée Gossweiler n’a pas étudié ni la culture ni l’antisémitisme ; son travail se fonde uniquement sur la formation pratique et théorique des structures nazies. La thèse de Postone, elle, met l’accent sur le côté froid et « rationnel » du nazisme, le fait que le génocide ait été « calculé. » La population juive a été exterminée sans qu’aucun intérêt matériel n’existe ; les nazis considéraient cela comme leur « mission », et même leur mission « centrale », prioritaire. Selon Postone : « ni une explication fonctionnaliste du meurtre de masse ni une théorie de l’antisémitisme centrée sur la notion de bouc émissaire ne sauraient fournir l’explication satisfaisante au fait que, pendant les dernières années de la guerre, une importante partie des chemins de fer fut utilisée pour […]
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Samedi 26 septembre 2009


Automne/hiver 2009  Lettre a-périodique d'information sur les parutions et rencontres autour de la critique de la forme sociale valeur et du fétichisme contemporain. Télécharger la lettre pour l'imprimer : Voir le Fichier : Actualites_n1.doc  (fichier moins à jour que les informations ci-dessous) ● « Il est parfois d’heureuses coïncidences dans l’édition, note Anselm Jappe. Ainsi, ce printemps, la collection Mille et une nuits (Fayard) a publié la traduction française de Temps, travail et domination sociale. Une réinterprétation de la théorie critique de Marx de Moishe Postone, publié aux États-Unis en 1993, tandis que les éditions Syllepse ont republié les Essais sur la théorie de la valeur de Marx d’Isaac I. Roubine, dont l’édition russe remonte à 1924 et l’édition française précédente (chez Maspero, et épuisée depuis très longtemps) à 1978. Ainsi, le public francophone a tout d’un coup à sa disposition deux des jalons les plus importants – on pourrait presque même dire le point de départ et le point d’arrivée provisoire – d’une relecture de Marx basée sur la critique du travail abstrait et du fétichisme de la marchandise » [1].   ● Anselm Jappe, « Avec Marx, contre le travail », dans Revue internationale des Livres et des idées, n°13 septembre-octobre 2009. Cette revue au format journal est en vente en kiosque. Ce texte est une recension des livres majeurs de Moishe Postone, Temps, travail et domination sociale. Une réinterprétation de la théorie critique de Marx, et d’Isaac I. Roubine, Essais sur la théorie de la valeur de Marx, deux piliers de la critique des catégories de socialisation de base au sein du capitalisme. Jappe revient sur l’essentiel des apports de ces auteurs et sur leurs différences avec l’ensemble des marxismes traditionnels. Comme dans Les Aventures de la marchandise, où Jappe reprochait formellement à Postone « qu’il identifie pourtant  avec une certaine désinvolture [sa propre critique des formes sociales du capitalisme] avec celle de […]
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Mardi 22 septembre 2009


REFUSER LE TRAVAIL, C’EST BIEN... DEPASSER LE TRAVAIL, C’EST MIEUX.          Par Gérard Briche. Texte rédigé pour un débat lors de la projection du film « Attention Danger Travail » de Pierre Carles, au festival Avatarium à Saint-Etienne, le 22 novembre 2003. Avec une sympathie évidente pour ses auteurs et la dimension critique du sujet qu'ils cherchent à traiter, ce texte montre l'intérêt mais aussi les limites théoriques véritables du film quand il parle de ce qu'est le « travail » (qui sous le capitalisme n'est pas une simple activité, mais doit être considéré d'abord comme un « rapport social » spécifique à la fois au fondement et au fonctionnement du capitalisme, cf. Postone), et il nous invite tous à repenser vraiment la théorie critique du capitalisme, de manière radicale, c'est-à-dire aller voir ce que sont les racines sociales même de cette société fétichiste, pour les découvrir comme ni naturelles, ni transhistoriques, mais à abolir. Donc, comprendre ce qu'est réellement le «  travail » sous le capitalisme, pour vraiment chercher la possibilité de son dépassement. Car il existe autour de ce qu'est le « travail » une grande confusion entretenue à la fois par le marxisme traditionnel qui a toujours été dans la continuité de la théorie naturaliste de la valeur-travail portée par l'économie politique classique, mais aussi bien sûr par les sciences économiques qui naturalisent les types de rapports sociaux que nous avons tous les jours, pour mieux faire accepter l'idée de l'éternisation de ces évidences prétendument indéboulonnables - mais en réalité socialement constituées par des formes de socialisation particulières - que seraient la marchandise, le travail, l'argent, etc., en un mot le capitalisme dont en l'état nous faisons tous socialement partie, qu'on le veuille ou pas. Un des apports majeurs de la « critique radicale » est dans la localisation de la forme la plus fondamentale des relations sociales qui caractérise la société capitaliste : le […]
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Mardi 15 septembre 2009


Ce texte du philosophe français Gérard Briche, est la retranscription de l’allocution d’ouverture qu’il a faite au séminaire « Fétichisme et émancipation » du 17 au 19 juillet 2008 à l'université de Bèlem-Para-Brésil, à l'invitation du groupe " Critica Radical " de Fortaleza. Ses points de vue sur les formes de l’émancipation, sont mis au débat, et ne sont donc pas forcément partagés par tous les auteurs de la « nouvelle critique de la valeur ». Sur l'histoire de l'utilisation de la notion de fétichisme, qu'esquisse ici Gérard Briche dans sa première partie, on peut aussi se reporter à l'analyse plus détaillée de celle-ci, qu'élabore Antoine Artous dans Le fétichisme chez Marx, Syllepse, 2006 [1], de manière parfois assez proche (mais son trotskisme ressort régulièrement aussi). Notamment pour insister sur ce que Gérard Briche n'a pas eu le temps ici d'approfondir, la différence capitale entre le fétichisme des sociétés précapitalistes, et le fétichisme de la marchandise et de la dialectique des formes sociales fétichisées sous l'effet du procès de valorisation capitaliste. Le détournement de la notion de " fétichisme " par Marx, ne consiste donc pas, comme on le pense trop souvent, dans la transposition de l'analyse faite par les Lumières (ou Feuerbach) du phénomène religieux, aux sociétés contemporaines. Autre point, le fétichisme dont parle Marx, ne concerne pas ce que l'on appelle malencontreusement la " marchandise " de manière transhistorique, mais la marchandise telle qu'elle se présente dans la spécificité historique de sa forme sociale sous le capitalisme. La marchandise dont il est question est donc historiquement située. Pour parler comme Moishe Postone, on dira que c'est avec la " fonction historiquement spécifique de médiation sociale qu'a le travail sous le capitalisme " (d'autres diront de manière moins précise, la marchandisation de la force de travail), point de départ du capitalisme, que se déploient la forme valeur et le fétichisme de la […]
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Vendredi 11 septembre 2009


Les temps sont révolus où les hommes avaient parfois encore honte d’oser ne penser qu’à leur propre valeur marchande et à celle de leur produits. Secrètement, sans bruit, en douceur, chaque individu s’est métamorphosé en « homo eoconomicus », ce qui n’était autrefois qu’une pure idéologie de la doctrine de l‘économie politique. Quand cela a-t-il réellement commencé ? L’absurde « marchandisation de la conscience » est originairement et fondamentalement un postulat du mode de production capitaliste. Mais il aura fallu un long développement pour qu’il apparaisse naturel à chacun de s’évaluer seulement en tant que marchandise. Le capitalisme d’après guerre a introduit pratiquement les deux présupposés de l’apparition de ce stade final : le premier consiste en la colonisation du « temps libre » par l’automobile, l’industrie culturelle..., le second consiste en l’éclatement de la famille fordiste (papa, maman, deux enfants, la voiture, le chien) et l’atomisation de l’individu en unité postmoderne (monade autoérotique avec ordinateur et portable). Dans les années 90, ces deux tendances ont fusionné pour donner naissance à un nouveau type de socialisation qui pousse l’adaptation de la personnalité au marché à ses limites. Pour les nouvelles « générations », l’économie d’entreprise, le « travail » et le « temps libre » « personnel » sont devenus des moments indifférenciés comme le sont le moi et le monde. Dans une certaine mesure, nous avons à faire à un individu technologique hautement concurrentiel qui, tendantiellement, régresse à un niveau d’égo de nourrisson (Handelsblatt : « rapide, flexible, efficace, egoÎste, perfide, superficiel »). Même si cela devait passer pour un lieu commun, cela est particulièrement observable dans cette espèce de bouillie-high-tech du capitalisme-internet : les « employés » de la nouvelle économie sont prêts à travailler 24 heures sur 24 en même temps qu’ils acceptent les salaires les plus bas (dans le cas extrême pour un salaire nul, […]
Par Palim-Psao - Publié dans : Sur Robert Kurz
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Présentation

Un ensemble de textes et de réflexions personnelles portant sur la critique radicale de la valeur (critique du travail), autour des oeuvres de Robert Kurz, Moishe Postone, Anselm Jappe, Guy Debord et sur la phénoménologie matérielle de Michel Henry.

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